La sécheresse touche principalement notre région !!!

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Wallonie à sec : patates et bières trinquent  

La sécheresse touche principalement notre région 

Voilà quatre ans et demi que cela dure. La Belgique continue de voir son déficit de précipitations de creuser. Sur les 9 premiers mois de l’année, 6 étaient vraiment trop secs, dont septembre. Les producteurs de malt et de pommes de terre font grise mine car cela a un lourd impact sur la production.  

Les deux chiffres que vous découvrez inscrits en grand dans ce texte sont tirés des statistiques de l’Institut Royal Météorologique. Ils concernent la pluie qui est tombée depuis le 1 er janvier 2017 sur l’Observatoire d’Uccle.

 

On veut bien parier avec vous que le constat à Bruxelles vaut pour les deux autres régions, qu’elles soient flamande ou wallonne. Depuis quatre ans et neuf mois, notre pays connaît un grave déficit de précipitations.

 

En regardant les prévisions jusqu’à la fin du mois, treize millimètres de pluie devraient être récoltés d’ici le 30 septembre. On n’arriverait même pas à vingt millimètres pour le mois de septembre alors que, en moyenne, on pourrait espérer en avoir 68,9 mm.

 

Il suffit de regarder la carte de la sécheresse au 21 septembre, et sur les trois derniers mois, pour voir dans quel état nous sommes. Et c’est une grande partie de la Wallonie qui trinque.

 

La couleur prédominant au Sud sur cette carte est le brun foncé.

Pour rattraper le déficit que nous accumulons depuis début janvier 2017, il faudrait des années en supposant que les mois que nous connaîtrons dans le futur soient très humides.
 
Ce ne sera sans doute pas le cas et les nappes phréatiques ne risquent pas de récupérer les 530 mm perdus. Le nombre de jours de pluie en Belgique a aussi bien fondu.
 
On en a eu 96 de moins que prévu sur les 1.369 jours que nous comptabilisons entre le 01/01/2017 et le 30 /09/2020.
 
« Des pertes énormes »
 
Tout cela a un impact sur la nature et particulièrement l’agriculture.
 
Pierre Lebrun est ingénieur agronome à la Filière wallonne de la pomme de terre (Fiwap).
 
Un secteur qui a bien dégusté pendant l’époque du Covid.
 
Il a fallu trouver des solutions pour écouler les centaines de milliers de patates qui ne trouvaient pas acquéreurs, l’Horeca étant à l’arrêt.
 
Une partie est allée dans les pays de l’Est, l’autre a été donnée au bétail mais les pertes financières ont été énormes.
 
« Depuis, comme l’an dernier, nous avons de nouveau la sécheresse avec une canicule qui est arrivée plus tard que d’habitude.
 
Les rendements sont donc moyens », résume notre interlocuteur qui estime la production à l’hectare à 30 tonnes pour les uns voire, au mieux de 45 à 50 tonnes chez ceux qui ont eu la chance d’avoir un ou deux orages.
 
« Cette canicule a mis en péril les variétés plus tardives, comme la Fontaine ou la Challenger.
 
Ces noms ne vous disent probablement rien mais on les utilise pour faire les frites surgelées ».
 
Doit-on craindre une pénurie ? Non, la « chance » est que les marchés vers l’extérieur sont au plus calme.
 
Il reste donc de quoi alimenter le peuple belge. « Le problème, c’est que les prix sont au plus bas.
 
On est entre 20 et 30 € la tonne, soit quatre à six fois moins cher que la normale. Les producteurs essaient d’accumuler le plus de pommes de terre dans leurs hangars en espérant que cela remonte mais qui sait de quoi l’avenir est fait ? »
 
Nul ne le sait…
 
 
Article de PIERRE NIZET
 

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