Le coup de gueule d’un directeur liégeois: «Toutes les écoles vont bientôt fermer!»

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« Les écoles sont dans la mouise totale », lance sous forme de coup de gueule Benoît Chandelle. L’homme est aussi directeur de l’école Saint-Joseph Belleflamme de Grivegnée et a été confronté à un cas… d’école !

« Le lundi 14 septembre, à 6h30, une institutrice me téléphone car elle a été testée positive suite à un contact privé qu’elle a eu avec une gardienne ONE, positive également. Elle doit partir en classes vertes avec sa classe de sixième primaire à 8h30 et, comme le veut la procédure, je dois annoncer à tous les élèves, non seulement qu’ils ne partent pas, mais qu’ils doivent être placés en quarantaine. »

Conséquences en cascade

Et comme l’institutrice travaille régulièrement avec les deux autres classes de sixièmes, ce sont les trois classes qui sont ainsi empêchées de partir.

 

Et ce n’est pas fini : « j’ai dû demander aux autres instituteurs qui ont des contacts rapprochés avec l’enseignante positive de se mettre de côté et d’aller individuellement se faire tester. »

Ils le font une première fois et aucun n’est positif. Ils le font une seconde fois après cinq jours, comme le prévoit la loi, et trois d’entre eux le sont… Avec toutes les conséquences pour tous leurs élèves.

 

 

Résultat des courses, c’est quasi la moitié de cette école de 500 élèves qui a été à l’arrêt. « Si on met à chaque fois tout le monde en arrêt de travail 15 jours pour suspicion de covid, c’est tout le système qui va s’arrêter. »

Et de citer encore un autre exemple : trois écoles maternelles établies sur des sites différents du côté de Bois-de-Breux ont récemment fermé leurs portes parce que la psychomotricienne qui se rendait de l’une à l’autre a été testée positive.

Si bien qu’on en arrive à des extrémités : « rien qu’hier, j’ai reçu deux témoignages de directions qui ont demandé à leur enseignant de ne pas dire que le tracing leur avait demandé de se mettre en quarantaine. Afin d’éviter que leur école ne soit déstabilisée, voire même fermée. »

Manque de prévoyance

Au nom des directions liégeoises d’écoles fondamentales du libre, Benoît Chandelle implore le monde politique d’appliquer des règles plus simples et moins contraignantes, sinon tout le système va s’effondrer.

Et de dénoncer pêle-mêle la règle des masques : « les enseignants doivent le garder quand ils parlent à toute la classe mais pas quand ils ne parlent qu’à un seul élève. Alors que le contact est plus rapproché. »

Du nombre d’intervenants à contacter : « La médecine du travail, la Promotion de la Santé à l’École, le ministère… »

Du postulat que les enfants de moins de 12 ans ne sont pas transmetteurs du virus, que les enseignants n’ont pas de vie en dehors de l’école, qu’ils ne se voient pas entre-eux, etc.

« Et là, il fait encore bon depuis la reprise des cours. Quand il va commencer à pleuvoir et que tous les enfants vont devoir rester à l’intérieur avec les vitres fermées… »

Benoît Chandelle plaide dès lors pour une simplification drastique des règles. Que les personnes réellement testées positives soient écartées et que toutes les autres respectent bien les gestes-barrière.

Trois classes fermées au collège Sainte-Véronique à Liège

Si les règlements sont compliqués dans l’enseignement fondamental, ils le sont aussi dans le secondaire. Avec un masque imposé en permanence.

C’est ainsi que lundi, on apprenait que, par mesure de précaution, les 900 élèves du cycle inférieur du collège Saint-Servais étaient priés de rester chez eux suite à quelques cas de covid avérés chez les professeurs. Depuis lors, la plupart ont pu reprendre les cours.

Mardi, c’est au tour de l’autre important établissement du centre de Liège, le collège Sainte-Véronique, de fermer trois classes, une de deuxième année, une autre de troisième et la dernière de rhétorique.

« Ce sont des élèves qui ont été testés positifs au covid, explique Mathias Thyssen, le directeur. Pour fermer une classe, il faut qu’il y en ait au moins deux et qu’ils aient été contaminés par la même source. Ils étaient d’ailleurs même quatre dans la classe de troisième. »

Dans ce cas-là, tous les élèves doivent être mis en quarantaine pour 14 jours. Et ils doivent passer deux tests négatifs consécutifs à un intervalle de cinq jours pour pouvoir demander leur retour à l’école. « Sur une centaine de classes, trois ce n’est pas beaucoup, reprend le directeur. Mais nul ne sait ce qui peut encore se passer. »

L.G.

 

Par Luc G

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