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  • La zone de police du Condroz s’arme contre le terrorisme

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    attention.pngUn partenariat local vient d’être créé à Comblain

    Depuis novembre 2015, la zone de police du Condroz a désigné un référent en matière de radicalisme religieux. Trois policiers sont chargés d’assurer la prévention, la détection et le suivi de personnes potentiellement dangereuses. Depuis fin 2015, ils ont traité 30 cas dont 3 ont fait l’objet de procès verbaux. Pour favoriser l’échange d’informations, le Gouvernement incite à la création de Cellules de Sécurité intégrale locale. Comblain-auPont est la première commune de la zone à en mettre une en place. 

    Des terroristes, aguerris ou en devenir, dans le Condroz? L’hypothèse semble difficile à croire mais elle est prise au sérieux par la zone de police du Condroz. « On pourrait récupérer quelqu’un après un déménagement. Ou, étant une zone rurale, reculée, tout en étant bien placée sur la carte (l’Allemagne et les Pays-Bas ne sont pas loin), certains radicaux pourraient se dire qu’ils risquent moins de se faire contrôler ici, en pleine campagne, que dans
    une grosse ville et ainsi développer des activités illégales comme des trafics. Notre zone pourrait aussi constituer un point de chute, après tout Nandrin n’est pas loin de Liège.

    Les villes mettant les moyens pour lutter contre le terrorisme, le phénomène pourrait également se délocaliser. Enfin, on peut imaginer qu’une personne se radicalise dans sa chambre, ça peut arriver partout, même dans le Condroz », explique l’officier d’information, nommé par le chef de corps en novembre 2015 comme personne référente en matière de lutte contre le radicalisme religieux.

    Nous ne dévoilerons pas l’identité de cet inspecteur principal, pour qu’il puisse continuer à travailler sur le terrain en toute discrétion. Sans vouloir crier au loup, la zone de police se prépare donc. « Il ne faut pas attendre que quelque chose se passe pour réfléchir. Il faut être proactif », souligne-t-il. Trois policiers, le référent (qui centralise tout) plus deux policiers de terrain (un au nord de la zone, l’autre au sud), travaillent sur cette matière: renseignement via des observations et vérifications, des contacts avec des sources ou avec les personnes radicalisées etc.

    « Depuis les attentats, la population est beaucoup plus attentive à ce qui se passe et nous signale plus vite des changements de comportement chez un voisin .» Attention, il n’y a pas forcément anguille sous roche! «Le changement de comportement peut résulter d’une rupture amoureuse ou d’une perte d’emploi. Ce n’est qu’après recherches qu’on peut le savoir. Et la radicalisation en tant que telle n’est pas un problème mais elle le devient à partir du moment où il y a une volonté de faire usage de la violence pour parvenir à imposer ces idées radicales à la société. D’où la difficulté de notre travail »,indique-t-il.

    Si, actuellement, le Condroz ne compte pas de Foreign Terrorist Fighters identifié (c’est-àdire une personne provenant de Belgique qui se trouve, est en partance, revenue ou empêchée de se rendre sur un théâtre de combat djihadiste comme la Syrie ou l’Irak) ou radicaux, elle a eu à traiter, depuis fin 2015, une trentaine de cas (via des signalements, des contrôles fortuits...).

    « Trois ont fait l’objet d’ouverture de procès-verbaux. Dans ces 30 cas, nous avons fait le relais d’informations concernant d’autres communes mais dont l’info de départ est parvenue à nos services. D’autres cas ont abouti à des explications rassurantes », pointe-t-il. Pour aller plus loin dans la dé
    marche et être plus efficace, le Gouvernement a rédigé en août 2015 une circulaire invitant les communes à créer, chacune, une Cellule de Sécurité intégrale locale (CSIL).


    LES MAILLONS D’UNE CHAÎNE

    Cette dernière réunit le bourgmestre (responsable de la sécurité publique), la police (le référent étant l’élément pivot entre la police judiciaire fédérale et les autorités administratives), le monde sociopréventif, et tout partenaire dont la présence est justifiée « afin et d’échanger de l’information concernant une personne sur la mauvaise pente, et, le cas échéant, de dégager des pistes d’action pour la ramener vers un réengagement dans les valeurs démocratiques.

    La sécurité est une chaîne dont la police est un maillon au même titre que les autres partenaires. Sans cette collaboration, on ne peut que difficilement obtenir des résultats ». Cette plate-forme locale s’articule par rapport aux autres niveaux de pouvoirs afin que l’information soit centralisée. Dans la zone du Condroz, pour l’instant, seule une commune sur dix (Comblain-au-Pont) a pris la décision de créer une CSIL, fin 2016. L’ASBL La Teignouse y participe. « Nous continuons à sensibiliser les 9 autres communes. Les partenariats sont indispensables », conclut l’officier d’information.

    Article de A.G. source Sudinfo 

  • La procédure pour remplacer le chef de corps Philippe Prévot sera lancée en février

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    philippe dubois prévot source ag sudpresse.JPGLe dernier discours du chef de corps.

    Philippe Prévot a adressé ses derniers voeux à la zone de police du Condroz, ce mercredi. Le chef de corps ff a rappelé le rôle des zones de police, y compris dans le Condroz, dans la lutte contre le terrorisme et a félicité ses équipes en citant les statistiques.

    En place depuis la création de la zone de police il y a quinze ans, l’Ouffetois de 62 ans cédera bientôt sa place. Le prochain Conseil de police, début février, lancera la procédure de recrutement.

     

    «Nous avons connu en 2016 une série d’attentats, y compris sur notre sol. Garantir la sécurité, lutter contre l’intégrisme islamiste, assurer l’avenir du vivre-ensemble avec différentes religions, représente un défi de taille.

    Nous, zones de police, avons notre carte à jouer.

    Si la zone du Condroz n’est pas directement impactée par le phénomène, il est important de s’y intéresser et de veiller pour prévenir toute situation qui pourrait dégénérer », a déclaré Philippe Prévot devant le personnel actuel et retraité et les politiques, réunis ce mercredi après-midi pour les traditionnels «bons voeux» de la zone de police.

    Un appel du pied au monde politique communal pour soutenir la création de Cellules de Sécurité Intégrale Locale, pour le moment il n’en existe une qu’à Comblain-au-Pont.

    Et le chef de corps faisant fonction d’enchaîner en mettant en avant le bon bilan 2016 de la zone. « Les vols ont diminué de 50% entre 2013 et 2016; nous avons connu peu de vols avec violence (dont un seul dans un commerce, c’était à Ferrières et est élucidé); en sécurité routière, nous enregistrons six décès et il y a eu 122 accidents graves (contre 129 en 2015). »

    Âgé de 62 ans, Philippe Prévot a terminé son troisième mandat de chef de zone le 19 novembre dernier. Depuis, il fait fonction.

    L’homme ne rempilera effectivement pas pour un nouveau round. Le nom de son successeur devrait être connu pour fin 2017, voire début 2018.

    « Nous allons lancer la procédure au prochain Conseil de police, début février.

    Nous allons déclarer la place vacante, fixer le profil recherché et désigner les sept membres de la commission de sélection », explique Philippe Dubois, président du Collège de police. L’offre d’emploi sera relayée par les canaux du Fédéral qui effectuera une première sélection.

    Puis, la commission de sélection locale entendra et départagera les candidats. Candidats qui ne seront pas de la zone du Condroz.

    « Aucun ne remplit actuellement les conditions », confirme-t-il.

    Philippe Prévot quitte ses équipes avec un sentiment partagé. « Je suis à la fois heureux d'avoir plus de liberté grâce à la retraite mais en même temps, c’est comme une mère qui voit son enfant partir... », glisse-t-il.

    L’Ouffetois a en effet participé à la création de la zone de police du Condroz en 2002, il l’a faite évoluer et grandir.

    « C’était un sacré défi, professionnel, financier, humain, que je suis fier d’avoir relevé avec mes collaborateurs », conclut Philippe Prévot.

    Article de ANNICK GOVAERS source Sudinfo