Stéphanie Nollomont l'annonce Si rien ne change, ma crèche devra fermer ses portes

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En vigueur depuis janvier 2020, la réforme MILAC fait couler beaucoup d’encre dans les milieux de la petite enfance. En effet, elle prévoit une réduction de types des milieux d’accueil (accueillants indépendants, accueillants salariés et crèches) ainsi qu’une redéfinition des normes d’encadrement et de subsides. Sa mise en œuvre devrait s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2025.

Cette source de tensions dans le secteur inquiète de nombreuses directrices de crèches, dont Stéphanie Nollomont, directrice des «Rase Moquette» à Amay.

Ouverte depuis 2012, la directrice sait qu’elle n’aura pas d’autres issues que de fermer son asbl.

 

«D’ici 2022, je ne rentrerai plus dans mes frais si je dois respecter les conditions que prévoit la réforme.

Pour être désormais à la tête d’une crèche, il faudra désormais être titulaire d’un diplôme de bachelier en psychologie, en sciences sociales ou soins infirmiers et avoir un statut de salarié(e)

Cela veut dire que si je veux avoir accès à certains niveaux de subventionnement, je dois entamer des études.

Le tout, en travaillant 55 heures par semaine. Alors que j’ai déjà un diplôme de l’IFAPME en tant que directrice de maisons d’enfants.

Je n’accepterai jamais ce qu’ils sont en train de me demander.

C’est très difficile à digérer. L’inévitable sera de fermer les portes», déclare l’Amaytoise.

Au sein de son asbl, Stéphanie Nollomont s’occupe d’onze enfants, à temps plein avec l’aide d’une puéricultrice.

Et elle est déjà complète jusqu’en 2022.

Plus que jamais, cette directrice dénonce le manque de place au sein des milieux de l’enfance.

«Ils veulent fermer des milieux d’accueil alors que le réseau est saturé.

J’ai déjà dû refuser douze parents en une journée.

J’ai de nombreuses collègues qui commencent à annoncer maintenant leur intention d’arrêter.

Elles n’ont plus la force de continuer dans cette situation. Si 2025 paraît loin dans le temps pour certains, pour nous, cela se rapproche vraiment».

 

«On ne nous écoute pas!»

Suite à l’introduction de la réforme MILAC (MILieux d’ACcueil) portant sur le régime d’autorisation et de subventionnement des milieux d’accueil de la petite enfance, Stéphanie Nollomont et d’autres directrices ont créé la FeMAPE, la Fédération des Milieux d’Accueil de la Petite Enfance.

 

Au côté du SNI, Syndicat Neutre pour Indépendants, la FeMAPE a introduit un recours au Conseil d’Etat contre cette réforme.

«En réponse, ils ont ressorti un arrêté correctif qui corrige deux ou trois choses mais on sent bien qu’ils nous écoutent, au mieux, mais ne nous entendent pas. Cela fait quinze ans que je travaille dans la petite enfance, et on est rabaissés.

On nous ramène à rien. Au début, ils nous appelaient même « les crèches de niveau zéro », en référence maladroite à notre niveau de subventionnement», regrette Stéphanie Nollomont.

Article et rédaction Par Amélie Dubois

 

Source Sudinfo 

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