Le #coiffeursàpoil lancé par un Liégeois en soutien à Alysson et à ce métier en crise

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C’est le cas d’Eric Polain, coiffeur et gérant de « Studio 74 » à Voroux-Lez-Liers. Ce mardi matin, il a changé sa photo de profil sur les réseaux sociaux. Une photo, en noir et blanc, qui se veut extrêmement symbolique, paraphée d’un #coiffeursàpoil.

« J’avais vu passer le mouvement en France depuis quelques semaines et je trouvais ça très fort, très parlant. Mais je n’avais pas vraiment osé me lancer… Quand j’ai appris ce qu’il était arrivé à cette jeune coiffeuse ce lundi, là, je n’ai plus hésité. Moi-même, il y a huit ans, j’avais mis toutes mes économies et tout ce que j’avais pour me lancer et je ne peux qu’imaginer sa détresse. C’est aussi une façon de lui rendre hommage. Il est temps de faire aussi parler de nous. Une personne, c’est une de trop, et il ne faut certainement pas qu’il y en ait d’autres… Car dans ce métier, il n’y a pas de concurrents, juste des collègues. Et certains, vraiment, sont en pleine souffrance », introduit-il.

Eric espère lancer le mouvement, se faire suivre au travers des réseaux sociaux, pour conscientiser. « Après le premier confinement, pour la réouverture à la mi-mai, je mets ma main à couper que 99 % de mes collègues ont tout mis en place pour accueillir les clients dans un contexte hyper-sécurisé, et y ont investi de l’argent aussi, tout en ne pouvant pas recevoir autant de personnes. Il est avéré que les transmissions dans les salons sont proches du néant. La décision de nous refermer est donc plutôt incompréhensible », détaille-t-il.

 

« Tout ce qu’on apporte à nos clients »

Sans compter tout le « débat » qui peut encadrer la question du « non-essentiel ». Terme employé par le gouvernement qui choque, qui fait mal pour ces professionnels. « L’idée n’est pas de polémiquer là-dessus mais je suis persuadé que nous avons un rôle social hyper important. Nous sommes souvent silencieux, peut-être trop, nous faisons profil bas, parce qu’à force d’être considéré comme ‘accessoires’, on a peut-être fini par le croire… Mais on ne peut pas imaginer, de l’extérieur, le rapport que l’on a avec nos clients et ce qu’on peut leur apporter. D’un point de vue bien-être et beauté, c’est sûr, mais surtout d’un point de vue social et psychologique, de relationnel, d’écoute aussi, à un moment de crise sanitaire où beaucoup en ont besoin », soutient encore le coiffeur.

 

« Nous devons rouvrir »

Par ce mouvement de #coiffeursàpoil, Eric en appelle donc ses collègues à le suivre, à se faire entendre, « pour montrer qu’on existe, qu’on est là, qu’on a plus d’importance que ce qu’on essaye de nous le faire croire et qu’on a bien tout mis en œuvre pour la santé de tous, qu’il ne faut pas que notre fermeture se prolonge ! Nos gros pics d’activités sont de mars à juin, puis aux fêtes de fin d’année… Il ne faudrait certainement pas que cette fermeture se poursuive encore, certains ne s’en relèveront pas ! Les charges continuent à tomber et elles ne se limitent pas à un loyer. Je ne me plaindrai pas de ma situation personnelle mais je pense ici aux autres, à la réalité de certains de mes collègues et à l’histoire d’Alysson. Il est assez clair que ceux qui ont survécu économiquement au manque à gagner de la première vague, auront du mal à ne pas succomber à l’absence de rentrées financières de cet hiver. Aujourd’hui nous sommes à POIL mais encore debout, demain par contre… », a-t-il conclu.

Si vous êtes coiffeurs ou si vous voulez simplement soutenir notre appel à l’aide, faites une photo de vous « A POIL » en noir et blanc dans votre salon de coiffure, dans votre salle de bain ou dans le cadre de votre activité liée à la coiffure. Il vous suffit de la publier sur les réseaux sociaux avec le #coiffeursàpoil.

 

Par Emilie Depoorter

Article complet et photos Sudinfo Clic ici 

 

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