Le MR liégeois à la recherche des leaders de demain

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Daniel Bacquelaine et Philippe Dodrimont incarnent le MR en région liégeoise. Mais quid de l’après? Christine Defraigne est «blacklistée», plusieurs bourgmestres libéraux ont fait un choix municipaliste uniquement, tandis que des éternels espoirs ne percent pas. Un nom revient, celui de la députée wallonne et cheffe de groupe à Liège, Diana Nikolic. Le président du parti compte mettre en place un plan de redéploiement. Analyse.

Quel avenir pour le MR liégeois ? La question mérite à coup sûr d’être posée car mine de rien, les libéraux n’ont clairement pas le vent en poupe dans le bassin principautaire, en témoignent leurs mauvais résultats aux élections de mai 2019 (-1 siège à la Région, -2 au Fédéral). Mais outre les résultats en tant que tels, ce sont les perspectives à moyen terme qui inquiètent, car les réformateurs manquent de ressources humaines. Ce cacique résume : « Nous avons des valeurs sûres, comme Philippe Dodrimont ou Daniel Bacquelaine, personne ne peut le nier. Même s’il est évident – et ce n’est pas leur faire injure –, que ce n’est pas l’avenir du parti dans l’arrondissement ».

D’autres encore poussent la comparaison avec les arrondissements voisins de Verviers et de Huy-Waremme. Dans ce dernier, le « fils Reynders, Nicolas, est amené à prendre de l’ampleur ». Plus à l’Est de la province, « on peut déjà miser sur certaines personnes comme la présidente des Jeunes MR de la province de Liège Victoria Vandeberg (désignée échevine à Jalhay à 21 ans, NDLR) ou encore la députée verviétoise Stéphanie Cortisse », renchérit ce libéral de premier plan.
Preuve de la faiblesse du réservoir libéral liégeois, la difficulté pour Daniel Bacquelaine, au moment de constituer sa liste fédérale, de trouver une femme de Liège-Ville. Résultat des courses, la quatrième place, pourtant éligible, était occupée par Cécile Firket, non élue aux élections communales qui se tenaient six mois auparavant.
Culot-Cialone, éternels espoirs
C’est d’autant plus vrai que deux quadragénaires sur lesquels misait le MR sont rentrés dans le rang : le Sérésien Fabian Culot et l’Ansois Thomas Cialone. Le premier cité a pourtant montré, de l’aveu de nombreux observateurs, toutes ses qualités de parlementaire. « C’est quelqu’un de très intelligent, précis, qui connaît et suit ses dossiers. Une personne de très grande qualité, une machine intellectuelle. Mais qui ne fait pas de voix », confie un libéral qui le côtoie régulièrement.
Bref, comme le synthétise ce cadre du parti au niveau national : « Notre chance, c’est que nous avons un peu de temps – à moins que l’on retourne voter – pour reconstruire quelque chose sur Liège ».

Nikolic à coup sûr
Selon les différents coups de sonde en interne, quelques noms émergent toutefois. Le premier fait l’unanimité. Il s’agit de Diana Nikolic. Députée wallonne, elle est également cheffe de groupe à la Violette. Ce dernier poste est d’ailleurs loin d’être une sinécure. « Elle sera clairement amenée à exercer des responsabilités au sein de notre parti », affirme le président fraîchement élu Georges-Louis Bouchez. Lesquelles ? C’est encore tôt pour le dire. Mais il nous revient que le poste de porte-parole du MR est dans les tuyaux. À voir, donc. Mais globalement, il est clair qu’elle sera l’un des principaux atouts de son parti à Liège. Gille Foret aura également pu suivre cette trajectoire, mais l’intéressé a décidé de se focaliser pleinement sur la Cité ardente et son mandat d’échevin.

Les – rares – visages qui devraient incarner le MR liégeois sont à chercher en dehors de Liège-Ville. Et même en dehors du bassin industriel à proprement parler. Les conséquences d’un choix stratégique que les libéraux paient aujourd’hui. « On a sacrifié Liège et ses communes « rouges » au profit de l’Ourthe-Amblève et, dans une moindre mesure, de la Basse-Meuse. »
Pour en revenir aux visages à suivre, le nom qui revient après Diana Nikolic est celui de Mathieu Bihet. Ce dernier, malgré son jeune âge, possède une certaine expérience : 4 ans de présidence des Jeunes MR au niveau national, échevin de Neupré depuis octobre 2018. Avec 5.741 voix à la première suppléance à la Chambre, il possède un potentiel de voix, « mais qui doit être confirmé s’il occupe une place éligible », tempère cet édile de la périphérie.

Du côté de Chaudfontaine, on retrouve un « protégé » de Daniel Bacquelaine en la personne de Laurent Radermecker, qui a été président des étudiants de la Fédé (ULiege) et élu conseiller dans la cité thermale.
Enfin, en Basse-Meuse, l’avenir se nomme peut-être Séverine Philippens-Thiry. À 40 ans, l’intéressée a fait un score canon en étant 4e à la Région avec 4.821 voix. C’est plus que le troisième, Fabien Culot. Inattendu. « C’est très positif, car si Viviane Dessart est vraiment au top pour gérer Visé, on sait que la relève est là », nous confie-t-on. D’autant que le Dalhemois Arnaud Dewez, ancien plus jeune mayeur de Belgique, a fait un choix municipaliste uniquement.

Il est donc grand temps de préparer la relève au sein du MR de l’arrondissement. Le président du parti, Georges-Louis Bouchez, se dit toutefois « confiant » et souligne « qu’il y a plein de jeunes » sur qui miser. Et, détail important, qu’il « n’exclut pas que les gens bougent d’un arrondissement à un autre, tout en restant en province de Liège. »

 

Rédaction de l'article

Par Gaspard Grosjean

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