Estelle et Pietro d'Anthisnes vont régaler 100 personnes au CHU.

Lien permanent

Son restaurant est fermé, ce qui ne l’empêche pas d’aider les autres. Époux d’une infirmière, Pietro del Giudice a contacté l’hôpital liégeois pour tenter d’amener un peu de réconfort au personnel soignant.


Jeudi fin d’après midi. Quand on pousse la porte de la Trattoria da Pilesya, à Anthisnes, on constate que les chaises sont disposées sur les tables. Pas le choix, le restaurant est fermé.

Mais on retient surtout une bonne odeur qui vient des fourneaux. Avec son épouse Estelle, Pietro prépare cent lasagnes maison. Il y a quelques jours pourtant, l’homme était dépité.

Il a dû fermer son restaurant qu’il a ouvert il y a 5 ans avec son épouse. Le couple a beaucoup investi dans ce projet, transformant une grande partie de l’habitation familiale.


Très vite, en cette période de crise, il a été soutenu par le responsable de la grande surface locale, le Spar qui lui a proposé de vendre ses plats frais du jour. Et cela lui a redonné le sourire : « Je suis soutenu par les Anthisnois mais aussi par des personnes qui viennent de partout pour acheter mes plats.

J’espérais en vendre 20 par jour, parfois, c’est 100 ! Je prépare trois sortes différentes par jour !

C’est incroyable comme les gens sont compréhensifs ».


Comme au resto


Pietro n’oublie pas ses clients du restaurant. Plusieurs viennent du CHU, dont Éric, un ami infirmier. Pietro a été aidé, c’est dans sa nature d’aider les autres. Il a contacté l’infirmier et a proposé ses services.

D’un commun accord, il a été décidé de préparer 100 portions, de quoi rassasier une belle équipe de médecins, infirmiers… « Je finis mes préparations puis je les emballe de manière individuelle. Et oui, ce sont les mêmes lasagnes que vous mangez au resto. Vendredi matin, j’irai les porter au CHU », sourit-il.

« Je trouve cela normal, ce sont des personnes en première ligne. Si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais », nous dit encore le restaurateur italien qui, évidemment, pense aussi au triste bilan de personnes déjà décédées dans son pays d’origine.


Rédaction de l'article Muriel Sparmont

Source

Les commentaires sont fermés.