L’arrondissement de Huy-Waremme enregistre un taux de 1,25 véhicule privé par ménage.

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Huy-Waremme encore accro à la voiture 

La Ville de Huy compte 1 véhicule privé par ménage… alors que l’entité de Tinlot en compte 1,62 

L’arrondissement de Huy-Waremme enregistre un taux de 1,25 véhicule privé par ménage. Un chiffre au-dessus de la moyenne nationale et de celle de l’arrondissement de Liège. Détails dans toutes les communes.  

 

À la lecture des données de Statbel, le constat est clair : les habitants de Huy-Waremme aiment leur voiture. Au total, l’arrondissement compte 103.997 véhicules privés.
 
Avec un taux moyen de 1,25 voiture par ménage, l’arrondissement surpasse la moyenne nationale (1,18). La différence est d’autant plus grande lorsqu’on effectue une comparaison avec l’arrondissement voisin (Liège), qui obtient une moyenne nettement inférieure de 1,01.
 
De grandes disparités sont cependant à constater entre les communes de Huy-Waremme. Ainsi, la Ville de Huy est la localité qui, proportionnellement à sa taille, compte le moins de voitures (10.177 véhicules privés pour 10.178 ménages, c’est-à-dire un taux de 1). De l’autre côté du classement, on retrouve Tinlot, l’entité la plus motorisée avec un ratio de 1,62 voiture par ménage.
 
Moins dans les villes
 
Ce sont principalement les centres urbanisés de l’arrondissement, à plus forte densité de population, qui obtiennent les « meilleurs résultats », avec un taux de voiture par ménage plus bas que la moyenne de l’arrondissement : Huy (1), Waremme (1,07), Amay (1,17).
 
Une situation qui ne surprend pas le bourgmestre faisant fonction hutois.
 
« Huy est un nœud au niveau des transports, avec deux gares.
 
Certaines personnes plus précarisées viennent d’ailleurs dans les centres, car tout est à disposition à pied et la voiture n’est plus indispensable.
 
Tout comme des personnes âgées qui veulent se passer de leur auto », commente Éric Dosogne (PS).
 
 
Cela dit, les chiffres des villes de l’arrondissement restent nettement supérieurs à ceux des agglomérations liégeoises : Liège-ville compte en effet 0,78 voiture par ménage et Seraing 0,94. Notons également que les communes de Hamoir (1,14), Engis (1,17) et Saint-Georges-sur-Meuse (1,24) enregistrent également des chiffres plus bas que la moyenne de l’arrondissement.
Les campagnes isolées
En revanche, les « communes rurales » hesbignonnes et condruziennes comptent plus de voitures par habitant que les centres : 1,46 véhicule par ménage à Verlaine, 1,53 à Modave et 1,62 à Tinlot.
 
 
« Ça ne m’étonne pas », nous confie la bourgmestre tinlotoise Christine Guyot (MR).
 
« Au niveau des transports, on est moins bien équipés que les centres, malgré les efforts du TEC ces derniers temps.
 
Mais le contexte socio-économique joue aussi.
Tinlot est une commune plus aisée, et les ménages peuvent davantage se permettre d’acquérir un deuxième véhicule ».
 
 
Article de et par ROMAIN MASQUELIER
 

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Une offre de transport public jugée « insuffisante »  

Les élus, toutes tendances politiques confondues, sont unanimes : il y a un problème de mobilité à Huy-Waremme.
« L’arrondissement est très étendu avec des zones qui sont difficiles d’accès. Il y a un travail de longue haleine pour relier les communes et changer les mentalités », assure Hervé Rigot (PS), parlementaire fédéral.
 
Selon le député wallon Manu Douette (MR), le principal problème réside dans la « pauvreté de la couverture de transport public », qui empêche les citoyens de se passer d’un véhicule privé.
 
Le Hannutois plaide alors pour la création de « bassins de mobilité », et insiste sur la nécessité de créer des lignes permettant de relier l’arrondissement le Condroz, la vallée mosane et la Hesbaye à Liège, Bruxelles, mais également Namur et Saint-Trond.
Et tous les moyens sont bons aux yeux du bourgmestre de Hannut pour améliorer l’offre, comme l’appel au privé pour sous-traiter certaines lignes aux heures de pointe.
 
Des idées ont pourtant déjà vu le jour au niveau des bus ces mois-ci, comme les lignes express TEC Waremme-Namur et Marche-Liège. « C’est une très bonne chose.
 
Mais les zones rurales restent très mal desservies à l’heure actuelle et l’offre est insuffisante. Sans parler du partage de véhicules, quasi inexistant à Huy-Waremme », s’indigne le député wallon Rodrigue Demeuse (Écolo).
 
Et au niveau des trains, le constat est le même partout : il y en a trop peu et les gares demeurent difficiles d’accès. « La région hutoise par exemple est encore très mal desservie pendant le week-end. Il faut travailler sur l’accès aux gares, mais aussi sur les correspondances bus-train. Au temps de mes grands-parents, il y avait encore un vicinal, qui permettait d’acheminer les voyageurs dans les différentes localités de l’arrondissement. Mais cela a complémentent disparu aujourd’hui... Il faut vraiment réinventer l’offre de mobilité à Huy-Waremme », souligne le député fédéral Nicolas Parent (Écolo), qui déplore « l’attitude fataliste de certaines communes en termes de mobilité ».
 
Article de et par ROMAIN MASQUELIER
 
 
 

« Il y a une certaine conscientisation » 

 
Benoît Godart, porte-parole à l’institut Vias, nous explique que le nombre de voitures par ménage dépend d’une multitude de facteurs. « Le lieu où on habite est déterminant. Quand on habite à Liège, Charleroi et Bruxelles, on a moins tendance à acheter une, voire deux voitures, que lorsque qu’on habite à la campagne ». La composition du ménage serait également décisive dans le choix. « Les couples avec des enfants ont également plus de chances d’avoir deux véhicules ».
De manière générale, le porte-parole rappelle que « la tendance est à la stagnation. Depuis 2016, le nombre de voitures par ménage n’augmente quasi plus en Belgique ». Un phénomène notamment déterminé par le comportement des jeunes générations, moins attirées par l’achat d’un véhicule coûteux et sensibles aux questions environnementales. « Il y a une certaine conscientisation. L’âge moyen pour passer le permis a augmenté. Aujourd’hui, on est plutôt autour de 23 ans, et non plus 18 ans comme avant ». Reste également à voir l’impact de la généralisation du télétravail sur les habitudes de mobilité.

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