La chaleur booste les populations des insectes et acariens

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Invasion de moustiques, guêpes, mouches, aoûtats, tiques, chenilles

Guêpes qui gâchent vos repas, mouches qui virevoltent dans votre cuisine, moustiques qui vous empêchent de dormir… Vous ne rêvez pas, ces bébêtes sont très nombreuses cet été !  

« Pour le moment, il est vrai que les insectes sont plus proches de nos domiciles : guêpes, mouches, moustiques. Ceci est dû à la situation climatique. Plus les températures sont élevées, plus les cycles sont courts. Dans le cas du moustique, on constate un cycle de trois semaines avec une température de 22 degrés. Si le thermomètre monte à 30 degrés, la durée du cycle se réduit. Et lorsqu’on sait qu’une femelle pond de 20 à 30 œufs par jour, ça devient vite exponentiel. La centaine de femelles de la première génération va devenir milliers dans les générations suivantes », nous explique Frédéric Francis, professeur à Gembloux Agro-Bio Tech. « Autre explication, comme il fait plus chaud, les fruits et plantes ont une maturation précoce. Les guêpes viennent donc se nourrir et se rapprochent. Ceci fait également qu’elles sont perçues comme étant plus présentes. »

Autres nuisibles qui se multiplient cet été : les chenilles processionnaires. « On se rend compte que leur nombre est plus important. L’augmentation de l’activité est aussi liée au climat », ajoute le responsable de l’Unité d’Entomologie. « Pour tous ces insectes, il faudra voir si la canicule va se poursuivre. Avec la sécheresse, les ressources alimentaires des chenilles vont se tarir. Les eaux stagnantes qui permettent la reproduction des moustiques vont disparaître. Par contre si les pluies arrivent, l’activité pourrait encore augmenter. Quand on alterne pluie et chaleur, c’est ce qui est le plus propice ».
Les généralistes recensent, eux, davantage de consultations suite à des contacts avec des tiques, aoûtats et punaises de lit par rapport à l’été passé. « Même si on retrouve les punaises de lit de manière récurrente, les vacanciers les ramènent aussi dans leurs valises. Une fois en Belgique, les punaises vont suivre la même évolution que les guêpes et moustiques. Le climat actuel est propice à leur développement », continue-t-il. « Les tiques, on les retrouve plus dans les zones boisées. On remarque un nombre d’attaques important. Si elles sont plus nombreuses, les besoins alimentaires sont supérieurs. En ce qui concerne les aoûtats, il n’y a pas encore de retour significatif mais ils devraient suivre les mêmes règles que les autres. »
Cela va se répéter
Un phénomène qui devrait se répéter car nos hivers ne sont plus rigoureux. « Le réchauffement climatique explique ces changements. Nos étés sont plus chauds et nos hivers sont de moins en moins froids. Il n’y a quasiment pas de gelées importantes avec des - 10 ou - 15ºC. Des températures aussi basses permettent une éradication mais ce ne fut pas le cas cette année. Ceci explique également que des espèces exotiques s’installent et pourraient s’adapter à nos régions. Cela pourrait être le cas du moustique tigre. Pour l’instant, il n’y a pas d’installation pluriannuelle car on connaît des gelées. Mais, s’il y a une augmentation de 2 à 5º C, ils pourraient survivre au froid ».
Comment se protéger de ces « bébêtes » ? « Il faut éviter de laisser de l’eau stagnante et de la nourriture près de chez soi. Un système de piège attrape-mouche avec une source sucrée qui les attire permet d’en éliminer une partie significative », conclut le P r Francis.
 
Par Alison Verlaet 
 

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