Nos refuges n’ont jamais été aussi sollicités mais les adoptions sont limitées par la baisse des abandons

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Année record pour les demandes de chiens !  

Nos refuges n’ont jamais été aussi sollicités mais les adoptions sont limitées par la baisse des abandons 

 
Les confinements ont engendré un intérêt croissant pour nos amis à quatre pattes. Dans les refuges, les demandes ont explosé. Mais face à la baisse des abandons, notamment, les adoptions effectives ont malgré tout diminué.  

L’année n’a pas été facile pour les refuges animaliers. Baisse des dons, nombre limité de bénévoles, visites sur rendez-vous… Mais 2020 n’a pas que des côtés négatifs. Avec les confinements, le nombre d’abandons a baissé. « Depuis 15 ans, nous avions une augmentation de 2 % par an », commente Sébastien de Jonge, le coordinateur de l’ASBL Sans Collier, à Perwez. « Ici, nous avons 23 % de prises en charge en moins pour les chiens à la même date. Du jamais vu ! » De nombreux abandons sont en effet liés à des changements de vie, comme des déménagements. La crise sanitaire a en quelque sorte appuyé sur le bouton pause.
Même constat du côté de la SPA de Charleroi. « Hier (lundi, NdlR), nous étions à 1.322 prises en charge. L’an dernier, à la fin de l’année, nous étions aux alentours de 1.850 », confirme le directeur Franck Goffaux. En comptant qu’il reste un mois, on devrait donc être dans les mêmes pourcentages de diminution. « Le refuge n’a jamais été aussi vide… »
 
Surtout les petits chiens
 
Qui dit moins d’abandons dit aussi, forcément, moins d’adoptions, dans des proportions quasi similaires. Néanmoins, les refuges ont observé une explosion des demandes. « De 50 demandes par jour, on est passé à 250 », témoigne Sébastien de Jonge. « Je peux vous dire », ajoute Franck Goffaux, « que si je rentre maintenant 50 chiens de petite taille, je les prends avec bonheur parce que je sais que d’ici la fin de la semaine, ils ne seront plus là. »
 
Les deux confinements ont très certainement joué un rôle dans cette hausse des demandes. « Avec l’ennui peut-être », commente le coordinateur de Sans Collier. « Certaines personnes qui réfléchissaient à en prendre un se sont dit que c’était la bonne période. Elles ont davantage de temps à consacrer. »
 
Toutes ces demandes ne peuvent se traduire en adoptions. Soit parce que les demandeurs ne trouvent pas l’animal qui leur convient. Soit parce que le refuge leur refuse l’adoption. « À côté des demandes réfléchies, nous avons aussi eu des demandes de personnes qui, en gros, voulaient un chien pour aller se promener ou pour occuper les enfants. On a vraiment vu une augmentation des demandes farfelues. Et dans ce cas-là, on refuse l’adoption. »
 
À la SPA, on s’est aussi posé la question de savoir si certaines adoptions n’avaient pas pour but d’occuper les enfants en confinement ou en l’absence de vacances. Malgré tout, aucune adoption n’a été refusée. « Cela aurait pu être discriminatoire, on pouvait se tromper. On a eu un peu peur d’un effet boomerang, avec un retour de chiens mais ça n’a pas été le cas. Preuve que l’on a bien fait d’accepter. »
 
Voilà pour ce qui est de l’aspect positif. Par contre, les refuges ont constaté une forte hausse des plaintes. « On a traité 33 % de plaintes en plus », souligne Sébastien de Jonge. « Les gens étant chez eux, ils avaient peut-être un regard plus avisé sur ce qu’il se passait chez leurs voisins », avance-t-il. Les refuges ont donc encore du pain sur la planche et l’année 2021 s’annonce chargée. Du côté de Perwez, on craint une augmentation des abandons avec le retour à la vie normale…
 
Article de SABRINA BERHIN
 

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