Seules trois communes proposent une prime et certaines crèches sont encore réticentes

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Les couches lavables n’ont pas la cote à   Huy-Waremme

 

A l’heure de la transition écologique, il reste du chemin à parcourir en matière de couches lavables pour bébé. Très peu de communes dans notre arrondissement incitent les parents en ce sens en octroyant une prime à l’achat. Et les crèches font parfois barrage.
Les chiffres donnent le tournis. Une tonne de déchets par enfant, de la naissance à la propreté. 799.654.410 couches utilisées en Belgique, sur base de 121.713 naissances en 2015. En matière écologique, on entend actuellement beaucoup parler de nourriture saine dans les cantines, de réduction des plastiques dans les administrations, mais bizarrement pas des couches lavables.
Ces dernières présentent toutefois l’avantage d’utiliser nettement moins d’eau, d’énergie lors de la fabrication des langes mais aussi de produire moins de déchets, de ne pas mettre d’élément chimique au contact des fesses de bébé et d’être plus économiques sur le long terme. Par contre, l’investissement de départ reste important et l’intendance qu’elles génèrent « refroidissement » beaucoup de parents.
L’heure n’est pas à la promotion de ce type de dispositif. Sur 31 communes que compte notre arrondissement, seules trois d’entre elles proposent une prime à l’achat de couches lavables (neuves) pour bébé. Saint-Georges est la plus généreuse avec 125 euros maximum de prime, sur base d’une facture. Huy et Wasseiges octroient 50% du montant de l’achat, avec un plafond à 100 euros. Mais les candidats ne se bousculent pas au portillon. «Nous avons eu une demande l’année passée. En tout, depuis le lancement de la prime en 2009, il y a eu 4 ou 5 candidats. Et pourtant, nous en faisons la pub dans le bulletin communal chaque année… », nous glisse-t-on à la commune de Wasseiges. Constat identique à Saint-Georges avec deux demandes de primes depuis 2015. Même à Huy, une ville à la population plus importante, il n’y a jamais eu plus de cinq demandes par an depuis 2011. Au point que la prime a été annulée en 2019, puis relancée en 2020 « pour le symbole de la démarche », souligne Adrien Housiaux, échevin de l’environnement. A Lincent, une prime avait été instaurée il y a une dizaine d’années, puis abandonnée, faute de demande : « Jamais aucune famille ne l’avait sollicitée », indique Yves Kinnard, le bourgmestre.

A Amay, commune Ecolo, pas de prime mais une réflexion globale « zéro déchet » avec une eco-team, en concertation avec les crèches. Héron n’en propose pas non plus, elle offre plutôt un rouleau de sacs poubelle de déchets organiques pour les langes jetables. « Ainsi, ils sont quand même recyclés », souligne l’échevin Luc Viatour.
« Pas convaincues »
Faire accepter les couches lavables en milieu d’accueil n’est pas mince affaire non plus. Chacun est libre d’accepter ou de refuser la demande des parents en ce sens. L’ONE n’impose pas de règles, elle émet plutôt des recommandations, à savoir le stockage dans une poubelle individuelle par enfant et qui se ferme, à remettre aux parents quotidiennement. À Héron, la crèche communale La Héronnière a tenté l’expérience avec une fillette, mais va désormais refuser toute nouvelle demande de couches lavables. «Ce système est contraignant, constate Laurence Checchin, nouvelle directrice de la Héronnière. Nous nous occupons de 36 enfants de 0 à 3 ans, si chacun a sa propre poubelle, imaginez… Nous n’avons pas beaucoup de place, ou alors il faut empiéter sur l’espace de jeu. Par ailleurs, ce n’est pas très agréable pour les puéricultrices de chipoter dans les excréments pour retirer la lingette. Nous ne sommes pas convaincues par le concept. » Un avis que ne partage pas Stéphanie Nollomont, directrice de la maison d’enfants « Les Rase-moquette » à Amay, qui accueille 11 bébés dont un avec couches lavables : « Mes poubelles sont allégées. Ecologiquement, c’est un geste important. Je ne trouve pas que ça sente mauvais et je me lave les mains après le change. Ca ne me pose pas de problème. »
Par Annick Govaers

 

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