La relation mère-fils au coeur du deuxième roman de la Nandrinoise Pascale Gillet-B

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Dans le roman « Le salon de coiffure », Pascale Gillet-B plonge dans les souvenirs de ses jeunes héros sur fond de guerre.

Indirectement, elle évoque aussi son fils tragiquement disparu.


En 2015, Pascale Gillet-B, professeur de français retraitée, sortait un premier roman « Aiguillage », en hommage à son fils Mathias, géographe de 24 ans et demi, happé par un train alors qu’il circulait le long des voies à Floreffe pour rejoindre le camping du festival Esperanzah!, le 31 juillet 2009.


Une écriture thérapie, une façon de faire revivre son grand et beau garçon, même si rien n’effacera jamais la douleur de la disparition.


Quatre ans plus tard, la Nandrinoise a repris la plume, par défi.

« Je voulais voir si j’étais encore capable d’écrire.

J’ai de suite retrouvé le plaisir des mots et mon imaginaire m’a portée », nous confie-t-elle.

Après un an de travail et de réécriture, le roman est terminé, il vient d’être publié par la maison d’édition Chloé des Lys, basée dans la région de Tournai, la même qui avait sélectionné « Aiguillage ».

« Le salon de coiffure », c’est son titre, prend pour décor un salon de coiffure qui change de fonction au fil du temps. De lieu de travail d’une mère résistante, de refuge, de repère et de salon de reliure pour son fils Charles et de son ami Richard, enfants, adolescents puis jeunes adultes.

Les deux compères remontent chacun dans leur passé, l’un en retrouvant des écrits de sa mère décédée, l’autre en discutant avec sa maman. Ils découvrent alors que la famille de l’un a combattu dans la résistance alors que la famille de l’autre est tombée dans la collaboration.


« Il ne s’agit pas d’un roman historique, mais d’un roman de vie dans un décor historique. C’est en partie autobiographique car je me suis inspirée des histoires que mon père me racontait sur la Guerre 40-45 et qui m’ont toujours très intéressée.

Pour être crédible et ne pas commettre d’erreurs, je me suis beaucoup informée pour vérifier les dates, les événements. Et j’ai brodé cette histoire tout autour », nous explique Pascale Gillet-B, 61 ans.


Un roman basé sur la relation mère-fils aussi.

« Je m’en suis rendue compte après. Ce sont les mères qui guident leur fils sur le chemin du souvenir.

Il y a forcément une part de Mathias dans mon livre, il ne me quitte jamais. Les caractères des héros s’inspirent de lui, dans l’enfance ou l’adolescence par exemple », glisse-t-elle.

Pour découvrir le deuxième roman de Pascale Gillet-B, plusieurs possibilités : vous pouvez vous rendre sur le site internet https://www.editionschloedeslys.be/ où le livre se commande en ligne, le commander en librairie, vous en trouverez à la librairie « P’tits Bouquins et cie » à Herve, à la Librairie des Vennes à Liège et bientôt à La Dérive à Huy. Le prix de vente est de 20,60 euros.

Un exemplaire a aussi été déposé à la bibliothèque de Nandrin.


« Je n’ai pas retrouvé le conducteur de train »


Lors de notre premier entretien au sujet d’Aiguillage, Pascale Gillet-B nous avait confié son espoir de retrouver le conducteur de train qui avait accidentellement tué Mathias.

« J’aimerais pouvoir rencontrer le conducteur ou lui écrire car c’est la dernière personne à avoir vu Mathias vivant… », nous avait-elle dit. Malgré les démarches entreprises, cela n’a jamais pu se faire.

« La SNCB m’a répondu qu’elle ne communiquait jamais de noms car les conducteurs de train ont beaucoup de mal à se remettre d’accidents de la sorte.

J’ai appris que le monsieur avait fait une dépression alors j’ai préféré le laisser tranquille même si c’est une grande tristesse pour moi ».

Précisons qu’il s’agit bien d’un accident.

mathias .jpg« Mathias ne savait pas que les trains roulent à gauche, il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, dos au train, trop près du bord. J’ai eu accès au p-v. de police », précise-t-elle.


L’écriture aide la Nandrinoise mais ne pourra jamais guérir sa plaie.

« Je ne me suis pas relevée de la mort de Mathias.

Cela m’a aidée de recréer mon fils à travers les mots, j’ai appris à vivre sans lui, j’ai trois filles et des petits-enfants que j’adore.

Mais je n’accepterai jamais son décès, c’est un déchirement qu’aucune mère n’est prête à vivre. »

 

 

Article et rédaction d'Annick Govaers 

Source

pascale gillet b.jpg

 

 

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