Ce type d’attitude est choquant et c’est un manque de respect pour les familles des malades et des personnes décédées

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Choquée par les attitudes sur les réseaux sociaux


D’un naturel optimiste, elle s’inquiète des messages véhiculés sur les réseaux sociaux : « Énormément de gens ne veulent plus savoir.
 
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes remettent tout en doute… même l’existence de cette crise. Je trouve cela assez choquant. »
 
Ses souvenirs ne peuvent s’effacer : « Le Covid a existé et nous l’avons vécu sur le terrain.
 
Ce type d’attitude est choquant et c’est un manque de respect pour les familles des malades et des personnes décédées…
 
C’est un peu paradoxal d’avoir applaudi les soignants pendant la crise en mars et de remettre tout en doute aujourd’hui. J’ai du mal à comprendre ce revirement. »
 
Pour elle, « le baromètre avec les codes couleur (lorsqu’il sera lancé), ce sera le code de la route. Le public y adhérera peut-être mieux.
 
Il n’aura pas l’impression que tel ou tel lobby a provoqué telle ou telle décision, là il y aurait un plan clair pour les mois qui viennent. »
 
 
Au quotidien, elle va, de son côté, poursuivre son travail auprès des patients atteints du VIH : « Ce sont des patients que l’on voit très régulièrement.
 
Il y a des liens forts avec certains qui se dévoilent au fur et à mesure des consultations.
 
Un très chouette rapport de confiance, et vraiment très enrichissant. »
 
Article de V.LI.
 
 
 

Leïla Belkhir :   « Il y a une fracture dans la population »

« Il faut une vision de ce qui va être acceptable ou non »

Bruxelles.
 
Cliniques universitaires Saint-Luc.
 
Premier étage.
 
Dans un bureau éclairé où trônent de très nombreuses photos de ses trois filles, Leïla Belkhir, masquée, nous reçoit. Cheveux bouclés, détendue et directe, elle poursuit son travail d’infectiologue au quotidien.
 
 
Que pensez-vous du dernier CNS ?
 
« Il faut mettre en place des mesures compréhensibles.
 
Le masque pour tout le monde tout le temps, j’avais un problème intellectuellement avec cette mesure. Lorsque je partais à 6h du matin travailler en étant toute seule dans la rue, il n’y avait pas de raison que je porte un masque. Cette mesure-là et la bulle de 5 nous ont fait perdre l’adhésion de la population. »
 
Rassurée par les mesures ?
 
« Quand j’écoute le rapport du CNS, je m’inquiète quand même. En effet, il était important de ramener la cohérence et l’adhésion de la population.
 
Il manque toutefois un signal : « Attention, cela continue à augmenter en termes d’hospitalisations, donc les semaines à venir dépendent vraiment de la responsabilisation individuelle, mais aussi et surtout collective. »
 
Qu’attendez-vous comme mesure ?
 
« Ce qui manque maintenant, c’est une vision : ce que l’on peut accepter, ce que l’on va accepter pour la suite de cette pandémie : X nombre d’hospitalisations, voire X nombre de décès, comme on les accepte dans d’autres maladies comme la grippe ou les maladies infectieuses.
 
Il faut dire « voilà ce que l’on peut tolérer… et voilà la sonnette d’alarme ! », suivant le nombre de lits hospitaliers ou de lits de soins intensifs. Et là, on doit resserrer la vis. »
 
Cela permettrait de restaurer la confiance ?
 
« Ce qui est vraiment dommage maintenant, c’est qu’il y a une fracture dans la population. Les gens remettent en doute la parole des experts. »
 
Cela vous déçoit ?
 
« Ce qui me désole, c’est qu’on a perdu un peu de la solidarité dans la population.
 
Pendant la première vague, on était porté par la solidarité des citoyens. »
 
Ils n’adhèrent plus parce que les messages divergent.
 
« Je pense qu’on doit encore apprendre beaucoup de choses et que personne ne détient la vérité sur ce qu’il faut faire… ni sur la façon dont nous allons devoir gérer les semaines qui viennent.
 
Le virus est toujours là et l’évolution de la pandémie ne va dépendre que de la manière dont la population va se comporter. »
 
 
Article de VINCENT LIÉVIN
 

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