Le stockage de déchets nucléaires à Tihange dénoncé à l’Elysette

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Des riverains de la centrale nucléaire de Tihange ont manifesté jeudi matin devant le siège du gouvernement wallon, à Namur, afin de s’opposer à la demande de permis d’urbanisme introduite par Engie-Electrabel, en vue de la construction d’un entrepôt destiné à accueillir des déchets nucléaires.


Regroupés au sein de de l’Association citoyenne pour la transition énergétique(ACTE), les manifestants sont arrivés vers 9h. Affichant une énorme banderole flanquée du slogan «Stockage des déchets radioactifs, notre sécurité bâclée», ils espéraient pouvoir interpeller les ministres à l’occasion de leur réunion hebdomadaire. Mais cette dernière aura finalement lieu ce jeudi soir. Les manifestants ont néanmoins poursuivi leur action jusqu’à 09h30 devant l’Elysette.


La demande de permis introduite par Engie-Electrabel auprès de la Région wallonne concerne la construction de trois bâtiments d’entreposage de déchets nucléaires à sec sur le site de la centrale de Tihange.
L’administration wallonne n’a pas souhaité y donner suite en octobre dernier, estimant qu’il revient au gouvernement wallon et au fédéral de prendre cette décision.

La fonctionnaire déléguée avait alors invoqué la sensibilité du dossier face à l’intérêt général. Elle avait aussi mis en avant les nombreuses contestations reçues lors des enquêtes publiques. Outre une forte opposition populaire, les autorités communales d’Amay, Verlaine, Engis et Nandrin avaient, en effet, fait part d’un avis défavorable.


La balle est donc maintenant dans le camp du gouvernement wallon, qui devrait se prononcer dans les prochains jours, par l’intermédiaire du ministre de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus.
«Les combustibles qu’ils souhaitent stocker sont de catégorie C, à savoir des déchets nucléaires de haute activité, les plus dangereux. Par ailleurs, on parle d’un stockage ’temporaire’, mais de minimum 80 ans», s’inquiète du côté des manifestants Pierre Giet, porte-parole de l’ACTE.


Pas bunkérisé


«Tel qu’envisagé, l’entrepôt ne serait pas bunkérisé. Il ne résisterait donc pas à la chute d’un avion, alors que Bierset est à 15 kilomètres et que de nombreux gros porteurs sont appelés à le survoler. Qui plus est, Engie-Electrabel souhaite l’installer entre deux tours de refroidissement. En cas d’attaque terroriste, celles-ci pourraient donc s’effondrer sur l’entrepôt. La température dans les containers de stockage pourrait alors monter de manière très importante», ajoute-t-il. «Il faut au minimum que les bâtiments soient bunkérisés et leur localisation revue»


Le projet est d’importance non seulement pour l’exploitation des centrales mais également en vue de leur démantèlement. Or, une décision politique est toujours attendue sur la méthode de stockage définitif de ces déchets hautement radioactifs. Il est question d’un enfouissement à 200 mètres dans le sol argileux de Mol mais d’autres scénarios sont à l’étude. Quel que soit celui qui sera retenu, sa mise en œuvre prendra des décennies et, en attendant, une capacité d’entreposage suffisante est nécessaire.

 

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