Un infirmier en soins intensifs tire la sonnette d’alarme, il est temps d’arrêter de dire que les hôpitaux sont vides

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«Le risque de saturation est inquiétant»: un infirmier en soins intensifs tire la sonnette d’alarme

Pour Arnaud Bruyneel, vice-président de l’Association francophone des Infirmiers de Soins Intensifs, il est temps d’arrêter de dire que les hôpitaux sont vides.

Le risque de saturation des services de Soins intensifs est bel et bien réel.

Ce mercredi 30 septembre, les chiffres belges annonçaient une moyenne de 1.550 cas sur 7 jours, soit 9 % de plus que lors de la semaine précédente. Pour ce qui est des hospitalisations, on compte une moyenne de 66,7 personnes, contre 52,1 sur les 7 jours précédents, soit 28 % de hausse.

Les lits se remplissent donc de plus en plus, semaine après semaine. Dans les cliniques et hôpitaux, cela commence à inquiéter sérieusement le personnel de première ligne.

C’est ce qu’a expliqué Arnaud Bruyneel, vice-président de l’Association francophone des Infirmiers de Soins Intensifs à 7sur7.

 

Selon lui le risque de trop-plein est plutôt inquiétant.

« La situation n’est pas du tout identique à celle de mars – avril.

On tourne à plein régime depuis un bon moment pour rattraper le temps perdu […].

Si on vient ajouter à cela une louche de patients Covid, cela va être compliqué à gérer, notamment au niveau des soins intensifs où l’on risque la saturation.

On redoute vraiment la gestion du double flux, entre les patients « classiques » et ceux du Covid-19.

Il faut éviter de reproduire ce qu’on a fait en mars et avril, c’est-à-dire stopper toute l’activité hospitalière. »

 

Il pointe également du doigt un manque d’effectif dans les établissements hospitaliers.

« On constate actuellement un taux d’absentéisme majeur. On est un peu sur les genoux.

On a le sentiment de ne pas voir le bout du tunnel.

[…] Les infirmiers sont vraiment à bout et on va arriver en décembre avec de nombreux congés à récupérer. Durant la première vague, on a fait beaucoup d’heures supplémentaires.

Mais actuellement, la démotivation est plus marquée et certains ne seront plus disposés à reproduire ces efforts, sacrifices. »

Mais Arnaud Bruyneel reste optimiste sur certains points.

« On a l’impression de mieux gérer la pathologie et la prise en charge.

On espère devoir accueillir moins de patients en soins intensifs et enregistrer des hospitalisations moins longues. Je ne pense pas qu’on connaîtra une situation identique à la première vague, les gestes barrières ont depuis lors été adoptés et les personnes à risque sont mieux isolées qu’à l’époque. »

 

Source Sudinfo 

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