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  • Attention des voleurs de carte bancaire par ruse dans la région de Nandrin

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    Il y a une dizaine de jours, Irène (prénom d’emprunt), une Nandrinoise de 83 ans, effectue ses courses dans une grande surface commerciale de Tinlot. À plusieurs reprises, elle croise les mêmes personnes dans les allées du magasin. Elle s’en étonne, mais sans plus. « Juste que je trouvais cela bizarre », se souvient-elle.

    À la caisse, rebelote, les deux femmes aperçues quelques instants plus tôt sont à nouveau tout près d’elle. « Ce qui m’a frappé, c’est qu’elle n’avait pas d’achat ». reprend Irène qui quitte le magasin pour se rendre ensuite sur la tombe de son mari, au cimetière de Scry. En sortant du cimetière, elle remarque une camionnette blanche garée sur le parking. « Mais à nouveau, je ne me suis pas méfiée. J’étais à 100 lieues de penser que j’étais suivie. »

    Du cimetière, Irène fait encore un crochet par une droguerie avant de rentrer chez elle, à Nandrin. « Dix minutes plus tard, les deux femmes sonnaient à ma porte pour me demander soi-disant des livres pour une association d’enfants de Huy. Heureusement, ma petite-fille était là lorsque cela s’est passé. Elle s’est tout de suite méfiée et l’a bien fait comprendre aux deux inconnues qui n’ont pas insisté. Elles sont reparties ».

    Après ces faits, Irène a déposé plainte au bureau de police de Nandrin où immédiatement les enquêteurs ont reconnu dans son récit le modus operandi des voleurs de carte bancaire par ruse qui sévissent depuis 2 à 3 ans dans la région de Nandrin. Les victimes sont bien souvent des personnes âgées. Selon l’inspecteur principal, Danny Gilson, entre 10 et 20 cas ont été enregistrés en l’espace de 2 à 3 ans.

    Pour lutter contre ce phénomène -hélas commun à de nombreuses zones de police- Nandrin vient de prendre une initiative originale. Avec l’accord de sa hiérarchie, l’inspectrice Hélène Labalue a lancé une grande campagne de sensibilisation auprès des commerçants et des clients de Nandrin et Tinlot.

    Sur une feuille A4, elle a imprimé la méthode utilisée par les voleurs pour arriver à leurs fins. Le but est d’attirer l’attention des commerçants sur des comportements suspects mais aussi sur les utilisations frauduleusesqui peuvent être faites des cartes bancaires volées. « Si par exemple quelqu’un demande à retirer de grosses sommes d’argent à la caisse du magasin, méfiance », recommande le commissaire Gilson qui d’expérience sait que les premiers retraits frauduleux ont lieu dans les dix minutes qui suivent le vol. Ces retraits peuvent atteindre des sommes astronomiques, « jusqu’à 20.000 € dans un cas que nous avons connu à Nandrin, 6.000 € dans un autre cas enregistré la semaine dernière ».

    Cette campagne s’adresse également aux clients, et plus spécialement aux personnes plus âgées. Lorsqu’ils composent leur code secret, il leur est recommandé d’être vigilant. Un feuillet placé à côté des terminaux bancontact installés aux caisses des magasins est destinée à leur rappeler.

    Les premières affiches ont été distribuées ce vendredi. Pour l’instant, seules les communes de Tinlot et Nandrin qui sont les plus touchées par le phénomène sont concernées mais, à l’avenir, la campagne pourrait s’étendre aux autres communes de la zone.

    Tous les prétextes sont bons pour approcher la victime

    A quelques variantes près, le modus operandi utilisé pour ce type de vol par ruse est toujours identique et donc facilement repérable : « Le ou les auteurs observent leur victime qui compose son code lors du paiement, un(e) suspect(e) se trouve dans la file d’attente de la caisse, l’autre suspect(e) fait semblant de téléphoner devant cette caisse. Comme les victimes ne prennent aucune précaution pour cacher le code, cela permet aux auteurs de prendre facilement connaissance de ce code » explique la police dans le document qu’elle a distribuée aux commerçants.

    Lorsque la victime se retrouve sur le parking, deux options sont possibles : soit elle est suivie jusqu’à son véhicule, soit jusqu’à son domicile comme ce fut le cas pour Irène de Nandrin. Lorsque la future victime est suivie jusqu’à son véhicule, les auteurs prétendent récolter de l’argent pour une œuvre fictive, pendant qu’un fait signer un document, une autre personne subtilise le portefeuille.

    Dans le cas où la victime est suivie jusqu’à son domicile, une des deux personnes se fait passer pour malade ou enceinte (ou toute autre raison), et demande un verre d’eau (ou un autre service). Le but est d’entrer dans la maison.

    Une fois à l’intérieur de l’habitation, une des deux demande à se rendre aux toilettes pendant que l’autre distrait la victime. Ce qui laisse à l’auteur tout le loisir de voler le portefeuille.

    PAR MARIE-CLAIRE GILLET

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