Les frelons asiatiques progressent, les premiers nids ont été repérés et neutralisés cet été !!!

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Les frelons asiatiques progressent dans notre pays

L’équipe de Michel De Proft, directeur scientifique du Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W), est en ébullition. Elle est en effet chargée par la Région wallonne de détruire gratuitement les nids de frelons asiatiques, d’étudier les meilleures techniques pour y arriver et de former pompiers et autres à la destruction.

 

 

Aujourd’hui, c’est la période cruciale parce que les fondatrices (l’appellation des reines chez les frelons asiatiques) vont pondre des centaines de fondatrices qui, si elles passent l’hiver, fonderont à leur tour chacune un nid l’année prochaine. La multiplication de cette espèce invasive est dès lors exponentielle.

« Le frelon asiatique a été repéré pour la première fois en Europe 2004 », explique François Colard, expert au SPW. « Il est sans doute arrivé en France, près de Bordeaux, en transitant dans une poterie venue de Chine. Il s’est répandu en France, puis est arrivé en Belgique. » Il est très présent dans le Hainaut, le Brabant, il est à Bruxelles et dans le Namurois. Il est aussi aux portes de Liège et en province de Luxembourg depuis cette année.

« Le frelon asiatique est difficile à repérer », explique Michel De Proft. « Il nidifie généralement au sommet des plus grands arbres. » Malgré la taille impressionnante de son nid à cette époque de l’année (jusqu’à un mètre de haut et 50 cm de large), celui-ci passe souvent inaperçu au milieu des feuillages. Et comme le frelon ne cherche pas le contact avec l’homme, c’est le hasard qui permettra souvent sa découverte », explique Michel De Proft.

Pour signaler un nid : invasives@spw.wallonie.be. Pour la destruction gratuite des nids : m.deproft@cra.wallonie.be

Découvrez la carte interactive des nids de frelons en régions wallonne et bruxelloise sur http://observatoire.biodiversite.wallonie.be/enquetes/frelon/

 

Comment le reconnaître?

Le frelon asiatique a l’aspect d’une grande guêpe très foncée. D’une taille de 3 cm, il est un peu plus petit que le frelon européen (3,5 cm). L’extrémité de son corps est ornée d’une large bande jaune ou orange. Ses pattes sont noires près de l’abdomen et jaunes aux extrémités.

Destruction d’un nid à Namur

La semaine dernière, Michel De Proft a détruit un nid au sommet d’un platane, à 17 mètres de hauteur, dans le jardin de Francis Hologne, situé à Saint-Servais, à deux pas de la gare de Namur. Le nid avait été repéré par l’occupant d’un appartement situé au 8e étage d’un immeuble voisin. Après s’être équipé d’une combinaison bien épaisse (l’intervention n’est pas sans danger), Michel De Proft a déployé une tige télescopique en carbone, capable de monter à 27 mètres. Au bout de celle-ci, une grande aiguille capable de percer le nid et reliée à une bombonne de gaz, capable de propulser au sommet le produit qui détruira la colonie par l’intérieur en quelques secondes. Chaque frelon qui rentrera au nid ne survivra pas. Le nid, devenu inutilisable, restera le plus souvent en place.

 

« Clochers, grues, échafaudages : parfois, les frelons s’établissent dans des endroits insolites », explique Michel De Proft. « La semaine dernière, nous en avons détruit un à Jumet, construit dans la niche d’un chien. Le frelon asiatique n’est pas agressif vis-à-vis de l’homme mais je n’ose imagine ce qu’il se serait passé si le ballon d’un enfant avait heurté le nid. »

Déjà victimes des pulvérisations, les abeilles sont l’une des cibles favorites des frelons asiatiques. Les ruches peuvent être rapidement décimées par une colonie de frelons. « Leur agilité au combat est fantastique », note Michel De Proft. « Si l’abeille sort de la ruche, elle n’a aucune chance de s’en tirer ». « Elle n’aura pas le temps de prendre de la vitesse », ajoute François Colard. « Le frelon va lui tomber dessus et la tuer. Il va ensuite la découper méticuleusement : lui couper la tête et les pattes et ne garder que l’abdomen, partie la plus nutritive, qu’il va emporter pour nourrir ses larves. » Ce sont donc souvent les apiculteurs qui repèrent les frelons asiatiques alors qu’ils volent à proximité de leurs ruches. Comment protéger celles-ci ? « Il faut les couvrir d’un filet métallique serré pour empêcher le frelon d’y accéder tout en permettant à l’abeille de prendre son envol. »

« En Chine, les abeilles locales foncent à quelques dizaines quand un frelon les menacent, elles l’immobilisent et le tuent », explique Michel De Proft. Nos abeilles sont désarmées face à cette nouvelle espèce mais elles devront cohabiter avec lui parce qu’on ne parviendra pas à éradiquer le frelon asiatique. On constate déjà aujourd’hui, dans certaines colonies d’abeilles de chez nous, de premiers réflexes de défense qui pourraient amener nos abeilles à s’en tirer à l’avenir. »

« La pression sur notre apiculture est le principal danger de la présence du frelon asiatique », précise François Colard. « Il détruit les colonies d’abeilles ou les stresse à un point tel qu’elles n’osent plus sortir de la ruche : elles ne butinent plus et n’ont aucune chance de passer l’hiver. »

Une espèce invasive à combattre

Le frelon asiatique a été classé parmi les 66 espèces exotiques invasives en Europe dont les Etats doivent se débarrasser, comme la célèbre berce du Caucase qui prolifère au bord de nos rivières, le rat musqué ou la balsamine de l’Himalaya. « Une colonie démarre avec une seule abeille, appelée la fondatrice », explique Michel De Proft. « Elle va créer seule un micro nid au printemps dans une cabane de jardin ou sous un toit, puis l’agrandir peu à peu pour y pondre des ouvrières. Quand elles seront assez nombreuses, celles-ci vont créer un nid secondaire, généralement au sommet d’un arbre. Un nid peut compter 1.000 ouvrières. Fin septembre, début octobre, la fondatrice va pondre des centaines de fondatrices et les faire grandir. Une fois fécondées, celles-ci vont quitter le nid et se cacher pour passer l’hiver. Beaucoup, mal cachées ou exposées au froid, vont mourir. Dès février, les survivantes deviendront concurrentes. Celles qui survivront à tous ces dangers fonderont autant de colonies l’année suivante. » D’où la prolifération rapide de l’espèce et la nécessité de détruire un maximum de nids. « Il est difficile de détecter les nids primaires et secondaires », explique le directeur scientifique du CRA-W. « Les destructions en septembre et en octobre, au moment où la production de fondatrices se prépare, sont capitales. Si l’on parvient à détruire 90 % des nids, on ralentira sérieusement la prolifération de l’espèce. » Le CRA-W a déjà 150 destructions à son actif depuis 2016 mais l’évolution confirme l’étendue du problème : une destruction en 2017, 16 en 2018, 60 en 2019 et déjà 50 en 2020 alors que la saison ne fait que commencer.

Sans grand danger pour l’homme

Le frelon asiatique ne s’attaque pas à l’homme, sauf si l’on s’approche trop de son nid. S’il préfère la cime des arbres, parfois, une colonie s’installera discrètement dans une haie, ce qui représentera un risque pour celui qui la taillera. « Le frelon asiatique n’est pas plus dangereux qu’une guêpe ou qu’un frelon européen », explique Michel Colard. Il injecte nettement moins de venin qu’une abeille mais sa piqûre fera simplement plus mal parce que son dard est plus long. Ici aussi, il conviendra de retirer le dard et de désinfecter la zone de piqûre. Attention, une frange de la population est allergique : en cas d’urticaire, de vertiges, de difficultés respiratoires ou de vomissements, en cas de piqûre dans la bouche ou de piqûres multiples, l’intervention du médecin ou un passage à l’hôpital s’imposeront. Centre antipoison 070.245.245.

 

 

Article et rédaction Par Michel Royer

 

Source Sudinfo 

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