Une lettre ouverte circule sur les réseaux sociaux. Alisée (13 ans), demande de mettre fin à l’école en présentiel.

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L’école en présentiel restera la priorité !  

Dans une lettre, des élèves prônent l’hybridation par peur d’être contagieux, mais les experts rassurent

Une lettre ouverte circule sur les réseaux sociaux.
 
Son émettrice, Alisée (13 ans), demande de mettre fin à l’école en présentiel. Une demande qui va à l’encontre de l’avis des experts et des décisions politiques.
 
Explications.  

 

Alisée a 13 ans et vit à Bruxelles.
 
Mercredi soir, elle a envoyé une lettre à plusieurs responsables politiques, dont la ministre de l’Éducation Caroline Désir.
 
L’objectif ?
 
Demander de mettre fin à l’enseignement en présentiel pour tous les élèves.
 
En contrepartie, un enseignement hybride devrait selon elle être mis en place : « Tous les cours devraient être organisés en distanciel et les enfants ne pouvant pas rester chez eux pourraient assister aux cours en présentiel en nombre limité », peut-on lire dans la lettre.
 
Ce qui l’a motivée, c’est la crainte d’être contagieuse pour ses proches.
 
« Mon papa a 61 ans et des amis ont des parents qui ont des problèmes pulmonaires », nous explique-t-elle.
 
« La solution proposée permet à ceux-là de suivre leurs cours à distance mais ceux qui ont besoin d’aller à l’école pourraient y aller. »
 
Que ce soit du côté des politiques ou des experts, l’idée d’élargir l’enseignement à distance ne séduit pas, mais alors là, pas du tout.
 
Depuis le début de la crise, une task force pédiatrique s’est constituée avec comme but de s’assurer que les enfants soient bien pris en considération dans cette crise.
 
La pédopsychiatre Delphine Jacobs en fait partie et se montre tout de suite rassurante : « Les enfants ont moins de risque d’être infectés et quand ils le sont, ils ont moins de risque d’être malades.
 
Il y a également moins de risque qu’ils le transmettent à un adulte. »
 
Il semblerait en réalité que ce soit à partir de 15 ans qu’un adolescent se rapprocherait le plus du risque présenté par les adultes.
 
« C’est pourquoi il a été décidé de maintenir le présentiel jusqu’en 2 e secondaire, soit jusqu’à 14 ans », précise-t-elle.
 
Ensuite, pour Delphine Jacobs, il était important de trouver une formule qui tienne compte de l’épidémie, mais aussi des réalités de chacun.
 
« Il y a des élèves qui aiment être à la maison et qui ne font certainement pas ça trop mal.
 
Mais l’enseignement à distance présente des risques. » Au niveau des apprentissages, « des études montrent qu’en moyenne, les enfants n’apprennent rien à distance », affirme la spécialiste.
 
« En Flandre, après le premier confinement (lors duquel des nouvelles matières avaient dû être enseignées contrairement à la Wallonie, NdlR), une étude a montré qu’il y avait, dans de très bonnes écoles, un retard de six mois ! »
 
Angoisses et démotivation
 
Delphine Jacobs regorge ensuite d’exemples de risques au niveau psychosocial : violences intrafamiliales en hausse, harcèlement sur le Web, usages compulsifs d’internet, angoisses, perte de motivation… « Cela fait un siècle que l’enseignement est obligatoire et ce n’est pas pour rien », ajoute-t-elle.
 
« C’est le principal outil dont on dispose pour diminuer les inégalités entre les enfants.
 
Et on voit déjà qu’avec le coronavirus, les inégalités augmentent.
 
Et cela est notamment dû aux écoles qui ont dû fermer… » La task force pédiatrique espère d’ailleurs que l’école reviendra en présentiel à 100 % dès que possible.
 
La solution hybride proposée dans la lettre ouverte voulait répondre à cet objectif.
 
Mais d’après quelques échos récoltés auprès du terrain, ce serait très compliqué voire impossible à mettre en place.
 
Article de Par SABRINA BERHIN 
 
 

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