« j’ai perdu des vaches à cause d’eux » nandrin (saint-séverin)

  • « J’ai perdu des vaches à cause d’eux » Nandrin (Saint-Séverin)

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    Le fermier répond aux plaintes des riverains

    Dans une précédente édition, nous relations l’énervement des riverains de la rue du Moulin de Falogne à Nandrin.
     Ils se plaignaient de l’état crasseux de la rue « 365 jours par an ». 
    Le fermier Dieudonné a tenu à expliquer plus en détails sa version de l’histoire. 
    Selon lui, c’est la lenteur de la commune pour réparer la canalisation et l’attitude déloyale des riverains qui ont retardé la construction de son étable.
     
    C’est en compagnie de son avocat Geoffroy Van Cutsem que Bernard Dieudonné, dossier à l’appui, tient à prouver sa bonne foi.
    « Certains le font passer pour un fermier tout-puissant qui fait régner sa propre loi. 
    Or, c’est le contraire. Son projet est valable et on l’empêche de le réaliser », plaide son conseil.
    C’est en août 2008 que tout commence.
    L’agriculteur de Neupré demande un permis d’urbanisme à la commune pour construire une étable destinée à un élevage bio de vaches Salers, rue du Moulin de Falogne. 
    Un terrain de 12 ha en pente avec ruisseau qui appartient à la famille Dieudonné et que celle-ci souhaite exploiter. 
    Le permis est accordé le 13 novembre 2008.
     Le permis est valable 5 ans et des travaux doivent être entrepris endéans 2 ans. 
    C’est là que le bât blesse. 
    Selon Bernard Dieudonné, il a bien commencé les travaux à temps. 
    «On avait mis de l’empierrement et des pieux pour la charpente.
    Seulement, on a constaté qu’il y avait des écoulements d’eaux usées sur le terrain, venant de l’amont. 
    On a interpellé la commune en juin 2010 car il était impossible de couler la chape de béton avec cette eau. 
    Pas de réponse.
    On a envoyé un rappel. Des riverains se sont coalisés et ont envoyé une lettre à la commune en novembre 2010. »
     Pour Dieudonné, ce courrier pourrait avoir influencé l’autorité communale.
    «Lucien Moreau est le beau-père du ministre Henry et Roger Croughs,l’ancien directeur général d’Intradel,malgré ses démêlés judiciaires,a le bras long.., glisse Geoffroy Van Cutsem. 
    Ils veulent couler une retraite paisible à la campagne. »
     En novembre 2010, la commune répond.
    «Elle dit qu’il s’agit d’eau claire et ne s’en inquiète pas. »
    Les travaux se poursuivent «par la structure métallique » en juillet 2011. «Le 15 juillet 2011, la commune ordonne l’arrêt des travaux,arguant que ceux-ci n’ont pas commencé dans les 2 ans.
     Nous avons été en justice et avons gagné.
     Aussi en appel. 
    Mais tout cela a bloqué les travaux... Et l’eau continuait à couler !
     On a fait faire une analyse et vu les déchets (excréments, détergents etc) découverts, j’ai perdu l’appellation bio pendant 2 ans !
    Un expert a trouvé l’origine des écoulements et la commune a fini par réparer la canalisation défectueuse de la rue. »
    En attendant, les vaches ont passé deux hivers (2010-2011) dehors.
    «Je n’avais pas d’autre endroit où les mettre et on ne peut mélanger deux cheptels. Conséquences : 2 vaches sont mortes (1 autre a failli) et il y a eu 3 avortements. 
    Et puis la perte du statut bio nous a causé préjudice.
    Deux experts doivent d’ailleurs chiffrer les dommages. »
    Aujourd’hui, les travaux ne sont toujours pas terminés et le permis est périmé. 
    Une nouvelle demande a été introduite... 
     
    Article de ANNICK GOVAERS dans le journal La Meuse H-W du 2 avril 2014 
     
     
    LES RIVERAINS
     
    « C’est de la diffamation »
    Le riverain Roger Croughs dément avoir d’une quelconque façon tenté d’influencer la décision communale.
    «Si Bernard Dieudonné dit ça, je porte plainte pour diffamation.
    C’est absolument faux. En plus,l’urbanisme n’a rien à voir avec les déchets que je sache.
     Quant à M. Moreau et son beau-fils, Ecolo n’était pas encore dans la majorité communale à l’époque.
     Bernard Dieudonné se croit juste tout permis, c’est à lui de se mettre en ordre avec le règlement d’urbanisme.
     Et je souligne que je n’ai rien contre les agriculteurs, je connais tous ceux de Nandrin et je préfère même avoir des vaches devant chez moi que des maisons.»
    Un autre riverain réagit : «La commune a suffisamment de litiges avec M. Dieudonné pour se positionner sans une intervention des riverains...
    On est plutôt entre les deux camps qui jouent au ping pong. » 
    Article de A.G.
     
    LE BOURGMESTRE
    « Une histoire de gros sous »
     
    Le bourgmestre nandrinois et ancien échevin des travaux, Michel Lemmens, ne souhaite pas entrer dans les détails concernant ce dossier.
     Il confirme que la pollution détectée (savon...) provenait d’une canalisation, aujourd’hui réparée.
    Il dénonce néanmoins des revendications financières «hors normes » du fermier neupréen. 
    «On conteste le rapport d’expertise. » 
    Et pointe les infractions urbanistiques de l’étable.
    Article de A.G.