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Cambriolé, il retrouve ses consoles volées mais devra les payer 

 

Le commerçant a en effet acheté les objets de bonne foi 

 

Cela peut surprendre mais la législation prévoit que si un objet volé est acheté de bonne foi, on ne peut le confisquer au nouveau propriétaire.
 
Michaël Joie l’a appris à ses dépens, après un cambriolage à Huy, il a retrouvé ses consoles chez Cash Converters.
Pour les récupérer rapidement (à condition que la saisie soit levée), il devra néanmoins les racheter.  

 

Lundi, en rentrant du travail vers 17 h, Michaël Joie a eu la désagréable surprise de retrouver la maison qu’il loue à Huy depuis 10 ans sans dessus dessous.
 
Des cambrioleurs s’étaient introduits par la fenêtre arrière, d’ailleurs brisée, et avaient retourné tout le bas de l’habitation, emportant du matériel multimédia principalement : télévision LG, consoles, PC, barre de son, chaîne hi-fi, ainsi qu’un coffre contenant un peu d’argent.
« Mais aussi une boîte de tabac et un casier de bières », note ironiquement le locataire de 37 ans.
Contactée, la police locale de Huy s’est rendue sur les lieux dans la soirée pour constater les faits. Michaël a porté plainte contre X.
« Le lendemain, j’ai un peu regardé avec des amis sur Marketplace et sur les réseaux sociaux pour voir si je ne retrouvais pas mes objets en vente, mais ça n’a rien donné.
Ma compagne m’a envoyé chercher quelques affaires chez Cash Converters à Huy et là, j’ai reconnu mon fond d’écran sur une console exposée, il y avait même mon nom dessus. Il y avait ma deuxième Playstation aussi », raconte le plombier-chauffagiste. La télévision avait, elle, déjà été vendue.
 
Retrouver une partie de ses objets personnels, une bonne nouvelle pour Michaël mais qui ne signifie toutefois pas que ceux-ci lui soient restitués sur le champ.
 
« J’ai été étonné d’apprendre qu’on n’allait pas me les rendre gratuitement. Ils sont saisis, Cash Converters ne peut plus les vendre, mais si je veux les récupérer immédiatement, je devrai payer le prix versé par Cash Converters (moyennant l’accord du Parquet NDLR).
 
C’est probablement ce que je vais faire, même si je trouve ça fort... La loi n’est pas de mon côté », estime-t-il, incrédule.
 
Cash Converters exigeant la carte d’identité de tous les vendeurs, ceux qui ont apporté les consoles et la télévision de Michaël ont été identifiés.
« Quand les voleurs seront connus, je porterai plainte contre eux pour espérer un dédommagement.
Mais je ne m’attends pas à un miracle, peut-être sont-ils insolvables. Mais en tout cas, j’irai jusqu’au bout de la procédure », assure-t-il.
 

« Le principe : ne pas multiplier les victimes »  

De l’aveu même du commissaire de police Bernard Degrange, faire comprendre la logique de la loi aux victimes de vol n’est pas chose aisée.
« Il s’agit de la notion d’achat de bonne foi.
 
Si vous achetez un objet sans savoir qu’il est volé, de bonne foi (évaluée en fonction de la valeur du bien et de son prix de vente, et des vérifications d’usage pour un acheteur professionnel), vous n’êtes pas coupable de recel : la loi prévoit qu’on ne vous le reprenne pas s’il s’avère que l’objet a été volé.
 
Pourquoi ?
 
Pour ne pas multiplier les victimes », explique-t-il. « Il se peut, imaginons, que ceux qui ont déposé les objets chez Cash Converters ne soient pas les voleurs, mais des gens qui ont acheté les biens de bonne foi, cela ferait trois victimes en cascade. Vous voyez le principe. Une enquête est en cours pour démêler tout ça. »
 
Par contre, l’objet est saisi, c’est-à-dire que le dernier acquéreur ne peut plus s’en défaire. Par exemple, le magasin de seconde main ne peut plus le mettre en rayon.
 
Si l’affaire va en justice, c’est le tribunal qui se prononcera sur la destination finale de l’objet.
 
Mais la victime initiale devra racheter ses objets ?
 
« Si le Parquet est d’accord de lever la saisie des objets, elle peut racheter ses objets en trouvant un accord avec le nouvel acquéreur si elle souhaite les récupérer rapidement.
 
Sinon, elle laisse faire l’enquête, l’objet ne pouvant être vendu, et la justice se prononcera vis-à-vis du ou des voleurs au terme de la procédure, mais cela peut prendre du temps... »
 

« Au moins l’objet est retrouvé »  

Chez Cash Converters, la carte d’identité est demandée, les transactions sont également filmées.
 
« Nous achetons de bonne foi. Si les objets sont volés, il est facile de retrouver les personnes qui nous les ont vendus, ce qui permet à la victime de porter plainte contre eux alors que dans la rue, aucune chance de remonter le fil... Idem pour les objets en eux-mêmes, au moins ils sont retrouvés », commente Jonathan Desmet, gérant du Cash Converters de Huy.
 
Les consoles de Michaël, saisies, ont été mises de côté.
 
« Il a la possibilité de les racheter au prix coûtant (sans bénéfice) et de se retourner contre les voleurs. Je ne peux pas lui revendre moins cher car alors j’y perds aussi. »
 
 
Article de AG 
 
 
 

 

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