Avis de décès Monsieur Raymond Gurême 1925– 24 mai 2020, un Manouche en résistance !

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L'histoire nous parle !!!! 

Raymond Gurême, né le  à Meigneux et mort le  à Arpajon, est un forain français, l'un des derniers survivants de l'internement des « Nomades » en France de 1940 à 1946.

Résistant pendant la guerre, il consacre ensuite sa vie à la lutte contre l'antitziganisme.

Raymond Gurême naît le  à Meigneux (Seine-et-Marne) au sein d'une famille manouche itinérante depuis des générations.

Sa mère, Mélanie Gurême, est issue d'une famille de vanniers, et son père, Hubert Leroux, est forain et tient un cirque ainsi qu'un cinéma muet ambulants. Il est le troisième de neuf enfants.

Dans son enfance, qu'il décrit comme « magique », il commence très tôt au sein du cirque familial : à deux ans et demi, il est ainsi déjà clown et acrobate. Il assiste aussi son père dans le bon fonctionnement du cinéma

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Déportation et résistance pendant la Seconde Guerre mondiale

Depuis la loi du 16 juillet 1912, les populations itinérantes sont fichées en France.

Trois catégories sont mises en place : les commerçants ambulants, les forains et les « nomades » ; ces derniers ont l'obligation d'avoir un Carnet anthropométrique.

La famille de Raymond Gurême acquiert le statut de forain. Le 6 avril 1940, un décret est signé par le président Albert Lebrun qui interdit la libre circulation des nomades en les assignant à résidence.

En octobre de la même année, l’administration allemande décrète l'internement des Tsiganes de la zone occupée dans des camps placés sous la responsabilité de policiers et gendarmes français.

Ces internements ne devaient concerner que les personnes nomades et non foraines.

Le matin du , les gendarmes l'envoient lui et sa famille à Darnétal pour être confinés dans une usine désaffectée avec d'autres gens du voyage.

Ils sont ensuite internés à Linas-Montlhéry dès l’ouverture du camp, le 27 novembre.

Il s'échappe avec son frère en juillet 1941 mais ils sont repris, suite à une dénonciation par le maire de leur village d'origine. Il s'échappe une deuxième fois, en octobre 1941 et rejoint la Bretagne pour travailler dans des fermes.

Il retourne à plusieurs reprises à Linas pour apporter de la nourriture et des vêtements à sa famille, toujours internée.

En avril 1942, le camp est démantelé et les personnes internées sont transférés au camp de Montreuil-Bellay, le plus grand camp de nomades de la zone occupée.

Raymond Gurême continue d'apporter de la nourriture à sa famille.

Il est alors placé dans une maison de redressement pour mineurs à l'hôpital d'Angers.

Il y détourne au profit du maquis un camion de ravitaillement, ce qui lui vaut d'être déporté dans un camp de travail en Allemagne près de Francfort.

Il s'en évade à l'aide du chauffeur français d’un train de marchandises livrant des céréales en Allemagne.

De retour en France, il rejoint les rangs de la Résistance.

Il a passé toute son enfance dans le petit cirque de son père, voyageant principalement dans l’Ouest et le Centre de la France.

Dès son plus jeune âge, Gurême apprend à entraîner des animaux, des jongleries et des tours acrobatiques.

Les petits cirques itinérants dirigés par les familles Manouches avaient une longue tradition en France et faisaient partie intégrante de la vie culturelle de la campagne.

Dans les années 1930, le gouvernement Français n’a cessé de restreindre la mobilité de ces soi-disant nomades.

En octobre 1940, Gurême et toute sa famille sont arrêtés par Français gendarmerie.

Cela a été imposé à tous les nomades dans la France occupée, selon les ordres de règlement forcé de règlement des autorités allemandes nazies. 

En juin 1944, Gurême s’échappe d’Allemagne pour la France, rejoint le mouvement de résistance Française.

 Il participe à la libération de Paris.

Après la guerre

En 1951, Raymond Gurême s'installe avec sa femme Pauline, elle aussi ancienne internée, avec qui il aura 15 enfants.

Il retrouve ses parents en 1952 en Belgique.

Il meurt le  à Arpajon.

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Sources: Gurême, Raymond; Ligner, Isabelle: Interdit aux nomades. Paris 2011; Leroy, Théophile: Des « nomades » derrière les barbelés.

Étude du camp d’internement de Linas-Montlhéry en France (novembre 1940-avril 1942).

 Paris 2016; Sigot, Jacques: Un camp pour les Tsiganes et les autres: Montreuil-Bellay, 1940-45.

 Bordeaux en 1983; Filhol, Emmanuel; Hubert, Marie-Christine: Les Tsiganes en France.

Un sort à part, 1939-1946. Paris 2009.

Source infos 

 

Sincères condoléances à la famille et au monde des forains et nomades 

 

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