C'était un 19 avril 1943, 3 jeunes arrêtent un train de déportation vers Auschwitz et sauvent Simon Gronowski et 16 personnes

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le 19 avril 1943, trois jeunes hommes arrêtent le vingtième convoi de déportation en route vers le camp d'extermination d'Auschwitz à Boortmeerbeek en Belgique.
Ils utilisent un pistolet, une paire de pinces et une lampe rouge pour arrêter le train, le temps de pouvoir ouvrir un wagon.
De ce wagon ils sauveront la vie directement à 17 personnes.
À Boortmeerbeek, entre Malines et Louvain, 17 personnes se sont échappées ce jour-là, ils  ont fui  .

Simon Gronowski et sa mère qui étaient dans le train en route vers la mort.


Simon raconte que lui aussi a eu la vie sauve ce jour-là , lui seul pas sa maman .

Retour sur une des visite de Simon à Nandrin cette année encore .

Un rescapé de la Shoah à l’école de Nandrin en 2018 clic ici

Ce 7 février, Simon Groweski, rescapé de la Shoah, s’est rendu à la salle le Templier de Nandrin. Plus de 160 enfants de 5e et 6e primaires issus des écoles Saint-Martin (Nandrin), de Saint-Séverin et de Villers-le-Temple sont venus écouter le récit émouvant de ce grand homme.
Installés au fond de leur siège, plus de 160 élèves de Nandrin écoutent le récit de Simon Groweski, rescapé de Shoah.
« J’avais votre âge quand j’ai vécu les événements que je vais vous raconter », annonce l’homme. « J’ai le devoir de vous expliquer les crimes qui ont été commis pendant la seconde guerre mondiale par les nazis. Ils ont tué des millions de gens. Vous devez connaître le passé de notre pays. » En entendant ces mots, des enfants écarquillent les yeux : certains ignoraient cette part de l’histoire.
« Le 6 mars 1943, j’étais à table. Ma sœur m’avait préparé une tartine de confiture. Soudain, nous avons entendu quelqu’un sonner avec insistance à la porte. Des hommes sont rentrés et nous ont crié « Gestapo, papiers ». Ma mère s’est levée, toute blanche. Elle a tendu les papiers. Nous avions été dénoncés. Je n’ai jamais su par qui… »

Jetés dans des cachots, puis dans une caserne avec d’autres familles, les Groweski passent leurs journées à attendre qu’on leur explique pourquoi ils sont enfermés.
Un jour, des nazis viennent les chercher en leur annonçant qu’ils partent travailler. « Nous avons embarqué dans un train à bestiaux. Il n’y avait pas de sièges, juste un peu de paille par terre. La porte s’est refermée sur nous dans un grand bruit métallique. La lumière du jour n’arrivait à passer que par deux petites ouvertures. Personne ne pouvait imaginer que nous partions mourir. »
Pendant le trajet, des personnes réussissent à ouvrir les portes depuis l’intérieur. Aidé de sa maman, Simon Groweski parvient à sauter hors du train et s’échapper. « Ma mère n’a pas eu cette chance. Si j’avais su qu’elles ne sauteraient pas, je ne pense pas que je serais parti sans elle », confesse l’homme ému.
Durant plus d’une heure, il raconte son histoire. Les enfants l’écoutent, dans un silence religieux. « Hitler a tué ma mère et ma sœur dans une chambre à gaz à Auschwitz. Mon père était hospitalisé donc il n’a pas été déporté. À la libération, quand on a découvert les montagnes de cadavres, les fours crématoires, les chambres à gaz… mon père a compris que ma mère et sa sœur ne reviendraient pas. Il est mort quelques mois plus tard. Attristé, il ajoute : « Mes parents étaient des braves gens, je vous le jure. Ils n’ont jamais mérité pareil malheur. Ils sont morts pour être nés juifs. »
DEVOIR D’HISTOIRE
Simon Groweski tient à transmettre son histoire pour ne pas que de telles atrocités se reproduisent. « Je n’ai pas voulu vous transmettre un message de chagrin mais de bonheur. La vie est belle. Gardez la foi en l’avenir et croyez en la bonté humaine. N’oubliez pas ce que vous avez entendu aujourd’hui. Quand un enfant entend un témoin raconter son histoire, il devient lui-même témoin. », conclut Simon Groweski.

Des élèves témoignent
Particulièrement touchés par le récit de Simon Gronowski, certains élèves ont tenu à nous confier leur ressenti après son témoignage.
« J’avais peur en écoutant son récit », confie Samuel, 10 ans, élève à l’école Saint-Martin. « Je me mettais dans sa peau et imaginais ce qu’il avait pu ressentir. J’aurais eu peur que des nazis me tirent dessus en sautant du train. Il a marché tout seul en pleine nuit, pendant des kilomètres, en espérant trouver de l’aide. C’est très courageux ! Je ne pense pas que j’aurais survécu si j’avais été à sa place. »
Sa camarade Linka ajoute : « Je n’aurais pas eu le courage de sauter du train et de laisser ma maman ».
D’autres ont découvert une part historique dont ils ignoraient l’existence. « Je ne savais pas que des millions de personnes avaient été tuées, ni qu’Hitler avait organisé tout cela. Je suis vraiment choqué. », reconnaît Guillaume 11 ans, de Saint-Séverin.
Quant à Pauline et Assia (Villers-le-Temple), elles sont admiratives de la force de Samuel Gronowski. « Malgré tout ce qu’il a vécu, il garde le sourire. Il n’est pas resté enfermé chez lui, il a réussi à vivre, à construire une famille et à trouver le bonheur. »
Tous ces élèves ont promis de devenir témoins à leur tour et de raconter à leurs proches l’histoire de Simon Gronowski.

Par FIONA SORCE
 
Il a décidé de briser le silence après 60 ans

Simon Gronowski, 88 ans, a attendu 60 ans après son calvaire pour raconter son histoire au grand public. « Je n’osais pas en parler car cela me rappelait mes parents et ma sœur décédés. Je culpabilisais énormément suite au décès de ma mère qui, elle, n’a pas pu sauter du train qui l’amenait à Auschwitz. »
Aujourd’hui, il raconte son histoire pour plusieurs raisons. « Je m’exprime pour rendre hommage aux victimes, contrer les négationnistes et surtout remercier les personnes qui ont risqué leur vie pour me sauver », souligne Simon Gronowski.
L’homme se définit comme un passeur de mémoire pour les générations futures. Il écrit des livres et parcourt les écoles belges, françaises, allemandes ou encore anglaises pour rencontrer et sensibiliser les jeunes aux horreurs de la guerre. Il nous a glissés à l’oreille que plusieurs réalisateurs lui ont déjà proposé de réaliser un film sur sa vie mais, pour l’instant, aucun projet n’a abouti.

Par Loris Demarteau
 
 
 
 

 

 

 

 

Ce mardi, l’école de la salle des Templiers de Villers-le-Temple a accueilli Simon Gronowski (86), témoin de la Shoah. Ce Bruxellois a témoigné de son expérience devant des classes de 5e et 6e années primaire des écoles de Villers-le-Temple et Saint-Séverin, et une classe de 3e année générale de l’Athénée royal d’Ouffet.

À l’initiative de sa venue, l’enseignante de morale et citoyenneté aux écoles de Villers-le-temple et Saint-Séverin, Florence Delvaux. «  Il y a environ dix ans, ma directrice m’a apporté un colis avec des livres, dont celui de Simon Gronowski  », raconte-t-elle. «  Le lire m’a très émue. Je me suis fait la promesse d’en parler avec mes élèves. J’ai eu l’idée de le contacter. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose tant qu’il y avait encore des témoins en vie.  »

C’est ainsi qu’en septembre 2015, le Bruxellois est venu rencontrer des élèves nandrinois. Une expérience qu’il a réitérée en 2018, en ce début de semaine. «  C’est toujours très douloureux pour lui d’en parler. Il a gardé le silence sur le sujet pendant 60 ans  », continue l’enseignante. « C’est quelqu’un de très joyeux, qui a gardé son âme d’enfant. Mais lorsqu’il témoigne, il rentre dans une sorte de bulle, et l’on sent toute sa souffrance.  »

 

Son exposé a duré 45 minutes, après quoi les enfants ont pu poser des questions. «  Alors qu’il était dans le train vers Auschwitz, sa maman lui a demandé de sauter du train. C’est grâce à elle qu’il est en vie  », étaye Florence Delvaux. «  Les élèves lui ont demandé pourquoi il n’a pas voulu retourner près de sa maman. C’était son instinct de survie, de plus les soldats allemands n’étaient pas loin.  » Elle ajoute que Simon Gronowski s’est montré optimiste en concluant que « la vie est belle » et qu’il garde espoir. «  Avant de mourir, le garde allemand qui l’a poussé dans le train de la mort lui a demandé son pardon, ce qu’il a accepté.  »

« Il était lumineux »

Florence Delvaux évoque les retrouvailles à Los Angeles entre le Bruxellois et la meilleure amie de sa sœur morte à Auschwitz. «  C’est une dame de 89 ans avec qui il a eu une petite histoire d’amour. Il était très lumineux lorsqu’on l’a rencontré  », conclut l’enseignante.

Florence Delvaux avec Simon Gronowski photo FB 

PAR J.G.

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Témoignage le mardi 15 mai 2018 à Villers le Temple de Monsieur Simon Gronowski qui a survécu à la déportation en s'évadant

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