Un masque buccal pour les malentendants

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Dans un futur proche, il semble de plus en plus probable que l’on sera obligé de sortir de chez soi avec un masque sur le visage.

Si les modèles ne manquent pas, ils restent toutefois très peu utiles pour les personnes malentendantes qui sont obligées de lire sur les lèvres de leur interlocuteur.


Vu que la plupart des personnes ne savent pas communiquer via le langage des signes, la bouche reste quasi l’unique option pour celles et ceux qui souffrent de surdité.

Comment en effet comprendre ce que disent les autres si tout le monde porte un masque qui cache les lèvres ?


La solution serait de créer un masque transparent permettant la lecture labiale mais il n’en existe aucun de ce genre en Belgique qui répond aux normes de protection d’un masque chirurgical, et encore moins d’un masque FFP2. Quand on y pense, c’est un véritable défi technique.

 

«Le masque doit comporter une ouverture transparente qui permet de lire sur les lèvres, être assez étanche pour éviter la projection de gouttelettes, doit être muni d’un dispositif anti-buée et doit aussi éviter la rétention d’eau pour éviter que la personne ne se touche le visage en étant gênée », détaille la Fédération Francophone des Sourds de Belgique sur son site internet.


Alain Gervasi, un chercheur au BotaBotLab de l'Université de Liège, propose une solution de remplacement.

Alors qu’il était sur Facebook, il a vu des messages émanant de logopèdes et de personnes touchées par la surdité qui recherchaient des masques permettant la lecture labiale.


Imprimante 3D


Momentanément privé de son laboratoire, il profite de son temps libre pour créer au Liège Hackerspace des visières de protection imprimées en 3D à destination notamment des hôpitaux.

Et la semaine dernière, il a commencé à designer un tel masque.

« Après plusieurs prototypes, je suis arrivé à un modèle, léger, plutôt compact et confortable et qui peut être produit relativement facilement dans n'importe quel Fablab ou Hackerspace », raconte-t-il.

Le masque est en fait modéliser en quelques heures grâce à une imprimante 3D et on découpe ensuite une plaque de plexiglas que l’on fixe via trois vis M3 15.

Le dispositif n'est pas encore totalement terminé : « Je dois encore travailler sur le système de filtration », explique le jeune chercheur qui projette aussi d'y ajouter un système LED pour permettre une meilleure visibilité de la bouche en intérieur.

Des tests de validation doivent par ailleurs encore être effectués pour vérifier l’étanchéité ou la stérilité par exemple. Le Liégeois de 24 ans avertit d’ailleurs : « C’est comme les masques en tissu, c’est un peu du bricolage ».


Le modèle final sera distribué gratuitement en open source dans le but de répandre le plan de conception.


Article et rédaction L.C.

Source

masque sourd.jpg

 

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