Face à la pandémie la police accentue ses contrôles

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Au sein de la police intégrée, le mot d’ordre est clair : la priorité, c’est le respect du confinement. Les contrôles « classiques », ce sera pour après. Le Covid-19 est en train de changer tous nos modes opératoires. Et la police aussi doit s’adapter.

Certains services peuvent faire du télétravail. D’autres, en intervention, n’ont pas cette possibilité. Pour eux, l’essentiel, désormais, c’est de faire respecter le confinement en vigueur en Belgique.


« La police de la route, par exemple, ne se concentre plus prioritairement sur les contrôles (NdlR : il y en aura encore, mais moins), mais s’il y a un accident, les policiers vous feront tout de même souffler », précise Thierry Belin, secrétaire national du syndicat policier SNPS. De même, les différents radars sont toujours en activité pour mesurer la vitesse et si les policiers constatent des infractions au code de la route, ils verbaliseront !


« DES ORDRES CLAIRS »


Mais la priorité, c’est d’intervenir dans les endroits publics afin d’éviter les rassemblements de personnes en rue. « Nos ordres sont clairs », témoigne un policier dans une zone locale. « En patrouille, nous devons principalement veiller à ne pas avoir plus de deux personnes ensemble en voiture. Dans les rues, nous sommes attentifs au respect de la distance de sécurité d’1 m 50 au minimum.

Et jamais plus de deux personnes ensemble si elles ne vivent pas sous le même toit. Par rapport aux commerces, nous connaissons ceux qui doivent fermer, ceux qui peuvent rester ouverts. Jusqu’à présent, ça ne se passe pas trop mal. Nous devons parfois faire des remarques aux gens et ils le prennent plutôt bien. Les règles sont assez floues pour eux par rapport aux déplacements. Certains se déplacent en voiture pour aller se promener dans des parcs ou les bois. On leur explique gentiment que ce n’est pas possible. Ils peuvent le faire à pied, à partir de chez eux, etc. En fait, nous n’avons qu’un seul problème. »

SANCTIONS EN VUE


Et ce problème, bien réel, ce sont les groupes de jeunes qui font fi du danger de cette pandémie. Si les zones de police favorisent la discussion, beaucoup commencent - logiquement - à la trouver mauvaise de devoir rappeler constamment les règles du confinement et de l’interdiction de rassemblement. Certaines zones de police ont décidé qu’elles allaient donc passer à une phase de répression, avec sanctions à la clé, étant donné que les avertissements ne semblent pas fonctionner.


Le problème qui pourrait se poser à la police, c’est un problème récurrent maintes fois soulevé ces dernières années : le manque d’effectifs. « Dans les zones de police où le management est à l’écoute, ça se passe bien », note Thierry Belin. « Mais dans les zones où ce n’est pas le cas, comme à Bruxelles-Midi ou à Charleroi, là, ça ne va pas. Si l’ambiance n’est déjà pas au top, l’absentéisme est en hausse. »


Il nous cite le cas de la zone de Charleroi et l’absence d’un quart des policiers. Pour pallier les absences et le risque de flux tendu dans les effectifs, outre le premier flux des policiers présents actuellement sur le terrain, plusieurs, faisant partie d’un deuxième flux ont été invités la semaine dernière à rester confinés chez eux. Ils reprendront donc le chemin du terrain ce lundi. Mais pas sans craintes.

Rédaction de l'article J.M.

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