Le chômage temporaire touche des centaines de milliers de Belges , terrible pour les petits revenus

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Le chômage temporaire, terrible pour les petits revenus

Le chômage temporaire touche des centaines de milliers de Belges. Pour certains, c’est encore plus compliqué, ils ne disposent que de quelques centaines d’euros pour boucler leur mois.


Le chômage temporaire pour force majeure, c’est sans doute une bonne solution pour éviter aux entreprises de boire trop vite le bouillon à l’occasion d’une crise comme celle que nous traversons. Mais pour certains travailleurs qui sont déjà habituellement à la limite de la survie, c’est une galère de plus.

Pour quelqu’un travaillant à temps plein, au salaire minimum intersectoriel brut de 1.625,72 euros par mois, l’allocation de chômage temporaire est de 1.166 euros net. Par contre, pour quelqu’un travaillant à temps partiel, l’allocation est extrêmement basse.


Temps partiel obligatoire


C’est le cas d’Anne-Catherine Coulon, qui travaille dans un fast-food de la région namuroise. Madame Coulon vit seule avec son fils de 19 ans, à qui il reste un an d’études à effectuer. Elle travaille à temps partiel, 20h par semaine, mais ce n’est pas un choix personnel. « On n’engage que des temps partiels, dans le secteur. Pour travailler plus, il faut avoir un poste à responsabilité. »


Avec 17 ans d’ancienneté, Anne-Catherine Coulon gagne 13,99 euros de l’heure. Ça fait un brut mensuel de 1.119 euros, « soit un petit millier d’euros net », précise-t-elle. Avec le chômage temporaire, son net est descendu à 524,90 euros… « Mais vous savez, des collègues plus jeunes ont dû se contenter de moins de 500 euros par mois. »

Réserves envolées


Un employé sans ancienneté gagne, pour 20 heures de travail par semaine, 977 euros brut, soit 684 euros net. Avec le chômage temporaire, ce net n’était plus que de 458,59 euros. Certains ont dû se tourner vers leur CPAS pour pouvoir au moins manger.


Comme elle travaille dans un drive, elle a pu reprendre le travail, mais la période de chômage temporaire, du 18 mars au 23 avril, a fait mal. Comment fait-on pour vivre avec cette perte subite de revenu ?

« J’ai la chance d’être propriétaire », reprend Anne-Catherine Coulon. « Mais je paye un emprunt hypothécaire.

Je reporte un peu le remboursement. Certains collègues demandent de l’aide à leurs parents. Il y a les factures d’énergie, d’eau… Avec le printemps, on fait des économies de chauffage, c’est déjà ça. J’avais un peu d’économies, mais tout est parti. J’aurais pu aller en vacances, c’est terminé. Les extras, même aller à la friterie, c’est terminé. Et j’ai dit à mon fils qu’on doit faire attention pour les vêtements, les chaussures, etc. »


Madame Coulon souhaiterait pouvoir travailler plus, mais « tout ce qu’on peut espérer, c’est 25 heures par semaine. Et encore », dit-elle. Et cela alors que certains n’ont pas encore repris le travail, par peur, et qu’il manque de personnel ! En attendant, Madame Coulon rappelle haut et fort la revendication d’un salaire minimum de 14 euros de l’heure. Pour ceux qui débutent, ce n’est en effet pas un luxe.


Explications


Le calcul du chômage temporaire minimum en cette période de Covid, c’est 55,59 € par jour + 5,63 € brut de complément Onem par jour. Il faut décompter un précompte de 26,75 %. Ce précompte a cependant été ramené à 15 %, à l’initiative du PS et du s.pa, ce que réclamaient les syndicats. En net, pour un mois complet à temps plein, il reste donc 1.165,93 €.

Article Par Benoît Jacquemart |

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