CHR Huy

  • Dans le cadre de son plan d’urgence hospitalier, le CHR de Huy organisait un exercice de simulation d’accident ou d’attaque chimique

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    Dans le cadre de son plan d’urgence hospitalier, le CHR de Huy organisait  jeudi passé un exercice de simulation d’accident ou d’attaque chimique. Un sas de décontamination était installé à l’entrée des urgences. Une première en Belgique.


    Jeudi 6 février 2020 au matin, un sas de décontamination était installé à l’entrée des urgences du CHR de Huy. Plusieurs infirmiers étaient postés à l’entrée d’une tente rouge, en combinaison et masque de protection respiratoire.


    C’est le premier exercice de ce type en Belgique. Dans le cadre du plan d’urgence hospitalier (PUH), l’équipe CBRN était rassemblée pour l’ultime étape de sa formation à la décontamination, en cas d’attaque ou de catastrophe chimique. Par « CBRN », comprenez « Chimique, Biologique, Radiologique et Nucléaire. »

    Une douzaine d’employés du CHR ont décidé, sur base volontaire, de suivre une formation à l’institut international CBRNE, afin de pouvoir gérer au mieux l’accueil des personnes contaminées, dans le cas où un incident majeur devait avoir lieu.


    Le CHR précurseur

     


    « L’équipe du CHR a débuté sa formation en octobre 2018, se rappelle Yves Dubucq, responsable des formations à l’institut. Ils étaient précurseurs à l’époque. Ils sont venus suivre de nombreux cours. Ce jeudi, ils mettent la théorie en pratique dans un exercice de terrain, en conditions réelles. »

     

    C’est l’infirmier en chef du service des urgences, Sébastien Sohet, qui coordonne le projet. Il est entré lui-même en contact avec l’institut CBRNE.

    « Depuis 2018, il y a une décision du Ministère de la Santé qui implique que chaque hôpital doit être capable d’accueillir des victimes CBRN, qu’il s’agisse d’un accident de transport ou d’un attentat.

    La mise en pratique de cette chaîne de décontamination fait partie du plan d’urgence hospitalier. » L’objectif de l’opération est de garder les médecins urgentistes à l’intérieur, pour qu’ils puissent continuer leur mission dans des conditions normales.


    La procédure par étapes


    1. L’individu est approché par les membres de l’équipe de décontamination, qui le rassurent et le canalisent.
    2. L’individu doit se déshabiller complètement et entrer dans un espace « douche » hermétique où il est décontaminé. Du savon spécifique est mis à disposition. Cela dure 4 minutes.


    3. Il sort de la douche et reçoit une couverture de survie, un masque et un chapeau de chirurgien jetable. « À ce moment-là, il devient un patient normal, nous explique le docteur Marcel Tole. On s’en occupe de façon habituelle, sans porter de combinaison. »


    4. Si jamais il devait rester des résidus sur sa peau, l’hôpital dispose d’un pistolet électromagnétique pour neutraliser les derniers éléments chimiques.


    Chaque hôpital est en charge d’acquérir le matériel sur fonds propres. « Ça représente un budget annuel de 10.000 €, chiffre le directeur général du CHR, Jean-François Ronveaux.

    Ce sont les combinaisons qui représentent le plus gros investissement. Ça serait une erreur de ne pas se préparer, on ne peut pas fermer les yeux. » Le prochain exercice est prévu fin avril.

    « Il s’agira d’une simulation de plus grande ampleur, où on leur mettra davantage la pression, prévient Sébastien Sohet.

    La prochaine fois on respectera le temps réel. »


    Par P.T. & E.V.

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