Les habitants de nombreuses communes de l’arrondissement de Huy-Waremme ont dénoncé cet été une grosse augmentation des nuisances sonores dues à l’aéroport, Voici pourquoi

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Voici pourquoi les avions ont fait plus de bruit  

La tour de contrôle de Liege Airport nous a donné ses trois explications à partir de ses opérations 

Donceel, Crisnée, Fexhe, Engis, Nandrin, Rocourt et bien d’autres encore.

Les habitants de nombreuses communes de l’arrondissement de Huy-Waremme ont dénoncé cet été une grosse augmentation des nuisances sonores dues à l’aéroport.

Pourtant, le nombre de mouvements (atterrissages plus décollages) à Liege Airport a diminué de 5,25 % si on compare les huit premiers mois de 2019 (28.842 mouvements) aux mêmes de 2020 (27.327).

Une diminution surtout due il est vrai à l’interdiction des vols de loisirs et d’entraînements entre mars et mai 2020, suite à la crise du covid.

 

« Allô, la tour ? »

 

Alors, comment expliquer cette impression ? C’est la question que nous avons posée à ceux qui gèrent 24 heures sur 24 ces mouvements d’avions au sommet de la tour de contrôle.

À 40 mètres de hauteur, sur le point culminant de la région liégeoise, la vue est splendide. À 360 degrés, Étienne Marchal peut voir tout ce qui arrive dans sa zone de contrôle. « Ici, on prend en charge tous les avions qui partent ou arrivent à Liège, ou qui transitent par notre espace aérien, explique-t-il. On les guide à l’atterrissage, au décollage, ainsi que dans leurs déplacements jusqu’aux zones de parking. 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. »

Liege Airport dispose de deux pistes : une longue (3690m) et une plus courte (2340m). Lui et les 23 autres contrôleurs aériens liégeois n’ont pas le choix des couloirs aériens qu’empruntent les avions dans les airs, « les critères sont prédéterminés par la Direction Générale du Transport Aérien (DGTA), reprend Etienne Marchal, et les pilotes en dévient extrêmement rarement. »

Par contre, ils décident de l’utilisation des pistes, en fonction du critère n°1 qui est la météo. « La règle générale est qu’un avion décolle et atterrit toujours face au vent. C’est une question de sécurité et de portance de l’air. »

Vu que les vents dominants dans la vallée de la Meuse viennent du sud-ouest, c’est donc les deux pistes vers le sud-est qui sont les plus utilisées. Et la plus longue en premier lieu vu que l’aéroport n’est pas surchargé.

Les trois raisons

1. Le vent : « Et il est vrai qu’en 2020, il y a eu plus souvent des inversions du sens du vent qui a obligé les avions à emprunter les pistes vers le nord-est, et donc vers une zone plus densément habitée. »

32,3 % du temps de janvier à août 2020 (59,8 % en avril et un record de 65,3 % en mai) contre 24 % en 2019.

2. La chaleur  : Mais ce n’est pas tout ! « Par temps de fortes chaleurs, l’air est moins porteur, ajoute son collègue Fabien Frère. Et l’avion aura besoin de plus de longueur de pistes et de plus de temps pour monter. » Du coup, le bruit est le même mais il dure plus longtemps avant que l’avion n’arrive à 5000 pieds, seuil à partir duquel le bruit n’a plus d’impact au sol.

3. Enfin, la taille des avions qui viennent à Liège. Durant la période covid, les petits avions de loisirs étaient interdits. Par contre, Liège Airport a tourné à plein régime pour alimenter l’Europe en médicaments et en produits issus du commerce électronique. Avec des avions plus gros et aussi plus chargés. « Vu qu’ils sont plus gros, reprend Etienne Marchal, Les gens les voient mieux et ont l’impression qu’ils volent plus bas. Mais ce n’est qu’une impression. »

Deux raisons objectives, et la dernière plus subjective, peuvent donc expliquer le ressenti des habitants. Mais elles sont liées à des circonstances particulières : la météo et la crise sanitaire.

 

Article par Par Luc Gochel

 

 

Source Sudinfo Clic ici 

 

 
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