L’info constructive, Une semaine pour approcher l’info autrement, Amputée des deux jambes, la jeune Amaytoise de 25 ans rêve d’un raid d’une semaine

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Une semaine pour approcher l’info autrement 


Initiée par NEW6S, la Semaine de l’Info Constructive est un événement annuel qui mobilise les rédactions francophones belges autour d’une thématique commune. L’objectif est de sortir de la morosité parfois importante de l’information et de jeter un regard sur des nouvelles positives.
L’an dernier, la Semaine de l’Info Constructive avait eu pour thème « Comment faire de la Belgique le pays où il fait le mieux vivre ? »
2020 s’orchestre sur le thème des mutations. Notre journal présentera celles-ci à travers des expériences humaines fortes, vécues par des concitoyens et partagées par eux avec tous nos lecteurs.

Emeline se prépare à un périple à cheval de 200 km ! 

Amputée des deux jambes,  la jeune Amaytoise de 25 ans rêve  d’un raid d’une semaine dans le désert de Jordanie

 

Victime d’un grave accident de la route, Emeline porte aujourd’hui des prothèses. Ne la plaignez pas, ce n’est pas le genre de la maison. La jeune fille est tout sourire quand elle parle d’elle.
Et surtout de son avenir.  
Elle a les yeux qui pétillent et la voix qui chante.
 
Aucune plainte, elle est passée à autre chose.
 
Le 24 février, Emeline était gravement blessée dans un accident de voiture.
 
Éjectée du véhicule, la jeune femme a été amputée des deux jambes, au-dessus des genoux .
 
Tout de suite, elle a décidé de se battre, de se dire que sa vie n’était pas finie, loin de là, qu’elle avait plein de projets. Le jour de l’accident, elle était passagère de la voiture de son petit ami, William.
« Et vous savez-quoi ?
Il est resté ! Oui, c’est toujours mon amoureux et il me soutient », sourit-elle.
 
Avant l’accident, elle vivait à Amay, chez sa maman.
Une belle propriété où elle s’occupait avec amour de ses deux poneys, Dalton et Prime Rose.
« Aujourd’hui, je peux compter sur ma maman et ma sœur pour en prendre soin au quotidien même si je vais les voir souvent.
Pour des questions pratiques, notamment à cause des escaliers, j’ai quitté la maison de maman pour m’installer à Huy, dans une maison davantage adaptée à mes besoins », nous dit-elle.
Côté boulot, l’accident a également bouleversé sa vie. Elle était aide-soignante dans une maison de retraite à Amay.
 
« J’adorais ce job mais il a fallu se rendre à l’évidence, c’était impossible de continuer.
Avec des prothèses, je ne pouvais plus m’occuper des patients.
J’aurais mis leur vie en danger et la mienne aussi. »
Alors, depuis le mois de septembre, Emeline a repris des études d’assistante de direction, comme bachelier durant 3 ans. « J’espère ensuite travailler dans le milieu médical », nous dit-elle.
 
Le cheval, son ami
 
Un incroyable optimisme et l’envie de toujours dépasser ses limites, c’est tout Emeline.
 
« Ma devise est toujours la même depuis l’accident : on ne peut pas rester dans la haine.
Ça demande beaucoup d’émotion, la haine et le passé.
Moi, j’ai décidé d’utiliser mon énergie à autre chose », nous dit-elle encore.
 
Alors elle vit de projets : son amoureux, ses études, sa famille et ses poneys.
Et là, elle prépare un gros projet : partir une semaine en Jordanie pour un périple de 6 jours à cheval… soit 200 km.
« Oui, c’est mon prochain rêve.
Je ne dis pas que c’est simple et que je vais y arriver mais c’est un sacré défi.
Je cherche d’ailleurs des sponsors car c’est une sortie qui coûte cher.
On parle plusieurs milliers d’euros ! »
 
Emeline est ainsi actuellement en contact avec une télévision pour un reportage qui lui serait dédié.
Il s’agit d’un raid, dans le désert, dans les traditions bédouines. Une escapade formidable mais pas de tout repos.
Elle est motivée comme jamais et nous redit : « Je n’ai plus mes jambes mais j’ai encore d’innombrables possibilités pour l’avenir et ça en vaut la peine ».
 
Une belle leçon de courage. Qui donne juste envie de serrer Emeline dans les bras en lui disant que sûr, cette épreuve, elle va encore la réussir !
On lui a d’ailleurs promis, bien sûr, qu’on parlera d’elle et de son trip complètement fou en Jordanie.
 
Article de et par MURIEL SPARMONT
 

 Septembre 2018 Début de la carrière professionnelle d’Emeline, elle est engagée comme aide-médicale à la maison de retraite l’Esterel à Amay.


 24 février 2019 Elle est victime d’un grave accident de la route.
Le verdict est terrible, la jeune fille de 23 ans est amputée des deux jambes, au-dessus des genoux

 11 mars 2019 Elle commence une longue rééducation dans un centre spécialisé, elle porte des prothèses


 11 août 2019 Elle participe à la 13e édition du triathlon de la Gileppe Trophy Orbea, un parcours handisport


 Septembre 2020 Emeline reprend des études à Huy, comme assistante de direction, des études qui vont durer 3 ans

 Mars 2021 Elle va participer aux « Galops de Jordanie », entendez, 6 jours à cheval et 200 km à parcourir.

 

« Je n’ai jamais rencontré la personne qui a provoqué l’accident »

 

« Je ne me souviens pas de l’accident.

Quand je me suis réveillée, je n’ai pas réalisé que j’étais amputée des deux jambes.

On m’a fait comprendre que je venais de survivre à un grave accident et je ne pensais qu’à une chose, la
chance que j’avais d’être encore en vie », avait expliqué Emeline depuis sa chambre au Centre neurologique et de réadaptation fonctionnelle de Fraiture où elle a résidé plusieurs mois.


Ce soir-là, elle est passagère.

Son ami William est au volant, chaussée de Tongres à Amay quand leur véhicule est violemment percuté
par la droite, le côté d’Emeline.


« Non, je n’ai jamais su qui avait provoqué l’accident.

On a parlé d’une jeune fille de 18 ans à bord de l’autre voiture.

Qu’importe, je n’ai aucune rancœur.

Et non, elle n’a jamais pris de mes nouvelles mais je ne lui en veux pas. »

Aujourd’hui, Emeline n’a encore rien touché des assurances.

« Je ne dis pas que ma vie est simple, je vis encore des difficultés au quotidien mais je veux aller de l’avant. »
Emeline conduit une voiture adaptée, est autonome dans son habitation, a repris des études, est très bien entourée.

« Si mon état d’esprit est si positif, c’est en grande partie à ma famille que je le dois.

Je reçois également de nombreux messages de soutien de mon entourage ou de personnes que je ne connais pas et ça me fait un bien fou ! » -


Article de M.SP

Source Sudinfo 

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