Militaire au 4ème Génie d’Amay, Alex Cormann a passé 6 jours dans l’enfer d’une unité Covid.

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Après 6 jours en unité Covid, ce militaire d’Amay témoigne: «Je suis traumatisé»

Alex Cormann est un militaire de 54 ans qui travaille comme informaticien au sein du 4ème Bataillon de Génie d’Amay. Engagé dans l’armée belge depuis 37 ans, ce père de famille pourtant en bonne santé a vu son quotidien basculer le 16 octobre, quand les premiers symptômes du Covid-19 se sont manifestés.

« J’ai été impressionné par la vitesse inimaginable à laquelle mon état de santé s’est dégradé. Une heure après les premiers symptômes, j’étais couché, dans un état de fatigue incroyable, je toussais et j’avais mal partout », se souvient ce rescapé du coronavirus.

6 jours dans une unité Covid du Montlégia

Le vendredi 23 octobre, le résultat de son test arrive par SMS. Pas de surprise, il est positif. Son état ne cesse de se détériorer et il est confronté à des difficultés respiratoires. Le dimanche 25 octobre, il se rend à l’évidence. « Il fallait se rendre d’urgence à l’hôpital. J’ai atterri au CHC du MontLégia. Le verdict fut sans appel : une pneumonie Covid. J’ai immédiatement été mis sous oxygène. J’avais l’impression que j’allais étouffer à tout moment ».

 
 

Au total, Alex Cormann ne passe que 6 jours à l’hôpital, sans devoir passer par les soins intensifs et l’intubation. Les docteurs sont impressionnés par la vitesse à laquelle ce patient récupère. « J’ai eu la chance d’avoir une pneumonie sans complications, mais j’ai quand même été cloué au tapis, et je suis parti pour trois mois de récupération au minimum ».

6.000 partages et + de 1000 commentaires

En rentrant chez lui, le militaire de 54 ans ressent un besoin pressant de s’exprimer sur ce qu’il vient de vivre. Les 6 jours qu’il vient de passer dans l’enfer du Covid lui ont laissé un traumatisme implacable, des images à jamais gravées dans sa mémoire.

Il rédige alors une lettre ouverte adressée au personnel du MontLégia, qu’il publie sur les réseaux sociaux. Les réactions sont immédiates, 6.000 personnes partagent sa publication et plus de 1.000 internautes lui répondent en commentaire.

« Je ne m’attendais pas à ça. Je voulais faire prendre conscience à une partie de mon entourage du fait que les choses sont bien plus graves que ce qu’on veut bien nous dire », explique Alex Cormann. « Il reste des gens qui n’ont rien compris. Je veux les conscientiser. Certains m’ont traité de menteur ou m’ont insulté. Il y a des gens qui sont dans un déni total de la pandémie ».

« J’avais l’impression d’être à Sarajevo ! »

S’il y a bien un point sur lequel insiste le militaire, c’est qu’il n’a pas écrit cette lettre pour qu’on parle de lui, mais bien pour adresser un message à tous ceux qui continuent d’ignorer les gestes barrières et mettent ainsi la vie d’autrui en danger. « Ce sont justement ceux qui ne ressentent rien qui sont les plus dangereux, car ils se croient invincibles et contaminent les autres ».

Mais ce qui l’a probablement le plus marqué dans son hospitalisation, c’est la détermination et le courage du personnel soignant, à qui il voulait dédier sa lettre ouverte. « J’ai vu un personnel en détresse, à bout de force. J’étais alité et j’entendais tout ce qui se passait dans le couloir, j’avais l’impression d’être à Sarajevo ! ».

Ce mercredi, cela fait 7 jours qu’Alex Cormann a quitté l’hôpital. Il ressent une fatigue extrême et éprouve des difficultés à respirer, mais il est hors de danger.

 

Par P.Tar.

 

Source Sudinfo 

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