Face à la lenteur du testing en Belgique, des nombreux concitoyens n’hésitent pas à passer la frontière française

Lien permanent

Coronavirus: face à la lenteur du testing en Belgique, des nombreux concitoyens n’hésitent pas à passer la frontière française pour se faire dépister!

« Une personne sur deux qui passe ma porte pour faire un test sérologique est belge. Il y a une vraie demande des touristes belges. Certains ne viennent même que pour cela en France. Parfois, ils n’osent pas m’avouer leur nationalité car ils ont peur que je leur refuse le test. On est maintenant habitué, nous faisons ces tests de diagnostic rapide depuis le 11 juillet. Ils permettent de savoir si la personne dépistée a fabriqué ou non des anticorps contre le SARS-CoV-2. Autrement dit, on peut dire à la personne si elle a été contaminée par le passé. En France, ce système sera accessible dans toutes les officines jusqu’au 30 octobre », nous explique Laura, pharmacienne à Lille.

« Il a de nombreux Belges qui traversent la frontière juste pour le test », nous confie une autre pharmacienne française, de Louvroil.

Auchan et un test

« Ils viennent faire leurs courses chez Auchan et passent faire un test. Ça fonctionne surtout par bouche-à-oreille. Pour beaucoup, c’est par curiosité. Ils pensent avoir été contaminés durant le pic épidémique et veulent savoir si leur intuition est vraie. Tous ne comprennent pas pourquoi ils n’y ont pas accès en Belgique », continue-t-elle.

Des témoignages similaires nous ont également été rapportés en Bretagne ou en Provence où « des vacanciers belges passent faire un test en plus d’acheter leur crème solaire ».

Des Belges célèbres ont également fait la démarche. « À Paris, les tests Covid-19 sont accessibles depuis peu. Afin d’enlever ce doute que j’ai depuis début mars, je l’ai réalisé et, à ma grande surprise, c’est positif mais plus porteur. Ça veut dire que j’ai développé les anticorps IgG, il y a quelques mois, et qu’ils sont toujours présents (2 petites lignes très légères) ! Début mars, hormis ce mal de tête de 48 h et un peu de fièvre, je pensais ne pas l’avoir eu et pourtant… le confinement a débuté juste après. Maintenant, je ne suis plus porteur mais j’ai les anticorps. Bref, restons vigilants, prudents… et continuons à faire preuve de bon sens », a expliqué sur Facebook l’animateur radio David Antoine.

 

 

 

 

Ce test coûte entre 15 et 20 euros. Il est simple, rapide et pas douloureux.

Une goutte de sang est prélevée au bout du doigt. Ce sang est mis en en contact avec un réactif placé sur une plaquette en plastique. Le résultat apparaît quelques minutes après. « C’est un peu comme un test de grossesse mais avec une goutte de sang.

Des petites barres apparaissent si la personne a été exposée au virus et si elle a développé une réponse immunitaire », souligne Laura.

Interdits chez nous

Ne cherchez pas ce test en Belgique. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé les a interdits dans nos pharmacies. « Depuis le 17 mars 2020, il est interdit de commercialiser les autotests rapides en raison de leur qualité douteuse et des potentiels risques sanitaires qu’ils représentent. Cette approche a par la suite été adoptée par de nombreux États membres », précise l’AFMPS.

De son côté, l’Institut national d’assurance maladie-invalidité, l’Inami, ne rembourse les tests sérologiques que dans des cas extrêmement rares. Chez le personnel soignant, par exemple.

Pourquoi ? « Sur base des connaissances actuelles, un test sérologique ne permet pas de déterminer si une personne est infectée durant la première semaine des symptômes ; présente une forme asymptomatique ou paucisymptomatique de Covid-19 ; est protégée contre une seconde infection, et combien de temps les anticorps offriraient une protection ; est contagieuse ; et est en phase infectieuse ou post-infectieuse », précise l’Inami.

Par Alison Verlaet

Source

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel