Hamoir a son champion d’Europe

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BOXE FRANÇAISE 

Hamoir a son champion d’Europe  

Rencontre avec Mathieu Noirhomme, espoir belge de la savate 

 
Mathieu Noirhomme a 21 ans.
 
Il nous vient de Hamoir, est gradué en électro-mécanique et poursuit ses études pour devenir ingénieur industriel. Tête solide sur un corps solide : le gaillard est champion d’Europe et vice-champion du monde junior en boxe française (aussi appelée « savate »). Coup de projecteur.  
 
Dans le monde actuel des sports de combat, la boxe française est souvent tenue dans l’ombre.
 
Youtube et les réseaux sociaux pullulent en effet de vidéos de combats « MMA » et autres disciplines ultra-violentes.
 
La boxe anglaise, le karaté ou encore le taekwondo bénéficient pour leur part de leur statut de sport olympique pour se maintenir plus ou moins à flots en termes de popularité.
 
La boxe française (+/- 2500 affiliés en Belgique, dont 2000 au sud du pays) reste assez loin derrière. Ce sport « poings-pieds » a pourtant de quoi attirer. Peut-être, déjà, parce qu’il est « moins » brutal et qu’il privilégie le « Toucher, sans être touché ».
 
 
« La boxe française se divise en deux », explique Mathieu Noirhomme, une des (jeunes) locomotives belges de ce sport. « L’assaut et le combat. Dans le premier genre, les deux tireurs (combattants) ne cherchent pas le KO, les coups ne sont pas portés, contrairement au deuxième. La technique est privilégiée dans le premier, alors que la puissance l’est davantage en combat… »
 
 
Statut Adeps depuis ce premier janvier
 
Les deux podiums internationaux de Mathieu l’ont été en assaut, « branche » qu’il préfère pour la gestuelle.
 
C’est sans doute ces distinctions qui lui ont valu d’être aidé par l’Adeps depuis le début de cette année.
 
« Je bénéficie d’un contrat Rosetta à mi-temps », fait-il.
 
« C’est une chance assez extraordinaire pour moi. Je suis d’ailleurs le premier de ma discipline à en bénéficier.
 
Un salaire à mi-temps, des aides pour les entraînements, les stages, les frais médicaux… Inespéré. »
 
 
Mais il combat également. Sans avoir jamais été mis K.-O. Ni avoir subi de blessure sérieuse.
 
« Cela reste un sport correct », fait-il. « Dans mon club (+/- 80 membres s’entraînant en alternance à Barvaux et à Hamoir), et dans la plupart des autres sans doute, on déteste les gars qui débarquent chez nous pour frapper, en jouant les petits kings.
 
Après un entraînement où on voit ce qu’ils cherchent, on leur explique clairement que cela ne se fait pas. Que notre sport n’est pas une façon d’exprimer de la violence.
 
 
S’ils recommencent, ils peuvent aller chercher un autre sport… »
 
 
Lui-même, qui a commencé à 8 ou 9 ans après une blessure au football, a toujours privilégié l’esthétisme du geste. « J’aime mon sport, mais je n’ai pas envie de devenir un animal », glisse-t-il dans la conversation.
 
« J’en ai besoin pour libérer tout le paquet d’énergie que je sens en moi, mais pas question de changer complètement de personnalité une fois sur le ring. Je respecte mon sport et celui qui est en face.
 
 
On se salue avant le combat et on boit un verre après, c’est comme cela que je l’entends. Entre les deux, je me donne évidemment à fond. Mais toujours avec du respect… »
 
Un championnat d’Europe en novembre ?
 
Son actualité à venir ? Après une année « covid » où tous ses gros rendez-vous ont sauté, après des semaines passées sans voir ses collègues d’entraînement, à taper dans un sac de frappe pendu chez lui (engin qui a été utile aussi à ses deux sœurs et à sa maman, elles aussi adeptes de la savate) et à courir sur la piste d’athlétisme de Barvaux, Mathieu espère bien pouvoir se rendre en novembre en Grèce, lieu prévu pour les championnats d’Europe.
 
Histoire de regoûter à la compétition au haut niveau.
 
Histoire, aussi, de confirmer son statut de N.1 mondial au ranking junior en assaut.
 
Article de ERIC VERSCHUEREN
 
 
 

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