Les finances des clubs en danger Leurs budgets dépendent trop des cotisations et des buvettes

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En juin, une enquête avait révélé les besoins financiers des clubs de sport amateur en fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) après la première vague : 64 millions d’euros.
 
Aujourd’hui, une autre enquête révèle à quel point ils sont dépendants du payement des cotisations et des buvettes.  
C’est sans doute la première enquête du genre : l’Association interfédérale du sport francophone (AISF) a sondé les clubs amateurs pour étudier leurs dépenses et leurs recettes.
 
L’idée était de voir à quel point la crise actuelle les met en danger.
 
Et les conclusions sont sans appel.
 
Cotisations et buvettes
 
Les recettes viennent essentiellement des cotisations, des buvettes et du sponsoring : des postes qui sont mis à mal en ces temps de crise où la population est mise sous pression financière et les buvettes sont fermées.
 
Les dépenses sont essentiellement liées aux montants à verser aux fédérations mais aussi aux loyers, au personnel et au matériel. Des postes très difficiles à comprimer.
 
 
« Beaucoup de clubs amateurs sont en difficulté financière », explique Serge Mathonet, président de l’AISF.
 
« Pour les soutenir, il est essentiel de changer leur modèle financier. Les subventions publiques ne représentent que 7,5 % des recettes des clubs en Fédération Wallonie-Bruxelles pour 25 % en France.
 
D’où la fragilité financière des clubs de notre pays. »
 
Le patron de l’AISF a sondé les 7.000 clubs de la fédération et 882 ont répondu.
 
Et, explique-t-il, les répondants sont plutôt représentatifs des fédérations existantes.
 
« En les interrogeant sur leur modèle économique, on s’est surtout rendu compte qu’ils ne le connaissaient pas : ils étaient incapables de nous donner la répartition de leurs dépenses et de leurs recettes.
 
D’où l’intérêt de ce sondage, qui tord le cou à certaines croyances, notamment sur le coût souvent présenté comme exorbitant de la rémunération des joueurs. »
 
 
Pour Serge Mathonet, il est nécessaire de renforcer les aides publiques aux clubs amateurs, non seulement en cette période Covid mais aussi de manière structurelle.
 
moins de membres
 
« La crise actuelle fait perdre des pratiquants à certaines disciplines comme les sports indoor de contact (nous le révélions dans notre édition d’hier), mais aussi des arbitres et des sponsors.
 
Sans aide, certains clubs mettront la clé sous le paillasson. Plus nombreux seront ceux qui devront réduire la voilure : accepter moins de membres, réduire le personnel d’encadrement et les formations, réduire leurs activités, renoncer à la gratuité…
 
C’est une catastrophe car l’existence de ces clubs et leur dynamique sont essentielles : le sport amateur est pratiqué par 700.000 personnes en FWB, auxquelles il faut ajouter 120.000 bénévoles.
 
Il touche ainsi une personne sur quatre ! La FWB a fait un effort financier mais elle dispose de moyens financiers très limités. Les clubs doivent être aidés par d’autres niveaux de pouvoir. »
 
Soutien aux buvettes
 
Pour Serge Mathonet, il faut faire preuve de créativité : « Pour sauver des clubs, on pourrait débloquer des aides compensatoires aux pertes des buvettes comme on le fait pour l’Horeca. On pourrait alléger la fiscalité sur le sponsoring. Les Régions, plus riches que la Fédération, pourraient renforcer le soutien aux infrastructures sportives.
 
Les pouvoirs locaux pourraient alléger ou même suspendre les loyers. Le ministère de la santé pourrait dégager des budgets pour encourager la reprise du sport, qui sera capitale pour la santé publique. »
 
Comme on le voit, les idées ne manquent pas. Mais l’inquiétude de Serge Mathonet ne s’arrête pas là : « À 15-16 ans, beaucoup de jeunes abandonnent le sport et l’interruption actuelle pourrait accentuer le phénomène.
 
Il est donc essentiel que les clubs disposent de moyens au moment de la reprise et que les autorités soutiennent le retour au sport par des campagnes de communication ambitieuses. »
 
 
 
Article de Par Michel Royer 
 
 
 

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