Décédé à 89 ans, le prêtre-ouvrier Gaston Schoonbroodt avait officié pour Julie, Mélissa et Élisabeth Brichet

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Hier matin à six heures, dans la maison de repos de Herve où il séjournait depuis deux ans, s’est éteint le prêtre-ouvrier Gaston Schoonbroodt, bien connu pour avoir célébré les funérailles de Julie et Mélissa en 1996. Il avait 89 ans.
« À quoi ont servi nos actions et nos prières ? Le bon Dieu est-il sourd ? »
Cette phrase restée célèbre, c’est Gaston Schoonbroodt qui l’avait prononcée lors de la messe de funérailles de Julie et Mélissa en août 1996, dans la basilique Saint-Martin de Liège. « Cette phrase, il fallait l’oser pour un prêtre, en pleine cathédrale », se souvient encore Jean-Denis Lejeune.
Et cette phrase était venue en écho à une réflexion que le papa de Julie, lui-même agnostique, lui avait faite en préparant cette célébration. « Dis Gaston, lui avais-je dit, à quoi ont servi toutes les prières qu’on a adressées à ton Dieu durant ces longs mois ? Je ne l’ai jamais vu durant tout ce temps pour venir m’aider ? »

Prêtre atypique


Gaston Schoonbroodt était un prêtre atypique. Il habitait Jemeppe-sur-Meuse (Seraing) et avait d’abord été prêtre-ouvrier à l’usine Cockerill.


Ensuite, il était devenu chauffeur de bus à la STIL d’abord, puis au TEC. Passionné de football, il était même arbitre et délégué de l’équipe du TEC.


Et autre caractéristique bien connue en région liégeoise, en dehors de son bus, il ne se déplaçait qu’à vélo. « On le voyait toujours en train de lire un livre alors qu’il était en train de rouler », se souviennent affectueusement les Jemeppiens.


C’est Gino et Carine Russo qui le connaissaient. Il avait d’ailleurs baptisé la petite Mélissa. Il avait été fort présent aux côtés des quatre parents durant les 14 mois qu’avait duré la disparition de leurs deux fillettes. Et c’est donc tout naturellement qu’il avait répondu présent lorsque Gino lui avait demandé de célébrer leurs funérailles.


Toujours en contact


Vingt-quatre ans après, les familles étaient restées en contact avec lui et elles s’étaient même déplacées à la mi-février pour lui rendre visite à la maison de repos de Herve où il séjournait.


« On y était avec Louisa et Gino, raconte Jean-Denis. Mais il ne nous avait pas reconnus. On lui rappelait quelque chose mais il ne savait plus quoi. Il souffrait de la maladie d’Alzheimer. »


Pourtant, sur son armoire, il y avait encore la photo de Julie et Mélissa, ainsi qu’une coupure du journal La Meuse avec sa photo et nous quatre devant les deux cercueils à la basilique.


« Il n’est pas du tout décédé du coronavirus, reprend Jean-Denis. En fait, il n’en voulait plus, il était fatigué. Il s’est laissé mourir. Quand sa nièce m’a téléphoné ce matin pour me l’annoncer, je n’ai pas été surpris. Même si cela me rend tout de même fort triste. »


Pour Elisabeth Brichet


Par la suite, Gaston Schoonbroodt présida également à plusieurs messes du souvenir, notamment à Sars-la-Buissière, lieu de découverte des corps.


Il écrivit deux fois à Marc Dutroux et transmit ses réponses aux parents.


Fort proche également des autres parents victimes de disparition d’enfants à l’époque, il a aussi présidé en juillet 2006 la messe pour la petite Élisabeth Brichet à Namur.


Coronavirus oblige, les funérailles se tiendront bien entendu dans la stricte intimité, lundi prochain, à Herve. Il était en effet originaire de Clermont.

Rédaction de l'article Luc Gochel

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Commentaires

  • Gaston,mon ami,
    Aujourd'hui tu nous as quittés pour rejoindre Notre Père qui est aux cieux.Dis lui que nous attendons la venue de son Royaume sur la terre.Salue ma maman de ma part.J'espère que nous nous retrouverons au Paradis et que nous pourrons poursuivre nos échanges à propos de Dieu.J'aurais voulu partager avec toi l'aboutissement de mon cheminement,à savoir que Dieu existe dans le cerveau de l'homme.
    Ton ami.Alexandre.

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