Bon nombre de producteurs locaux observent une diminution de leurs ventes

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Déconfinement : les ventes chez les producteurs locaux de Huy-Waremme diminuent

C’était une des conséquences inattendues du Covid-19.

Pour beaucoup de citoyens, le confinement a été synonyme d’un changement des habitudes de consommation, marqué par un désir de privilégier les producteurs locaux aux grandes surfaces.

Si cet avènement d’un nouveau mode d’alimentation éthique a fait rêvé beaucoup de petits producteurs - dont certains ont vu leurs ventes tripler -, l’heure du déconfinement a sonné comme une désillusion.

Une grande partie des nouveaux clients semblent s’être évaporés.

Riche d’une grande variété de producteurs locaux, l’arrondissement de Huy-Waremme n’a pas été épargné par le phénomène.

Fin avril, le maraîcher amaytois Cyril Lacroix (À corti d’Ama) comptait 65% de nouveaux clients et 5 fois plus de commandes qu’avant la crise.

« Aujourd’hui, on en a vachement moins, ce qui est d’autant plus décevant parce qu’on avait loué un plus gros véhicule pour répondre à la demande. On offrait la livraison pour fidéliser, et maintenant il n’y a plus personne. »

« Les maraîchers tirent la sonnette d’alarme »

Selon le maraîcher, moins de 10% des nouveaux clients continuent à venir.

« On a dû augmenter les productions, ce qui nous met en difficulté. Tous les maraîchers tirent la sonnette d’alarme. On a pris un sale coup. »

 

Les producteurs de fruits et légumes ne sont pas les seuls à avoir observé la fin du « boom des ventes ».

À Warnant-Dreye (Villers-le-Bouillet), la Ferme des Cotaies a vu la demande de ses produits laitiers (beurres, yaourts et fromages) tripler pendant le confinement.

C’est Jeanne Collin, la compagne du gérant de l’exploitation, qui s’est occupée des commandes.

« On était pas un magasin très publicitaire, on a toujours fonctionné par le bouche à oreille. On est devenu plus actif sur Facebook avec le coronavirus. »

Les ventes restent plus élevées qu’avant

Aujourd’hui, la ferme constate effectivement une diminution de ses ventes, mais la demande reste deux fois plus élevée qu’avant la crise et quelques clients sont devenus réguliers.

« Il ne faut pas oublier que le prix du lait est passé en dessous des 30 centimes/L pendant le confinement. Le magasin nous a sauvé, sans pour autant qu’on gagne plus. Les bénéfices liés aux produits transformés nous ont évité un gros stress. »

Même son de cloche au « Capriflore », fabriquant de fromages au lait de chèvres à Vinalmont (Wanze).

La productrice Florence Timmermann a vu plusieurs nouvelles têtes passer la porte de sa ferme, qu’elle considère pourtant mal située. « Habituellement, je vends beaucoup sur les marchés.

Pendant le confinement, je n’ai vendu qu’à la ferme mais on a eu beaucoup plus d’affluence, ce qui a compensé. Il y avait plus de villageois qui venaient. Depuis trois semaines, beaucoup ne viennent plus. »

« On s’y attendait un peu »

À la Ferme du Haya, dans le village d’Ocquier (Clavier), le producteur de viande bovine Jean-François Remacle a vu ses commandes multipliées par 2 pendant le confinement.

Même s’il observe une diminution, le bilan reste positif.

« On s’y attendait un peu. Au final, on est toujours à environ 150% par rapport à avant. Le confinement a été un accélérateur dans le développement de notre projet lancé il y a un an et demi. »

Moins 25% chez HesbiCoop

Chez HesbiCoop, coopérative hesbignonne vendant les produits de producteurs locaux via une boutique en ligne, les commandes ont triplé pendant le confinement.

En plus des bénévoles, une troisième personne sera bientôt employée à mi-temps. Depuis le déconfinement, un faible recul de 25% est observé par Lionel Henrion, administrateur délégué.

« Ce boom a donné un gros coup d'accélérateur à notre développement.

Alors oui, il y a une diminution dans les commandes, mais cette crise a été l’occasion d’augmenter notre gamme de produits en boutique, en y ajoutant notamment le poisson et de nouveaux produits maraîchage.

Certains consommateurs sont restés des clients actifs. »

Même si le lien entre la récente diminution des ventes et le déconfinement est indéniable, Lionel Henrion veut contextualiser ce recul.

« Notre activité dépend d’une saisonnalité forte. Les personnes qui mangent sainement on tendance à avoir un potager d’une part, et d’autre part ça fluctue avec la période des vacances et le retour dans les restaurants. La baisse correspond en partie à un phénomène naturel. »

HesbiCoop a mené une enquête de satisfaction auprès de ses nouveaux clients pendant le confinement et 90% d’entre eux ont déclaré vouloir continuer à acheter local après la crise.

Reste à voir si cette intention se transformera en un changement d’habitude définitif.

Article et rédaction par Pierre TAR 

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