Il y aura moins de nids-de-poule cet hiver!

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Si, par le passé, les automobilistes se plaignaient de nids-de-poule à répétition en hiver sur les routes wallonnes, l’impression générale est que, cette année, ces trous sont bien moins nombreux et moins importants.

Un sentiment partagé au sein de la Sofico et du SPW, responsables des infrastructures, qui constatent eux aussi que l’état général du réseau est bien meilleur que les années précédentes. Décryptage.


L’hiver clément que l’on connaît fait au moins des heureux : les automobilistes. Car outre le fait de n’avoir dû que très rarement gratter leur pare-brise, ceux-ci profitent aussi d’un réseau autoroutier en bien meilleur état. « Effectivement, nous avons une impression globalement bonne, avec moins de nids-de-poule », confirme Élodie Christophe, porte-parole de la Sofico.


Les températures ne sont descendues sous la barre du zéro degré que très rarement, ce qui a réduit les phases de gel et de dégel de l’eau qui s’infiltre dans le revêtement, et l’épandage du sel néfaste à nos chaussées.
Mais de manière générale, il faut aussi souligner que les travaux importants réalisés ces dernières années portent leurs fruits : le réseau autoroutier étant en meilleur état, les nids-de-poule et les dégradations sont moins nombreux.

« Nous avons eu de gros chantiers de réhabilitation ces dernières années qui permettent aujourd’hui de dire que l’état général du réseau s’est amélioré. Et ce réseau est donc moins fragile face aux aléas de l’hiver. Nous avons fait quelques réparations de ce type cet hiver en urgence, notamment à Wanlin. Mais il y en a moins que les années précédentes ».


Pour reboucher des nids-de-poule, certaines conditions sont obligatoires : pas de pluie et pas trop de vent pour ne pas refroidir l’asphalte, et une température aux alentours de 8 degrés. La majorité des rebouchages de ces trous sera effectuée au printemps, lorsque toutes ces conditions seront garanties. Des réparations « d’urgence », avec du tarmac à froid, ont aussi dû être réalisées sur l’E25 dans la région de Bastogne/Houffalize, Habay, Verlaine et à la Baraque de Fraiture.


ON CROISE LES DOIGTS


« Les conditions étant moins rigoureuses et les routes étant déjà en meilleur état que par le passé vu le gros travail réalisé ces dernières années, il y a eu moins de nids-de-poule constatés », confirme Christophe Blerot, porte-parole du Service Public de Wallonie (SPW).

« Le fait d’avoir moins de sel à utiliser, moins de variations de températures, c’est une bonne chose car le revêtement hydrocarboné n’aime pas cela ». Au SPW, on croise donc les doigts pour que les températures restent douces ou, en tout cas, pour ne pas connaître de grosses variations de température dans les prochaines semaines.


Une situation qui est aussi bénéfique pour les finances du SPW et de la Sofico, ainsi que pour les plannings de leurs ouvriers : ils peuvent se concentrer sur les « gros » chantiers à réaliser plutôt que sur de petites réparations de nids-de-poule qu’il faudrait de toute façon refaire au printemps quand les conditions climatiques sont meilleures…


À peine 1/5e du stock de sel utilisé

Même si la semaine dernière a vu sortir les épandeuses sur les routes de Wallonie pour contrer la première vraie offensive hivernale depuis le début de l’automne, les stocks de sel prévus par le SPW pour assurer la sécurité des automobilistes se portent particulièrement bien cette année.


Ainsi, sur les 100.000 tonnes de sel prévues pour contrer les aléas du froid, à peine 20.000 tonnes avaient été utilisées lundi dernier. « Nous disposons de 40.000 tonnes de sel dans les différents districts du SPW, ainsi que 60.000 tonnes disponibles chez le fournisseur, qui nous appartiennent », souligne Christophe Blerot, porte-parole du SPW. « En comparaison, l’année dernière, nous avions utilisé les 100.000 tonnes prévues ». À voir toutefois si un gros coup de froid n’interviendra pas d’ici le 15 avril, et la fin du « service hiver ».


Des économies en sel qui n’auront un impact sur les finances régionales que l’année prochaine : en effet, le stock qui n’aura pas été utilisé a déjà été payé cette année, mais représentera une économie pour le budget 2021.


Le printemps, riche en travaux!
Actuellement, les équipes du SPW et de la Sofico œuvrent principalement à la programmation des chantiers, à la préparation des cahiers des charges et à des travaux préparatoires. Les gros chantiers reprendront, eux, au printemps. Parmi ceux-ci :
Sur l’E40 Liège-Bruxelles, entre Alleur et Loncin, la mise à 4 bandes se poursuivra. Actuellement, les ouvriers posent les écrans anti-bruit. Il reste notamment à poser l’asphalte, la berme centrale et les portiques de signalisation. Fin du chantier annoncée pour l’été 2020.


Sur l’E411 à Louvain-la-Neuve, la deuxième phase du chantier doit démarrer au printemps avec la création d’une sortie P+R notamment.


Sur l’E42 entre Obourg et Jemappes, les travaux de réhabilitation reprendront après une pause depuis décembre.
Entre Cheratte et Visé vers Maastricht, sur l’E25, la couche d’usure a été raclée l’automne dernier. Les travaux se poursuivront au printemps avec la réhabilitation de la chaussée.


Sur la N4, le chantier de la traversée de Tenneville en province de Luxembourg en vue de sécuriser le village et de réduire la vitesse sur cet axe en passant la circulation à 2 x 1 bande au lieu de 2 x 2 bandes, se poursuivra encore jusqu’au printemps 2021.
La traversée de Ghlin, sur la N50, entrera dans sa deuxième phase. Le chantier doit être totalement bouclé pour fin 2020.

Sur le R9 de Charleroi, la modification de la sortie « Palais des expositions » et la création du nouvel accès au ring se poursuivra en vue de désengorger la Porte de Mons. Les travaux préparatoires, dont l’abattage d’arbres et le déplacement de terres, sont en cours.


La machine à nids-de-poule séduit les communes et le SPW


« Pour l’instant, la machine est à l’arrêt car nous devons avoir la garantie d’une température minimale de 5 degrés pour pouvoir mettre en œuvre les matériaux », explique Guillaume Deruelle, directeur des opérations chez SACE.

Après une période de test en 2018, la société liégeoise utilise désormais une machine révolutionnaire pour lutter contre les nids-de-poule. Équipée d’un bras, elle projette dans le trou un revêtement routier spécial. « La durée de vie de la réparation est d’un à deux ans.

C’est plus qu’un enrobé à froid qu’il faut racler quelques mois plus tard car il est à nouveau dégradé », détaille le spécialiste liégeois. Le tarmac à froid sert à reboucher d’urgence lorsque les conditions atmosphériques sont mauvaises, mais sa durée de vie est très limitée.

Quant à l’enrobé à chaud, il faut que la météo soit meilleure et que les usines produisant le tarmac fonctionnent à nouveau après l’hiver.


« L’avantage avec le nouveau système, c’est que le gestionnaire de voirie a le temps d’envisager des travaux à plus grande échelle sur la zone concernée. Il ne doit pas refaire dans l’urgence de petites zones dès que le printemps est installé », précise Guillaume Deruelle.

Le budget n’est pas le même. L’enrobé projeté coûte quatre fois plus cher que le tarmac à froid jeté par pelletées. Il ne convient pas non plus à tous les types de réparations. S’il fonctionne parfaitement sur les trous et les longues fissures, il n’est pas utile sur les grandes surfaces faïencées de microfissures. On l’oubliera aussi s’il s’agit de traiter un tronçon littéralement criblé de cratères.


Des gestionnaires de voiries sont néanmoins convaincus de l’utilité du procédé, même s’il est plus onéreux dans un premier temps. « Les villes de Liège et de Visé ont notamment fait appel à nous, ainsi que le Service public de Wallonie pour les autoroutes.

Nous avons pas mal travaillé à l’automne dernier avec des campagnes de plusieurs semaines. L’agenda commence déjà à être bien rempli pour le mois de mars.

Les débuts sont bons. On nous recommande », se réjouit Guillaume Deruelle.
Yannick Hallet

De nombreux points noirs à réhabiliter!


Si la situation sur le réseau autoroutier et les grosses nationales semble donc meilleure que les années précédentes, dans les communes, par contre, les petites chaussées transformées en gruyère ne manquent pas.

Et en général, il s’agit de rues secondaires soumises à un important trafic, où les trous ne datent pas de cet hiver, mais plutôt des années précédentes. Voici une liste non exhaustive de problèmes relevés par nos journalistes sur place.
En région liégeoise : on constate des nids-de-poule dans la descente de Tilff sur l’E25, sur le quai Vercour à Sclessin et dans la rampe du pont d’Ougrée, au pont de Fragnée à Liège et au rond-point de Belle-Île, mais aussi au rond-point de Burenville, rue des Prés à Wandre et rue de l’Égalité à Ans.
En région montoise : à Ghlin, au niveau du pont du Busteau et chemin de l’Inquiétude, des automobilistes ont vu leurs jantes ou leurs vitres endommagées à cause des nids-de-poule.


Par L.P. LAURENCE PIRET avec nos éditions régionales

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