Maintenant j’en parle, Il s’agit d’un chat destiné aux ados victimes d’abus ou de harcèlement sexuels

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Il y a tout juste deux ans, l’équipe SOS Enfants de Namur lançait « Maintenant j’en parle ». Il s’agit d’un chat destiné aux ados victimes d’abus ou de harcèlement sexuels. Depuis, ce service répond à toujours plus d’appels à l’aide.


« Tu es mineur(e) et tu as des questions sur les abus sexuels ?

Quelqu’un a des gestes déplacés envers toi ou t’oblige à faire des choses que tu ne veux pas ?

Tu es victime de harcèlement sexuel ?

Connais-tu quelqu’un qui est dans ce cas et pour qui tu t’inquiètes ?

On peut t’aider. Ici, tu peux chatter (parler) anonymement avec une de nos intervenantes spécialisées.

Ta conversation avec cette intervenante est strictement confidentielle et protégée, personne d’autre ne peut la suivre », peut-on lire en se connectant au site « Maintenant j’en parle ».

Sur la droite, comme sur Facebook, apparaît un onglet orange qui permet de chatter.


1,5 contact chaque soir


Ce site est toujours plus visité par les jeunes. Il était né suite à un constat : différents moyens sont disponibles pour ceux qui veulent parler et dénoncer du harcèlement et/ou des abus sexuels mais il n’y avait encore rien sur le Web. Un outil pourtant bien plus utilisé par les adolescents.


« Nous avons commencé à cogiter le projet Maintenant j’en parle en 2017 et nous l’avons lancé quelques mois plus tard. Nous en avons fait sa promotion via notamment des folders dans les services en lien avec les ados.

Le nombre de contacts n’a cessé d’augmenter au fil des mois. Entre la première et la deuxième année, leur nombre a été multiplié par 2,5. Par soir, on est à une moyenne de 1,5 contact via le chat et 1,5 via le mail », nous confie le Dr Josée Pelzer, la coordinatrice du projet.

Victimes de 8 à 15 ans

Ce service est entièrement gratuit. Il est accessible trois soirées par semaine : les lundis, mardis et jeudis.

En dehors de ces créneaux horaires, le jeune peut laisser un message et les équipes de « Maintenant j’en parle » le recontacte au plus vite.

Tout au long du processus, il peut garder l’anonymat en utilisant un pseudo et ce qu’il confiera lors du chat restera strictement confidentiel. Le secret professionnel y est garanti.


« L’âge moyen des jeunes qui nous contactent, est de 8 à 15 ans.

 

Le but est de les écouter, de les soutenir, de solliciter la parole, de répondre à leurs questions et de les guider en cas de besoin vers une aide spécialisée et appropriée. On leur prête une oreille attentive.

 

On n’effectue pas un suivi thérapeutique mais on permet d’ouvrir le dialogue. C’est une première étape », nous confie la coordinatrice du projet.

« Certains jeunes ont longuement gardé leur secret concernant un viol, un abus…

Ils commencent alors à nous raconter leur histoire. Mais très, ils nous posent une question : est-ce que cela s’est vraiment produit ?

Ils étaient souvent beaucoup trop jeunes pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

On va donc prendre le temps de poser des questions pour les soutenir dans l’élaboration des faits. »
Trois intervenants sont présents chaque soir de chat et une conversation dure maximum une heure. « Nous essayons ainsi de permettre à toute personne qui désire nous contacter d’en avoir l’occasion », souligne-t-elle. « Mais, après cette première discussion, la victime peut reprendre contact. Après dix fois une heure de conversation, le travail d’écoute est généralement terminé et le jeune à toutes les ressources nécessaires.

Il sait où il peut demander de l’aide, où il peut trouver une protection et s’il peut déposer plainte ou ouvrir un dossier juridique ».

Et dans le futur ?


Dans le futur, l’équipe de « Maintenant j’en parle » souhaite ouvrir leur service à d’autres adolescents.

« Internet est pollué d’images pornographiques et de discours chocs.

De jeunes garçons peuvent être happés par ces images et peuvent avoir peur d’avoir de mauvaises envies comme le harcèlement. On pourrait donc aider ces autres victimes », conclut le Dr Josée Pelzer.


Rédaction de l'article par Alison Verlaet

 

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