PC portable ou tablette pour tous les élèves de la 3 e à la 7 e secondaire !

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C’est le projet de Frédéric Daerden et Pierre-Yves Jeholet pour une vraie école numérique dès cette année 

La Fédération Wallonie-Bruxelles veut équiper tous les élèves de la 3 e à la 7 e secondaire d’un PC ou d’une tablette. Des aides sont prévues pour soulager financièrement les parents qui devraient, au maximum, dépenser 75 euros par an. Sans obligation.  

La nécessité d’avoir une école numérique est incontestablement l’une des leçons de la crise sanitaire.
 
 
« Elle permet non seulement l’apprentissage, mais aussi le contact entre l’enseignant, les élèves et les parents », résume le ministre-président francophone, Pierre-Yves Jeholet. « La crise a été révélatrice de notre retard par rapport à la numérisation des écoles. Plutôt que d’accuser le coup, il faut faire de cette crise une opportunité pour accélérer et amplifier le mouvement. »
 
 
Pour réussir ce défi, il faut bien sûr équiper et connecter les écoles, former et équiper les profs mais aussi et surtout équiper les élèves.
 
 
Dès cette année scolaire, vraisemblablement après la rentrée de janvier, la Fédération Wallonie-Bruxelles a donc l’intention d’équiper d’un PC portable ou d’une tablette – la formule doit encore être définie – tous les élèves de la 3 e secondaire à la 7 e .
 
 
Ce projet est né d’une réflexion lancée dès la fin juin par Pierre-Yves Jeholet et Frédéric Daerden, ministre en charge de l’Informatique. L’une des premières questions concernait les élèves à équiper en priorité.
 
 
Pour y répondre, ils se sont basés sur les codes couleurs mis en place pour la rentrée. Code couleurs qui, en code orange, imposent les cours à distance à partir de la 3 e secondaire. Les 260.000 élèves de la 3 e à la 7 e seront donc équipés en priorité.
 
75 euros par an
 
Et puis, il a fallu aborder la question du coût… « Cette réflexion s’est faite dans le souci de lutter contre les inégalités », précise d’emblée Frédéric Daerden.
 
 
Plusieurs cas de figure ont alors été imaginés. Soit les élèves ont déjà un outil personnel à leur disposition et ils peuvent l’utiliser en classe. Soit ils n’en ont pas et une aide pourra leur être apportée par la Fédération.
 
 
« Pour les familles les plus précarisées ou qui ont plusieurs enfants à équiper, l’objectif est de créer un fonds de solidarité », annonce-t-il.
 
Concrètement, et indépendamment de ce fonds, le gouvernement souhaite plafonner le coût pour les parents à 75 euros par an. La piste privilégiée est celle d’un leasing.
 
Les parents paient un montant annuellement et la Fédération intervient à hauteur de 75 euros répartis sur l’ensemble des années de leasing.
 
« Cela doit encore être discuté mais on pourrait imaginer qu’à la fin des études, le matériel ayant 4 ou 5 ans, les élèves puissent le garder ou le racheter », avance Pierre-Yves Jeholet.
 
 
Ces frais seraient en partie compenser par la réduction d’autres frais, comme les photocopies. Ce qui nécessitera une adaptation du décret « Gratuité » qui consacre un certain montant à ces dépenses.
 
Pour le gouvernement, le principe de gratuité ne peut par contre empêcher le nécessaire développement numérique.
 
« Nous devons garantir l’égalité et c’est pourquoi nous allons faire preuve d’une ambition budgétaire », annonce déjà le ministre Daerden.
 
« Le budget consacré à ce projet devrait être de l’ordre de 20 millions d’euros. » Un budget qui ne pourra être un one-shot puisque, chaque année, de nouveaux élèves entreront dans la boucle.
 
 
Outre les aides financières apportées aux parents, la Fédération entend aussi aider les écoles à se constituer un stock d’outils numériques.
 
« On pourrait imaginer un stock de l’ordre de 10 % du nombre d’élèves pour équiper les familles qui ne peuvent vraiment pas ou qui ne veulent pas s’engager dans la démarche », explique Frédéric Daerden.
 
Et Pierre-Yves Jeholet d’ajouter : « On ne peut pas obliger les parents mais on peut faire en sorte que ce soit incitatif. Nous ne voulons laisser personne sur le bord du chemin. »
 
 
Des expériences-pilotes ont déjà vu le jour dans quelques écoles francophones et les résultats sont, selon les ministres, concluants.
« Ils nous ont dit avoir été surpris du nombre de parents qui adhèrent au projet, y compris dans les publics plus défavorisés. »
 
L’idée est aussi que l’initiative parte des écoles ou des pouvoirs organisateurs.
 
« Il faut leur faire confiance », estime Pierre-Yves Jeholet. « Ce n’est pas en interdisant ou en imposant que l’on fait avancer les choses. »
 
Si les écoles sont à la manœuvre, certaines conditions devront malgré tout être remplies que ce soit au niveau des caractéristiques techniques, de la sécurité des logiciels ou encore de la maintenance…
 
 
Article par SABRINA BERHIN
 

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