Des enfants discriminés par leurs camarades au retour de quarantaine

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La députée Rachel Sobry met en lumière la problématique  et demande une meilleure communication 

Les enfants seraient-ils discriminés par leurs camarades à leur retour de quarantaine ?
 
La députée Rachel Sobry a été interpellée par des parents et professeurs à ce sujet.
 
Pour le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez, il y a un problème de communication.  
 
Les enfants aussi sont confrontés à la quarantaine.
 
Cela arrive lorsqu’une contamination est observée dans leur classe.
 
Mais aussi lorsqu’un de leurs parents est testé positif ou qu’il y a un cas détecté dans leur équipe de football par exemple.
 
Dans le premier cas, tous les élèves de la classe sont logés à la même enseigne.
 
Tandis que dans les autres situations, seul l’élève impliqué est impacté.
 
Conséquence, il est le seul à devoir s’absenter et son retour peut être vécu difficilement.
 
« On commence à observer une espèce de discrimination à l’égard des enfants qui ont été mis en quarantaine en marge du reste de la classe », interpelle la députée francophone Rachel Sobry.
 
Contactée par des parents et des enseignants, elle a porté la problématique à l’attention de la ministre de l’Éducation, Caroline Désir.
 
« Un maman m’a expliqué que son petit garçon était en pleurs parce que les autres enfants lui avaient dit, à son retour de quarantaine, qu’ils ne l’inviteraient pas à leur anniversaire », rapporte-t-elle.
 
 
« Je pense qu’il faut être attentif parce que l’école doit rester un lieu de vivre-ensemble. »
 
De son côté, la ministre n’a pas eu vent de pareilles situations, ce qui ne veut pas dire que la problématique n’existe pas.
 
« On va continuer à communiquer sur la gestion des cas en nous montrant rassurants sur les retours à l’école et sur le fait que une fois la quarantaine achevée, il n’y a évidemment plus de risque pour la collectivité », précise-t-elle.
 
S’il ne nie pas non plus le problème, le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez se montre toutefois rassurant. « Je ne pense pas que ce sera un problème généralisé.
 
Et quand il se présente, il ne devrait pas durer longtemps.
 
À moins que l’élève ciblé n’ait déjà été victime de harcèlement. »
 
Selon lui, ce type de comportement qui consiste à mettre de côté un élève après une quarantaine concerne principalement les plus jeunes, « je dirais avant la 5 e primaire ».
 
L’angoisse monte
 
Le pédopsychiatre explique cela par la peur couplée à une mauvaise information des plus jeunes.
 
Sans compter que les enfants ont aussi tendance à répéter ce qu’ils entendent à la maison... « Je pense que, derrière cela, il y a la montée d’angoisse généralisée depuis une quinzaine de jours », explique-t-il.
 
« On est face à de jeunes enfants qui ont peur et qui ne sont pas bien informés.
 
Ils assimilent cette maladie à quelque chose d’encore plus grave et, pour se défendre, ils mettent de la distance. »
 
 
Jean-Yves Hayez estime que les enfants n’ont pas été assez pris en compte dans les messages des autorités.
« Dans la dernière communication du gouvernement, le mot enfant n’a pas été cité une seule fois.
 
La seule référence a été de dire que l’on devait garder les écoles ouvertes. Ils oublient que, parmi leurs auditeurs, il y a des enfants. »
 
Le conseil qu’il donnerait aux adultes dont les enseignants, c’est de parler de la situation sanitaire avec les enfants.
 
« Il faut en parler, une demi-heure, et puis ne plus en parler.
 
L’adulte ne doit pas non plus se sentir comme le grand prêtre de l’information mais voir quelles sont les questions des enfants. »
 

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