L’année scolaire pourrait-elle se terminer définitivement pour certains élèves et ne reprendre qu’en septembre?

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Un retour à l’école en septembre? Pas un tabou pour les syndicats

 

L’année scolaire pourrait-elle se terminer définitivement pour certains élèves et ne reprendre qu’en septembre ?

Du côté des syndicats, force est de constater que si la sécurité le nécessite, ce scénario « extrême », voire « catastrophe » ne doit pas être balayé d’un revers de la main


« Nous ne savons pas dans quelles conditions nous allons rentrer. Notre priorité, ce sont les enfants et les enseignants. Et je pense qu’il va falloir penser à trouver des solutions pour rentrer en toute sécurité. Et cela me parait compliqué de faire revenir tout le monde en même temps », résume Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement.


« Rappelons que le retour à l’école ne peut être une bonne première mesure de déconfinement. Et il y a malheureusement une demande des milieux économiques en ce sens. Et je vous dirais bien qu’il faut attendre septembre pour faire cette rentrée. Mais j’y mets quand même un bémol, car cela pourrait augmenter la fracture sociale dont sont déjà victimes certains élèves. »


Concernant les pressions du monde économique, la CSC Enseignement est sur la même longueur d’ondes que la CGSP : « Affirmer que si l’école va garder les enfants, les parents vont pouvoir retravailler, c’est parler comme un économiste », complète Roland Lahaye de la CSC Enseignement.

 

Et lorsqu’on lui demande si certains élèves pourraient ne rentrer qu’en septembre, il ne l’exclut pas : « S’il faut mettre en balance la santé de la population générale et les apprentissages, il n’y a pas photo. Ce sont les conditions de sécurité et de santé qui doivent toujours être prioritaires.

Et dans les écoles, il n’y a pas que les élèves, il y a tout ceux qui gravitent autour comme les enseignants, le personnel administratif, les techniciens ou encore les ouvriers. Il ne faut pas oublier que c’est des lieux de vie avec un “avant” et un “après”. Avec parfois des grands-parents qui viennent conduire et rechercher les enfants ou encore une utilisation massive des transports en commun. »


Vers un retour progressif


À écouter les syndicats, le retour à l’école ne peut donc s’envisager que progressivement. « Il faut tenir compte de l’avis de l’ensemble des acteurs à savoir les fédérations d’associations de parents, la ministre ou encore les pouvoirs organisateurs », nuance Joseph Thonon de la CGSP.

« Mais à mon sens, il y a des priorités, dont la rhétorique et peut-être les 6e primaires. Pour ces groupes d’élèves, il me paraît important de finaliser les apprentissages. Pour les autres, on peut imaginer que l’on tienne compte de cette année Covid-19 et qu’on aménage la rentrée prochaine. »


Même son de cloche du côté des syndicats chrétiens. « Si je devais donner un avis, je donnerais la priorité aux élèves qui en ont le plus en besoin et qui sont selon moi les rhétos », estime Roland Lahaye. « Ils peuvent respecter facilement les règles de distanciation sociale.

Et plus on descend dans les âges, notamment dans le maternel, moins les enfants sont capables de les respecter. Parmi les élèves qu’il ne faut toutefois pas oublier, il y a ceux qui étaient déjà en décrochage scolaire avant la crise. Si un jour les écoles rouvrent, car rien ne garantit qu’elles vont rouvrir, j’appliquerais ces priorités. »


Les différents acteurs de l’éducation, dont font partie les syndicats, se retrouveront dès lundi autour de la table -virtuelle- de la ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS) pour définir la poursuite des mesures d’enseignement à suivre.

Rédaction de l'article Par Guillaume Barkhuysen 

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