Les pharmaciens tiennent à le dire, non, ils ne se mettent pas plein les poches en vendant les masques

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Bas les masques sur le «scandale» des prix!

Les pharmaciens tiennent à le dire : non, ils ne se mettent pas plein les poches en vendant les masques à leurs patients à des prix exorbitants. Ils s’offfusquent aussi en voyant ces prix monter de manière honteuse...
C’est un ras-le-bol généralisé qui nous revient des pharmaciens.

Tous ne sont pas propriétaires de leur officine. Loin de là ! La plupart sont employés.

On pourrait même dire « employées » car ce métier est représenté en majorité par les femmes.

Dans les officines, il a fallu s’adapter, mettre le masque, garder ses distances avec ses collègues, placer un panneau en plexiglas de protection.

« Quand j’ai entendu le porte-parole de Test-Achats ce matin dire que certains pharmaciens s’en mettaient plein les poches en vendant des masques à des prix exorbitants, mon sang n’a fait qu’un tour », témoigne un pharmacien.

Qui, comme les patients et l’association de défense des consommateurs, s’offusque de voir les prix de ces masques s’envoler. Et cela vaut aussi pour les gels désinfectants. Il nous montre les prix pratiqués.

« Avant, quand il n’y avait pas l’épidémie, une boîte de 50 masques chirurgicaux revenait à 0,10 €/pièce.

Au détail, on les vendait 0,17 €/pièce ». Puis, dès le début du confinement, les prix se sont affolés.

Pour un masque vendu à la pièce et coûtant 1,58 € au pharmacien, on le revendait 1,70 €.

Là, c’est retombé à 1,07 € l’unité, revendu 1,40 €.

Valérie, une consœur précise : « Étant donné que la Belgique ne produit pas de masques, que le plus gros fournisseur est en Allemagne et que celle-ci a, dès le début de la crise, fermé ses frontières à l’exportation, les pharmacies belges n’étaient plus capables de se fournir dans le circuit habituel.

Pharmacies et grossistes se sont décarcassés pour trouver des solutions et grouper leurs achats.

Malgré cela, le meilleur prix que nous avons pu obtenir était de 39 € (prix d’achat HTVA) pour 50 masques ».


FFP2 ou FFP3 ?


Il en va de même pour les masques FFP2 et FFP3 qui sont bien plus chers que les autres. « Les FFP2 ayant été pris d’assaut très vite, les patients étaient aussi intéressés par des FFP3 ».

Les prix pour ces derniers varient de 9,53 € à 14,40 €.

« Test-Achats a-t-il vérifié que les plaintes des consommateurs concernaient bien des FFP2 et pas des FFP3 ? », demande-t-elle.


Et de conclure : « C’est assez déloyal de comparer des prix pratiqués par les pharmaciens qui ont continué d’accueillir leurs patients, de les rassurer, de les conseiller envers et contre tous les risques qu’ils encouraient pour eux-mêmes, leurs équipes ou leurs familles, qui ont continué d’assurer les services de garde malgré l’épuisement et le stress, avec les prix pratiqués en ligne.

Les pharmacies en ligne n’ont pris aucun risque ni aucun inconvénient de la gestion, en direct, de l’angoisse, des interrogations, de l’agressivité parfois des patients ».

Test-Achats qui plaide pour le plafonnement de prix sur les masques constate que les plaintes des consommateurs viennent des pratiques en ligne plutôt qu’en officine.

Rédaction de l'article par Pierre Nizet

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