Entre son domicile et la maison de repos, on retrouve les résidences-services.

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Le boom des résidences-services: +87% de places en 6 ans

Entre son domicile et la maison de repos, on retrouve les résidences-services. Une offre qui s’est considérablement renforcée ces dernières années, en passant de quelque 4.000 places en 2014 à plus de 7.500 aujourd’hui.


En quelques années, la Wallonie a doublé son nombre de logements en résidence-services. Ces résidences sont à mi-chemin entre le domicile personnel et la maison de repos : les résidents y conservent une certaine autonomie, tout en bénéficiant d’une aide en cas de besoin, que ce soit pour des soins ou d’autres services, comme les repas par exemple.


En 2014, on recensait 110 résidences-services regroupant 1.925 logements et offrant 4.020 places. D’après le cabinet de la ministre wallonne de l’Action sociale et de la Santé, Christie Morreale (PS), qui vient de recevoir les derniers chiffres en la matière, la Wallonie compte désormais 3.752 logements répartis dans 173 résidences-services pour un total d’environ 7.500 places ! Un véritable boom que l’on doit en partie à la politique menée par l’ex-ministre Eliane Tillieux (PS) qui avait mis l’accent sur cette offre en débloquant à l’époque un budget de plus de 39 millions d’euros !


Privées pour la moitié


Ces subsides ont permis à l’offre publique d’augmenter en parallèle d’une offre commerciale, elle aussi toujours plus importante. Et la porte-parole de la ministre de dévoiler les chiffres d’une récente étude de l’Agence wallonne pour une vie de qualité (AVIQ) : en 2017, 48 % des logements se trouvaient dans le secteur commercial, 36 % dans le secteur associatif et 16 % dans le public. En 2014, le public ne représentait que 10 % de l’offre.

Parmi les évolutions du secteur, notons également la taille des résidences-services qui a augmenté. « En 2014, les établissements de 30 logements et plus représentaient 34 % des logements alors qu’en 2017, ils en représentent 39 % », souligne la porte-parole.


Les résidences-services s’adressent aux personnes âgées valides. Dans les faits, elles séduisent surtout la gent féminine puisque deux tiers des résidents sont des femmes, dont la moyenne d’âge est de 83,4 ans. Les résidents masculins sont un peu plus jeunes, avec une moyenne d’âge de 82,1 ans. Aujourd’hui, les personnes âgées veulent rester chez elles le plus longtemps possibles et entrent donc relativement tard dans les résidences-services. À leur arrivée, elles sont en moyenne âgées de 80 ans.


L’intérêt de ces résidences réside dans les commodités et les services qu’elles proposent. Outre une cuisine équipée, une salle de bain adaptée et une chambre, elles comptent généralement des lieux communs pour échanger avec les autres résidents comme des jardins, des bibliothèques ou des salles de télévision. Des salles de kinésithérapie et de sport sont également prévues dans environ un tiers des résidences. Sans oublier le côté « sécurisant » de ces logements : les résidents peuvent en effet à tout moment, via un système d’interphone obligatoire, entrer en contact directement avec le personnel de garde.
Cette possibilité de contact fait partie des obligations auxquels le secteur doit répondre. De même, le résident qui souhaite faire appel à un service de repas matin, midi et soir, doit pouvoir le faire. Il doit aussi pouvoir bénéficier d’une aide pour le nettoyage de son logement au moins une fois par semaine ainsi que pour l’entretien de son linge personnel.

Ils y restent 2 ou 3 ans


Le lien avec les maisons de repos est bien réel puisque chaque résidence-services doit être conventionnée avec une maison de repos ou une maison de repos et de soins. Grâce à cette convention, les résidents sont prioritaires le jour où ils souhaiteraient être hébergés par celle-ci. Plus qu’une simple métaphore, la résidence-services est donc un véritable pont entre le domicile et le home. Une opportunité qui est bel et bien saisie dans la réalité puisque les personnes restent en moyenne deux ou trois ans dans la résidence-services. Après quoi, 50 % d’entre elles intègrent une maison de repos.


Christie Morreale: «Il ne faut pas que ce soit un luxe!»


La résidence-services fait partie du maillage de l’offre d’hébergement et de soins à destination de nos aînés. Une solution intéressante qui pourrait se développer encore, « si la demande est là et qu’elles sont financièrement accessibles », souligne le ministre de l’Action sociale et de la Santé, Christie Morreale (PS). « La pression immobilière ne peut justifier tout. Si des subsides sont demandés, il en va de la responsabilité de la Région de demander à ce que l’on reste dans des fourchettes de prix accessibles. » Et d’ajouter : « La résidence-services ne doit pas être un luxe ! »


Pour répondre au vieillissement de la population, la résidence-services n’est bien sûr pas la seule piste. « 8 Wallons sur 10 préfèrent rester chez eux et nous devons en tenir compte », indique-t-elle. « C’est pourquoi nous avons dégagé des moyens en matière d’aides familiales. » 5 millions supplémentaires seront notamment consacrés cette année à la création de 140 équivalents temps plein.
La ministre entend aussi apporter une réponse aux séjours hospitaliers de plus en plus courts. « Nous réfléchissons à comment mieux organiser la sortie de l’hôpital avec des services de revalidation et des structures qui accueilleraient les personnes avant un retour au domicile. » Christie Morreale se penchera aussi sur la question de l’e-santé, qui « sans déshumaniser la chose, permettrait des contacts journaliers via des formules qu’il reste à trouver ».
À l’autre bout du maillage, on retrouve les maisons de repos et les maisons de repos et de soins. « En 2020, nous financerons du personnel pour répondre à la surcharge de travail », rappelle-t-elle. « La perte d’autonomie des résidents est de plus en plus grande et le secteur demandait donc qu’au lieu de créer de nouvelles places, on s’attelle plutôt à transformer des places de maison de repos existantes en lits de maisons de repos et de soins. »
 

De 534 euros à Liège à 3.134 euros en Brabant wallon


La résidence-services, c’est une offre séduisante. Mais encore faut-il que les personnes âgées puissent la saisir… financièrement parlant. 50 % des loyers sont supérieurs à 999 euros dans le secteur public. Dans le privé, la moitié des loyers demandés dépassent la barre des 1.500 euros. Des loyers médians qui cachent bien des disparités… « Le loyer mensuel peut varier de 534 euros pour un appartement une personne en province de Liège à 3.134 euros pour un appartement deux personnes en Brabant wallon », illustre la porte-parole de la ministre, Stéphanie Wilmet.
À titre de comparaison, rappelons que le prix moyen des maisons de repos en Wallonie est de 43,80 euros par jour dans le public, soit 1.357,8 euros par mois (31 jours). Dans le privé, on monte à 51,7 euros, soit plus de 1.602 euros par mois. Mais attention : les prix des maisons de repos prennent davantage d’éléments en compte dans leur calcul, comme le nettoyage et les repas, qui sont par contre des suppléments pour les résidents des résidences-services. De plus, le loyer des résidences ne couvre pas forcément les charges même si c’est le cas dans une grande majorité des cas. Enfin, dans plus d’un tiers des établissements, le loyer comprend la télévision et internet.
Louer ou acheter
Rappelons également que la location n’est pas la seule option. Certains logements en résidences-services sont mis en vente. Actuellement, des appartements de deux personnes sont par exemple à vendre à Villers-Perwin, au nord de Charleroi, pour la somme de 175.000 euros.

Un dossier par Sabrina Berhin

 

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