un élevage de 97.000 poulets

  • Un élevage de 97.000 poulets à Nandrin

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    Une réunion d’information se tient le 17/11

    Alain Henry, conseiller communal d’opposition (TE)par ailleurs agriculteur, souhaite étendre son exploitation.
     Un troisième hangar serait construit à côté des deux actuels, ce qui augmenterait la capacité d’élevage à 97.000 poulets, soit 45.000 volailles supplémentaires.
     
    Cela fait quelques années qu’Alain Henry (53), éleveur de poulets à Baimont, souhaite construire un nouvel hangar de 2.240 m2 pour étoffer son activité.
    «Je travaille seul ici depuis 1996. 
    Mon fils de 28 ans aimerait bien me rejoindre alors il faut du travail pour deux.
     Je compte arrêter les vaches laitières pour me consacrer à 100% aux poulets »,explique-t-il.
    Le Nandrinois s’occupe de ce qu’on peut qualifier d’un élevage industriel de volailles, même s’il préfère qu’on parle d’élevage professionnel.
     On trouve ainsi 20 poules et coqs au mètre carré au sein de ses deux hangars où vivent, en tout, 52.000 poulets de chair.
     La souche Ross a été sélectionnée pour sa rapidité de croissance.
    «J’en envoie d’abord 7.000 à l’abattoir lorsqu’elles pèsent 1,8 kg puis je laisse les autres grossir jusque 2,8 kg. 
    Leur durée de vie est d’une quarantaine de jours maximum », précise-t-il.
     À la SA Baymont, 140 tonnes de poulets vivants sont livrées toutes les sept semaines à l’abattoir de Malines.
    En 2013, Alain Henry avait introduit une demande de permis unique pour monter un hangar à proximité des deux premiers (1.150 m2 pour l’un, 1.600 m2 pour l’autre). 
    Un rapport négatif des pompiers sur la résistance au feu des panneaux sandwich (en polymère) avait poussé la Région à recaler le projet. 
    Un recours n’y avait rien changé, le ministre Henry avait confirmé le refus de son administration.
    Le projet refait surface, un an et demi plus tard, après cette première tentative infructueuse.
    «J’ai refait les plans (des panneaux en béton remplacent les panneaux sandwich), j’ai étalonné mon puits, bref je me suis mis en ordre.
     Le rapport des pompiers est cette fois positif. »
     Une réunion d’information préalable est organisée le lundi 17 novembre prochain à 20h, à la salle La Nandrinoise. 
    Les riverains sont invités à rencontrer l’éleveur qui exposera son projet,et à poser toutes les questions qu’ils souhaitent.
    L’élevage intensif tel qu’il le pratique ne risque-t-il pas de provoquer le rejet de la population ?
    «Je ne suis pas un tueur de poulets ! J’aime mes bêtes, j’y fais très attention car elles sont plus fragiles que les autres. Je les nourris uniquement avec des graines et de l’eau, je n’utilise d’antibiotique que lorsque c’est nécessaire.
    Mieux elles se portent, plus elles grossissent, j’ai donc tout intérêt à être attentif. 
    Et je ne suis dépendant de personne, sauf pour la commercialisation. 
    J’ai d’ailleurs une très bonne réputation dans les abattoirs », plaide-t-il.
    Cette réunion d’information débouchera sur une nouvelle étude d’incidences, en vue de l’obtention du permis unique désiré.
     
    Article ANNICK GOVAER dans le journal La Meuse .
     
     
    « J’ai déjà peint une poule »
     
    Les poulets d’Alain Henry ne vivent pas en cage, ils évoluent au sein de deux énormes hangars chauffés et ventilés pour sécher la fiente. 
    Des poulets blancs à perte de vue. 
    «C’est vrai qu’on dirait qu’elles n’ont pas beaucoup de place mais c’est parce qu’elles sont presque au bout du parcours.
    Quand elles sont plus petites, c’est moins flagrant. Mais regardez, si j’avance, elles s’écartent. 
    Elles ne sont pas les unes sur les autres, elles sont les unes à côté des autres.
    Un jour, j’ai peint une poule en rouge et j’ai observé pendant 40 jours où elle se trouvait. 
    Hé bien, elle se déplaçait d’une dizaine de mètres par jour. 
    Au final, elle a fait tout le tour du hangar », assure le Nandrinois qui affiche le faible taux de mortalité (1,33 %) de ses poulets de 4 semaines et 4 jours sur un dispositif mural, en gage de bonne foi. 
    A.G.
     
    Le bio
    « Pas rentable »
     
    S’ils grossissent très vite, les poulets que nous avons vus tenaient sur leurs pattes.
    «Jusque 4 semaines, ils courent partout.
    Après, ils sont calmes. 
    Si on ne les tuait pas après 7 semaines, ils mourraient d’eux-mêmes après 2 ans, car ils seraient trop gros. »
    Il estime que l’élevage bio a sa place mais ne pourra jamais concurrencer l’industriel.
    «Pour la même quantité de viande, c’est trois fois plus cher. »
    Vous pouvez retrouver les produits d’Alain Henry au supermarché, entier sous film ou à la découpe. 
     

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