Vous allez toucher beaucoup moins que prévu ?

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Chômage temporaire: vous allez toucher beaucoup moins que prévu !

Être chômeur temporaire pour cause de coronavirus prive le travailleur de bien plus que les 30 % de salaire net qu’on entend depuis le début dans la bouche de nos dirigeants.

En cause : l’impôt professionnel de 27 % prélevé à la source.

Ce père de famille liégeois, par exemple, a reçu 1.080 euros au lieu de 1.776 € nets espérés.


Le paiement du premier mois de chômage temporaire complet pour cause de coronavirus vient de tomber sur les comptes des 1,3 million de Belges qui y sont passés depuis le 18 mars.

Et il y a beaucoup de déçus…
« Je ne m’attendais pas du tout à ça, explique Adrian Elsdorf (28 ans), cet employé liégeois de la société d’édition « Noir Dessin », père de deux jeunes enfants dont il a la charge toute la semaine.

D’habitude, je perçois un salaire de 1.950 € bruts, ce qui me donne 1.776 € nets.

Mais pour ce mois d’avril, j’ai à peine reçu 1.088 € nets ! »


Soit 61 % de salaire net normal. On est loin des 70 % promis par le gouvernement, et rehaussé en plus de 5, 63 € par jour de travail.

 

La faute à qui ?

La faute au fameux précompte professionnel de 26,75 % qui continue à être prélevé à la source (sur le brut donc), en ce compris les 5,63 € journaliers.


Un trop-plein remboursé l’an prochain


Renseignements pris à son syndicat, la CSC, on nous confirme effectivement ce mode de calcul.

Et on y ajoute simplement le fait qu’il y aura vraisemblablement un trop-plein d’impôt professionnel perçu par l’État durant ces mois de chômage coronavuirus et qu’il sera remboursé l’année prochaine, après la déclaration d’impôts.


« Ça me fait de belles jambes, moi, de retoucher ce trop-plein dans un an et demi, reprend Adrian Elsdorf. C’est maintenant que j’en ai besoin pour me nourrir, moi et mes enfants. »


Il faut dire qu’Adrian a également sur le dos un prêt hypothécaire avec 640 € de remboursement mensuel et que sa banque ne lui a toujours pas répondu sur un éventuel report des mensualités.

« Si je suis débité de ces 640 € en début de mois, avec les 130 € de gaz et d’électricité et les 60 € d’eau, il ne me restera plus que 258 € pour vivre.

Encore heureux que j’ai un petit peu de côté.

Mais ça ne durera pas durant des mois. »


Et sa situation se répète également pour une autre employée de la société d’éditions qui elle est à mi-temps. De 980 €, son salaire est passé à 560 € nets.


Moins qu’un chômeur


La comparaison est évidemment tentante avec les allocations de chômage : « J’ai des amis qui sont chômeurs, chefs de famille, et qui continuent à percevoir leurs 1.150 € nets par mois », souligne-t-il, un peu dépité.


Quand il a touché son salaire de mars, il n’était amputé « que » de 250 € nets vu qu’il avait travaillé normalement jusqu’au 18 mars. « Du coup, on était tous dans le flou sur ce qu’on allait toucher pour un mois complet.

On comprend mieux maintenant pourquoi tous les salariés veulent reprendre le travail. »
Nous avons tenté de joindre le ministre des finances, Alexander De Croo, mais en vain.

 

Article et rédaction Par Luc Gochel

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