Mise à l’arrêt définitive de Tihange 2 est lancée

Lien permanent

Le 1er février 2023, l’unité 2 de la centrale nucléaire sera définitivement mise à l’arrêt. La date est acquise et le processus est lancé. Pour les deux autres unités, qui doivent légalement fermer en 2025, Engie espère toujours une prolongation de 20 ans. « Sinon ce sera très compliqué pour l’approvisionnement en électricité du pays et pour l’emploi » avertit le directeur de la centrale de Tihange.


L’arrêt définitif des centrales nucléaires de Tihange, on en parle depuis des années. Cette fois cependant, le processus est concrètement lancé pour l’une des trois unités, à savoir Tihange 2.

L’unité 2 est celle qui a connu, en 2017 notamment, une mise à l’arrêt temporaire suite à la découverte de micro-fissures dans l’acier de la cuve du réacteur. « Il ne s’agissait pas de micro-fissures mais de défauts hydrogénés de la taille d’un cheveu » rectifie Jean-Philippe Bainier, le directeur de la centrale de Tihange. Une précision langagière qui ne changera pas le destin de l’unité : Tihange 2 est bel et bien condamnée et vit ses dernières années. Même si le gouvernement fédéral revoit sa position sur la loi de sortie du nucléaire, théoriquement prévue pour 2025, le sort de Tihange 2 ne changera pas.

Tihange 2, construit en 1983


« Cet automne, nous avons lancé le projet de mise à l’arrêt définitive (MAD) de Tihange 2 » confirme le directeur du site tihangeois.


Trois personnes travaillent déjà sur cette perspective et l’équipe devrait grossir au cours des prochains mois. « Ces trois personnes planchent notamment sur la manière de mettre définitivement à l’arrêt certains circuits » précise le directeur.


Construite en 1983, Tihange 2 a une capacité de production de 1008 MW et occupe 250 personnes. « Un certain nombre de personnes seront ramenées vers les autres unités. Les équipes de conduite sont progressivement allégées. »


Le 1er février 2023, Tihange 2 arrêtera de produire de l’électricité de manière brutale. « Il n’y aura pas de phase de décroissance » confirme le directeur. Mise à l’arrêt définitive ne signifie cependant pas démantèlement. « Nous disposons de l’autorisation de MAD dans le cadre de notre permis d’exploiter initial, par contre pour démanteler la centrale, nous devons obtenir un nouveau permis » détaille encore le directeur. Ce permis doit notamment recevoir l’aval de l’Agence Fédéral de Contrôle Nucléaire.


Si le permis est obtenu, le démantèlement deTihange 2 devrait être lancé après 2023 et s’achever en 2027.
Pour les deux autres unités de la centrale, Tihange 1 et 3, le déroulement du calendrier est moins certain. La loi de 2003 prévoit une sortie du nucléaire en 2025, mais en octobre dernier, Johnny Thijs, le président d’Electrabel a fait part de sa volonté de prolonger trois réacteurs belges, dont Tihange 1 et 3, de 20 ans.


« Très compliqué »


En l’absence de gouvernement, aucune décision n’a été prise. Théoriquement, la date butoir est donc toujours la même. Mais pour Jean-Philippe Bainier le scénario d’arrêt total en 2025 n’est pas tenable. « Passer de six réacteurs en service actuellement (3 à Tihange ; 3 à Doel) à zéro ce sera très compliqué. Si aucune autre mesure alternative n’est prise, c’est la moitié de l’électricité produite en Belgique qui va disparaître. » Il conclut, en boutade : « Je ne sais pas si les Belges seront d’accord de regarder la TV un soir sur deux seulement… »

 

«Containers ultra-résistants»


L’autre dossier chaud du moment, pour la centrale nucléaire de Tihange, c’est la demande d’Engie de construire un hall de stockage à sec destiné à accueillir combustible nucléaire usé. Le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem vient de donner son feu vert, reste encore à obtenir l’aval de la Région. Dans un premier temps, le fonctionnaire délégué a refusé, mais un recours a été introduit auprès du ministre Borsu. « Nous espérons une décision pour la fin du mois » affirme Jean-Philippe Bainier. Le directeur de la centrale de Tihange en profite pour répondre à certaines critiques des opposants au projet et notamment au fait que le bâtiment ne soit pas « bunkérisé » et serait donc incapable de résister à la chute d’un avion. « C’est vrai le bâtiment n’est pas bunkérisé, mais les contenairs dans lesquels seront entreposés le combustible, eux, sont ultra-résistants.
Ils sont conçus pour pouvoir être transportés et résister au crash d’un train. »

 

Par Aurélie Bouchat

 

Source

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel