L’Union des coiffeurs observe que certains contournent la fermeture en allant coiffer à domicile

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La coiffure clandestine risque d’exploser  

Les salons de coiffure resteront fermés jusqu’au 1 er février. Ainsi en a décidé le Comité de concertation de vendredi. Pour Patrick Dumont, vice-président de l’Union des coiffeurs belges, cela va pousser les travailleurs à aller coiffer les gens chez eux, alors que c’est interdit, et avec des risques sanitaires plus élevés que si on avait laissé les salons ouverts. 
 
« En maintenant les salons de coiffure fermés, l’économie souterraine va exploser ! », s’exclame Patrick Dumont, vice-président de l’Union des coiffeurs belges.
 
« Il suffit de voir les conversations sur Facebook.
 
Des coiffeurs vont chez des particuliers pour les coiffer. Pour 10 à 1 € moins cher.
 
C’est une certitude !
 
D’ailleurs, depuis la reprise après le confinement, aucun coiffeur n’a retrouvé son chiffre d’affaires d’avant la crise qui a diminué de 30 à 50 %. C’est en partie parce qu’une forme d’économie parallèle s’est mise en place ».
 
Patrick Dumont va même jusqu’à dire que certains professionnels, à bout et au bord du gouffre, préfèrent risquer l’amende voire même la prison (en cas de non-paiement), histoire de garder un toit.
 
« Cette décision de maintenir les coiffeurs fermés est une catastrophe et est scandaleuse », ajoute-t-il.
 
« Car jamais les autorités n’ont pu prouver que le salon de coiffure était un lieu où l’on se contaminait. J’exploite moi-même trois salons de coiffure, il n’y a pas eu un seul cas de contamination au travail !
 
J’ai essayé de contacter, par mail, les ministres Clarinval et Vandenbroucke ce week-end, mais j’ai reçu un mail automatique de réception. Je ne sais plus comment me faire entendre ! »
 
Les compensations financières ? Elles ne suffisent pas, selon lui.
 
« La Région bruxelloise nous a dit qu’il n’y avait plus de sous pour 2020, qu’il fallait attendre 2021. Pour les Bruxellois, il ne reste que le droit passerelle (1.200 €/mois pour un isolé, 1.600 € pour une personne avec charge de ménage).
 
En Wallonie, on nous promet, en plus, une allocation qui tiendra compte du nombre de personnes occupées dans l’entreprise.
 
Mais tout cela ne nous permettra pas de payer nos frais fixes, les loyers notamment. »
 
Un geste de Clarinval ?
 
Est-il choqué de voir, qu’en face, les salons de toilettage pour chiens peuvent rouvrir ?
 
« Il ne faut pas nous opposer les uns aux autres », dit-il.
 
« Je ne vois pas en quoi faire toiletter son chien risque de transmettre le coronavirus.
 
On dépose son chien, puis on va le rechercher.
 
En revanche, je dis que le coiffeur est un service essentiel. En mai, on a pu rouvrir comme non essentiel et on a investi énormément pour protéger tout le monde (plexi, gants, masques, 1 client/10 m²). Du 11 mai au 31 octobre, on a travaillé sans souci, sans même que le syndicat n’ait rien eu à redire pour la sécurité du personnel ».
 
Sur le plateau de Deborsu (RTL-TVI), dimanche, le ministre des indépendants David Clarinval (MR) a déclaré : « Je voudrais garder espoir. Je pense à tous ces commerçants qui ne peuvent pas rouvrir : coiffeurs, tatoueurs, esthéticiens…
 
Il faudra peut-être réétudier leur situation.
 
Mais il serait bien de connaître les secteurs exacts où le virus se propage ». En attendant, les coiffeurs sont visiblement catalogués « à risque ».
 
Article de FRANÇOISE DE HALLEUX
 

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