La crise sanitaire et le confinement ont forcé les gens à modifier leurs routines, Les diététiciens et nutritionnistes sont pris d’assaut

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Gaëlle, 28 ans, avait déjà des problèmes de poids et les derniers mois confinés à la maison n’ont pas arrangé sa situation. « Je n’ai pas l’habitude de me peser mais un jour, j’ai remarqué que je ne rentrais plus dans mes vêtements. Pendant le confinement, j’ai dû prendre environ 5 kilos », témoigne la jeune femme.

Au début pourtant Gaëlle a fait attention, elle a cuisiné des plats sains et a fait du sport avec son compagnon. Mais les bonnes résolutions n’ont pas duré longtemps et une certaine sédentarité s’est installée progressivement. « J’ai dû arrêter toute activité sportive parce que mon corps m’a lâché. J’ai ressenti une grosse fatigue dès que je faisais un effort », justifie-t-elle.

La jeune femme travaillait en tant qu’intérimaire mais, depuis la crise sanitaire, elle est sans emploi. « Cette situation incertaine m’a amené à me poser beaucoup de questions. Comment s’en sortir avec un salaire en moins ? La difficulté de retrouver un travail et le coronavirus ont eu pour conséquence que j’ai grignoté des sucreries plus que d’habitude », confie Gaëlle.

 

La nervosité et l’angoisse poussent à chercher du réconfort auprès de la nourriture. « En période de stress, les personnes ont tendance à manger davantage. La nourriture est un refuge face aux émotions négatives », explique le Dr. Xavier Jacobs, médecin nutritionniste et fondateur des Instituts du Poids. Cela se traduit chez certains par un développement de troubles alimentaires.

4 Belges sur 10 concernés

L’histoire de cette jeune femme n’est pas unique. Un Belge sur quatre a pris du poids selon une enquête de l’institut scientifique de santé publique Sciensano. « Il y a clairement eu un relâchement. Beaucoup de mes patients ont pris du poids. Ils ont moins fait attention pendant le confinement. Prendre un apéro s’est transformé en une habitude régulière. Ces quelques mois enfermés à la maison ont incité les gens à grignoter et à manger », remarque la diététicienne Marie-Aude Delmotte.

Le focus sur l’alimentation est considérable, la nourriture a pratiquement envahi le quotidien. « La télévision et les réseaux sociaux ont fortement influencé les habitudes alimentaires des gens. Les émissions culinaires et les recettes partagées sur internet ont incité les téléspectateurs à manger et à cuisiner davantage », analyse le Dr. Xavier Jacobs.

Comme de nombreuses personnes qui ont pris du poids durant le confinement, Gaëlle s’est adressée à un diététicien et nutritionniste pour faire disparaître ses kilos en trop. « Il y a une vraie demande qui s’est développée avec le confinement. Tous nos diététiciens sont occupés, l’activité a très bien repris », constate le médecin nutritionniste.

Article et rédaction Par Zhen-Zhen Zveny

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