prothèses pip à nandrin

  • Prothèses PIP à Nandrin

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    1360845262_B97370762Z.1_20130419184956_000_GQ6N940N.1-0.jpgProthèses PIP à Nandrin: Catherine vit avec du silicone dans le corps

    Alors que le procès des fabricants français des implants mammaires truqués PIP vient de s’ouvrir à Marseille, Catherine, 51 ans, une des victimes belges, domiciliée à Nandrin, est toujours sans nouvelle de son dossier confié au service juridique de sa mutuelle.

    «  Sur les conseils de la ministre Laurette Onkelinx, je leur ai envoyé mon dossier médical ainsi que les sommes que j’ai déjà engagées pour me faire retirer les implants et payer les soins post-opératoires. En septembre dernier, je devais être vu par le médecin de la mutuelle. Le rendez-vous a été reporté. »

    Depuis, la Nandrinoise attend. «  Après cet examen, on devait discuter de la suite à donner.

    Et notamment voir si on attaquait le chirurgien ou le fabricant, ou même les deux  », soupire-t-elle, impuissante. «  Mais impossible de savoir quoi que ce soit », se désole-t-elle.

    Sans réponse et sans contact avec d’autres victimes, Catherine se sent terriblement seule.

    En 2011, le scandale des prothèses PIP, au gel frelaté, sujettes à ruptures et à fuites, explose. Elle a été rapidement informée par la clinique privée de Clermont-sous-Huy (Engis). C’est dans cet établissement où elle avait été opérée, qu’elle a compris qu’elle faisait partie des patientes porteuses des prothèses incriminées.

    Très vite aussi, une échographie a révélé une déchirure au niveau d’un des deux implants.

    Depuis, Catherine les a fait retirer de son corps… mais pas de son esprit. Impossible de ne pas y penser tout le temps.

    «  La poche était rompue depuis un bon moment. Le silicone s’est répandu dans mon corps sans qu’on puisse le retirer. Comment mon organisme va-t-il réagir à ce corps étranger ?

    Quand je pose la question aux médecins, personne ne sait me répondre . J’ai parfois l’impression qu’on sert un peu de cobaye. ».

    Dans l’attente de résultats d’une étude épidémiologique à long terme, à ce jour, aucune relation entre ces prothèses et l’apparition de cancers du sein n’a été établie.

    Par précaution, tous les six mois, Catherine est tenue d’effectuer une prise de sang.

    «  Tout cela est vraiment dur à vivre au quotidien », s’exclame la Nandrinoise qui avoue avoir «  pété une case  ». «  Ne pas savoir si vous allez vivre ou mourir, ça fait faire des bêtises.

    Et je les ai faites », glisse-t-elle, avec pudeur. Elle n’en dira pas plus. Mais on devine la douleur qui est la sienne.

    Article complet édition de samedi 20 avril 2013

    Samedi 20 Avr. 2013

    Samedi 20 Avr. 2013