À la question : que faire des déchets nucléaires créés ?

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Bientôt des déchets nucléaires chez nous ?

La province de Luxembourg va-t-elle devenir la nouvelle poubelle nucléaire de la Belgique ?

Depuis le 15 avril dernier, en plein confinement, l’ONDRAF (Organisme national des déchets nucléaires et des matières fossiles enrichies) a lancé une enquête publique passée sous tous les radars, jusqu’ici. Objectif : consulter la population sur un pré-projet d’arrêté ministériel, servant à déterminer les sites potentiels où pourraient être enfouis les déchets nucléaires, comme cela se passe en Scandinavie.

Sur le site de l’organisme, en dessous d’un slogan assurant « Une gestion sûre des déchets radioactifs en Belgique, pour vous et les générations à venir », est lancée une consultation publique où tous les citoyens sont appelés à se prononcer parce que, écrivent-ils, « Votre avis compte ».

Derrière ces quelques lignes presque paternalistes, une carte jointe interpelle.

Au total, 1.143 km² de la province de Luxembourg ont été sélectionnés. La plus grande superficie se situe sur l’ensemble de la Gaume, avec près de 711 km². Les communes de Florenville, Chiny, Etalle, Meix-Devant-Virton, Virton, Rouvroy, Saint-Léger et Musson composent cette première surface. La deuxième zone se situe en Ardenne. Avec ses 432 km², elle comprend l’ensemble du synclinal de Neufchâteau. Cette appellation géologique s’étend de Neufchâteau, englobe Vaux-sur-Sûre, Fauvillers, une partie des communes de Bastogne et de Léglise.

Le Parc Naturel de la Haute-Sûre n’est pas épargné par le pré-projet.

 

703 km² en région verviétoise

Un autre site, Polygone 5, s’étend sur 703 km² et borde la frontière de la province de Luxembourg. Alors qu’une partie de la commune de Vielsalm est touchée, Lierneux, Trois-Ponts, Stoumont ou Stavelot, en province de Liège sont pleinement circonscrits.

Potentiellement, ces sites pourraient donc devoir accueillir des déchets nucléaires.

L’ONDRAF l’assure : « Aucune décision n’a jusqu’ici été prise quant à la destination finale des déchets de haute activité et/ou de longue durée de vie ».

Il précise encore : « L’évaluation des incidences environnementales porte donc sur la toute première étape décisionnelle, à savoir ce que la Belgique compte faire de ces déchets ». 

Autrement dit, ces sites ne sont pour l’heure qu’hypothèses. Mais une fois que les décisions seront tombées, elles lieront nécessairement les zones concernées durant des milliers d’années.

Pour très longtemps

L’ONDRAF précise : « Les déchets de haute activité et/ou de longue durée de vie doivent être isolés durant plusieurs centaines de milliers d’années de l’homme et de l’environnement ».

Plus surprenant, cette enquête n’a reçu qu’une publicité minimale, pour ne pas dire nulle.

Aucun bourgmestre n’a été averti de cette situation.

Pire peut-être, il a fallu que la ministre luxembourgeoise de l’Environnement Carole Dieschbourg (Déi Gréng) s’insurge quant à la proximité des sites choisis avec la frontière luxembourgeoise pour alerter sur le sujet.

Elle exprimait au sujet du site gaumais : « ce sont les mêmes couches géologiques qui courent sous nos pieds, de la Belgique au Luxembourg.

En cas de problème, nous pourrions avoir une pollution pour des siècles sur nos réserves d’eau potable ».

Elle allait même plus loin en qualifiant ce dossier de « non-transparent » et « d’incohérent ».

Le silence de l’ONDRAF et du Fédéral, à qui il reviendra de prendre les décisions finales, a de quoi interpeller.

Qu’à cela ne tienne la ministre écologiste luxembourgeoise a décidé de faire bouger les lignes hors de ses frontières.

Elle en appelle aux citoyens, élus, associations, ONG, syndicats de se joindre au gouvernement pour exprimer ce refus ».

L’enquête transfrontalière ouverte depuis près d’un mois le restera jusqu’au 13 juin.

Voilà qui risque d’alerter l’ensemble des bourgmestres concernés ainsi que leurs citoyens.

Article et rédaction CLÉMENT GLESNER

Source

Commentaires

  • "Le CONSTAT" que l'enquête introduite odieusement par l'ONDRAF en pleine période de confinement et que notre commune Nandrinoise n'a pas relayer l'information:
    -Pour ma part, ayant constaté "la coupable absence de ce sujet d'importance sociétale" lors du conseil communal à St Séverin, j'ai introduit en urgence une requête adressée du Collège Communal et, à l'ensemble des élus au conseil communal. S'ensuivit de nombreuses palabres avec notre bourgmestre, pour "enfin apprendre que le Collège" avait, décidé de l’envoi d'un courrier porté par les représentants du groupe écolo, en réponse à l'enquête publique des plus discrète de l'ONDRAF. Autre "seule réponse" à ma missive: par Mr Christophe Ovidio pour le groupe de VIVRE NANDRIN, qui sensible à la question et, dans la continuité d'une motion votée à l'unanimité lors du conseil communal du 26 mars 2019 concernant "une gestion responsable des COMBUSTIBLES dit usés, devenus hyper " RADIO_ACTIF" sur le site même des trois réacteurs nucléaire à TIHANGE. Il m'informait avoir interpeller le Collège Communal, et que leur groupe prenaient l'initiative d'une réponse à l'enquête de l'ONDRAF (organisme officiel de l'état fédéral, chargé de la gestion des DÉCHETS RADIO_ACTIF qui "ne reprennent pas les trésors de guerre d'Electrabel issus de leurs centrales nucléaires" que sont les combustible dit usés devenus hypers radio-ACTIF, considéré comme MATIÈRES VALORISABLE et restant entreposés pour minimum: 100-200-300...années, sur les site des centrales nucléaires, de Tihange et de Doel !!!
    Monsieur M.Lemmens bourgmestre de Nandrin annonce "souverainement" qu'il répondras
    "enfin publiquement lors du C.C de fin juin" (sous entendant des rectificatifs ad hoc que je suppose: de justificatif à la sauce polémique de Mr, M.Lemmens profitant de la tribune du conseil communal pour faire bonne figure et ou le publique ne peu exprimer la moindre réplique étant tenus au plus total silence !!!)
    Suite au prochain épisode, André Jaminon.

  • Les Wallons semblaient sitisfait tant qu'il était question d'enfouir les déchets radio-actif "dans les argiles flamandes ! Aujourd’hui qu'il apparait probable qu'il pourraient l'être dans une commune wallonne quelques réveils timides surgissent ça et là !
    -Pour notre entité Nandrinoise c'est "ACQUIS" les matières hypers radioactives des combustibles usés SONT ET SERONT entreposées pour minimum: 100-200-300... années au cœur des trois réacteurs nucléaire douteux de Tihange. Les élus communaux avaient voté à l'unanimité une motion "réclament une série de conditions" pour l’extension des possibilités d'entreposage dit temporaire (?) sous le principe dit à sec des combustibles dit usés, dont une enquête publique était en cours ! Tant le pouvoir Fédéral que la RW ont accordé les permis pour construire et pour les activités dangereuses des manipulations et de l'entreposage, "sans qu'elles ne répondes aux exigences communale reprise dans la motion"
    Le droit et la possibilité d'introduire un recours au conseil d'état étaient ouvert aux plaignants !
    A ma demande du suivis envisagé par le Collège communal de Nandrin, il m'a été répondus par Mr le bourgmestre, que le Collège avait décider de "ne pas introduire de recours"
    Serais-ce une (?) " conséquence de l'acceptation d'une association majoritaire du Conseil communal " a la convention avec Electrabel, d'une prime de 33.000 euros par année CONDITIONNÉE par l'engagement à "œuvrer à la pérennisation des activités électro nucléaire à Tihange" ?!! Convention d’ailleurs dénoncée par le groupe minoritaire de Vivre Nandrin et qui leur avait valus les"honteux et déplacés sarcasmes" de Mr Lemmens, président du C.C et du Collège communal !!!
    Donc "les carottes sont cuite" le site de Tihange est pour longtemps un dépôt important de matières radio-active ! Cadeau des décideurs politique de tous les niveaux, prétendument représentants de leurs électorats !!!

  • Le problème des déchets, mais c'est lors de la construction de ces centrales qu'il aurait fallu y penser.
    Maintenant ils sont là, que faire c'est une excellent question, mais il est trop facile de dire maintenant je vais les jeter ailleurs.
    Les autres pays, notamment l'Allemagne, comment a-t-elle résolu le problème des déchets nucléaires ?
    Il serait intéressant de le savoir.
    A mon humble avis, le fait d'éparpiller un peu partout des déchets nucléaires est une grave erreur, il faudrait trouver une sorte de désert humain où on pourrait enfouir ces déchets et cela pour tous les pays de l'Europe et peut-être d'autres.
    En conclusion, ce problème des déchets dépasse très largement les frontières de la Belgique, sauf si un jour on veut rayer de la carte la Belgique et ses environs ....!!!!

  • Sur le site Wikipédia, voir Mine d' ASSE en Allemagne: pg 3 objectifs, quand les 1° centrales nucléaires allemandes sont planifiées dans les années 60 " IL EST CLAIR" QUE L'ON AURA BESOIN "D'UN LIEU de STOCKAGE DÉFINITIF" pour les déchets de haute RADIO-ACTIVITÉ! Dès lors, l'option d'enfouissement dans les mines de sel était "LA" solution miracle, et les institutions de recherches sur la faisabilité de stockage définitif des déchets radioactifs ont conclus aux autorisation de stockage dès 1995. "MAIS" différents graves accidents et, un plan de gestion, ainsi qu'une PREUVE DE SECURITE à LONG TERME pour un isolement sûr des déchets RADIO_ACTIFS de l'atmosphère terrestre sont " contestés après le changement d'exploitant en 2009 " Et tout est remis en cause ! Le service fédéral de protection contre les radiations PROPOSE LE RETRAIS COMPLET des déchets nucléaires du site en PITEUX ÉTAT ! Le ministre fédéral de l'Environnement à avancé de graves reproches "contre le gestionnaire et les autorité d'autorisations minières! Ils ont "omis de respecter la règlementation nucléaire" et occultés le manque d'étanchéité de la mine pourtant connus de longue date ! Ils ont agi avec une négligence grossière, il n'y a jamais eu de stockage final sûr à Asse, il y à eu des informations cachées. Le stockage à Asse n'était qu'une solution de stockage final à bon marché ! Asse serait la pire(?) installation nucléaire la plus problématique d’Europe !!!
    Pourrions nous croire plausible les prétendants avis des spécialistes des lobbys du nucléaire et de leurs nombreux pantins ???
    André Jaminon.

  • Pour information, ci-dessous message de semaine dernière adressé à l’ONDRAF
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    Ici Bure/Soulaines…. en Champagne/Lorraine


    Voilà donc la Belgique - et par contrecoup ses voisins - prendre à bras le corps l’empoisonnant fardeau posé par les déchets du nucléaire.

    La société dans son ensemble devrait donc accueillir avec responsabilité la consultation proposée, tant ces déchets produits engendrent des conséquences considérables sur de multiples plans : sociétaux, démocratiques, environnementaux, sanitaires, économiques, politiques.

    Que dire, donc, au vu du dossier de l’ONDRAF ?

    1/ Avec de nombreuses voix, on s’étonnera que cette consultation ait été programmée dans une période de profonde sidération, en Belgique comme ailleurs. Encore bien plus qu’à une faute, on se trouve là face à un manque de considération, de clairvoyance, de sérieux ; renforcé de surcroît par une fin de non recevoir aux différentes demandes de bon sens, report ou prolongation de la consultation

    2/ Avec surprise, on a pu découvrir que les initiateurs de la consultation se justifiaient par une injonction des instances européennes à ce que la Belgique présente une solution à ses déchets nucléaires. Par cette injonction, après rappels, comment comprendre un tel manque de sérieux avec ses déchets alors que le Royaume exploite l’énergie nucléaire de manière industrielle depuis… 45 ans ?

    Comme en tous domaines, l’analyse de la ‘forme’ donnée à un dossier permet de se faire une idée précise sur le degré d’honnêteté et de responsabilité de ses porteurs, et les deux seuls exemples donnés ci-dessus sont parlants.

    La forme et le fond permettant de répondre à la seule question qui vaille : peut-on faire CONFIANCE au projet de l’Ondraf ? Intéressons-nous donc à présent au fond de l’affaire :

    1/ L’option du stockage géologique profond est retenue car elle ferait consensus, internationalement. Tous s’y jettent, nous dit-on, gouvernements et organismes dédiés. Tous, vraiment ? A y regarder de près, et sans œillères, on remarquera au contraire que dans tous les pays nucléarisés une composante essentielle refuse l’enfouissement et le fait fort savoir : les populations (ainsi que de nombreux scientifiques) ! Serait-ce à dire qu’en Belgique comme ailleurs on occulte volontairement l’existence et l’avis des principaux concernés ? Quelle confiance alors accorder à l’enfouissement, à la consultation, et à ceux-celles qui les portent ?

    2/ L’option du stockage géologique profond est retenue car elle serait LA solution. Comment comprendre alors que cette solution si simple soit reportée de décennie en décennie et que les chercheurs s’escriment sans fin dans les laboratoires souterrains ; celui de Belgique par exemple, au nom révélateur HADES, s’éternisant depuis… 1975. Quelles confiance alors accorder à des études sans fin, révélant par là l’inanité de la solution annoncée ?

    3/ L’option du stockage géologique profond est partie d’un dossier présenté comme complexe, celui des déchets nucléaires. L’auteur des lignes que vous lisez venant de passer les trente dernières années avec ce thème (et en ayant fait son métier) a découvert au contraire que la dite complexité n’est qu’un habillage pour dissuader le public de s’intéresser au sujet, ou l’y noyer. En réalité, l’enfouissement se réduit à une seule question, capitale : peut-on prédire, et surtout sans erreur, que des déchets radioactifs enfouis resteront sagement là pendant des centaines de milliers d’années, des millions d’années, le temps qui perdent leur toxicité radioactive ? Et bien téméraire, ou malhonnête, celui ou celle qui s’en porterait garant-e, d’autant qu’il-elle ne serait plus là pour en subir les défaillances. Tests et autres analyses à foison ne pouvant bien sûr inventer le futur, reste un argument massue, en Belgique comme ailleurs : la couche géologique choisie pour y stocker les déchets est stable depuis des millions d’années. Candeur… ou autre ? Comment une stabilité passée serait-elle gage d’un même état dans les temps à venir ? Et cette couche géologique, que l’on trufferait de tunnels et autres galeries, resterait-elle vraiment stable alors que la nature a horreur du vide ? Et à ce sujet on remarquera comme leçon d’humilité que trois sites souterrains de stockage de déchets radioactifs et/ou chimiques, promis stables pour des milliers d’années, se sont révélés défaillants au bout de quelques malheureuses années seulement : Asse en Allemagne, Stocamine en France, Wipp au Etats-Unis !

    En Belgique comme ailleurs se pose la question : fuite en avant ou abandon de la chimère enfouissement ?

    Le vieux monde craque de partout, ne plus subir mais agir. Ethique, pour les générations à venir, ainsi que pour les présentes

    C’est tout l’objet du document référencé ci-dessous, avec cet objectif : faute de solution REELLE aujourd’hui, on en fait quoi de ces déchets ?


    Michel MARIE
    Groupe de réflexion sur les enjeux ETHIQUES posés par l’enfouissement des déchets radioactifs, piloté par l’évêque de Troyes-en-Champagne

    En novembre 2012 le groupe publiait le fruit de ses travaux, sous forme d’un document argumentaire de 31 pages
    http://www.villesurterre.eu/images/ethique-fascicule-complet-coul-sans-p-blanche.pdf ou http://fr.calameo.com/read/004866019a697f5979670

    Ayant, depuis, remis l’ouvrage sur le métier, un nouveau document est en cours d’édition…

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