La fin de Tihange, un défi pour Huy et la Wallonie

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Tois dates inscrites au fer rouge dans la mémoire du député-bourgmestre de Huy, Christophe Collignon (PS) : celles de l’arrêt des réacteurs nucléaires : février 2023 pour Tihange 2, septembre 2025 pour Tihange 3 et octobre 2025 pour Tihange 1.

Trois dates couplées à de gros défis pour Huy et la Wallonie : « On ne pourra gérer seul ce mini-Arcelor », dit-il.

« Huy doit bénéficier de la même attention que Liège avec Arcelor et Charleroi avec Caterpillar. »


M. Collignon ne relance pas le débat « pour ou contre le nucléaire ». « Il y a une loi claire et je m’y tiens. Cela représente un énorme défi dans un domaine (le démantèlement de centrales) où l’on n’a pas d’expertise en Belgique. Pour une fois, j’aimerais bien que l’on anticipe les problèmes et qu’on les transforme en opportunités. »


Trois défis


Premier défi : socio-économique. Selon les chiffres d’Engie-Electrabel, les emplois directs à Tihange, c’est 1.045 travailleurs (80,5 % résident en province de Liège ; 11,3 % dans le Namurois ; 47,4 % résident dans l’arrondissement de Huy, 23,1 % dans celui de Liège, etc.). Et il faut ajouter les emplois indirects : de 600 à 700 sous-traitants qui travaillent là chaque jour et même 1.500 en période de révision ; la plupart d’entre eux sont belges, 50 % sont wallons.


Deuxième défi : budgétaire. « Les taxes générées par la présence du site nucléaire, c’est 17,98 millions d’euros pour la Région et les communes avoisinantes », précise M. Collignon, « 12,27 millions pour Huy (le tiers du budget de la Ville), 12,26 millions pour l’échelon fédéral (dont l’Agence de contrôle nucléaire), 5,37 millions pour la Province et 0,74 million d’euros pour la zone de secours Hemeco. »


Troisième défi : environnemental. C’est tout l’enjeu de la reconversion. « Nous n’avons pas d’expertise en matière de démantèlement et d’assainissement d’une centrale nucléaire », reprend-il. « Je ne veux pas que Huy devienne une poubelle où s’entassent les déchets. »


Le message de Christophe Collignon est clair.

Il veut anticiper les difficultés et les changer en opportunités, tout en prévenant : « Huy et son bassin ne peuvent s’en sortir seuls. J’espère une aide du gouvernement wallon et du fédéral ».


Ville carte postale


Il a déjà réuni une task force, « afin de construire l’avenir », dont les représentants dépassent, bien sûr, l’administration communale. On y retrouve le groupement de redéploiement économique de Liège (GRE), l’agence de développement économique pour la province de Liège (SPI), l’université de Liège, le Forem, Engie-Electrabel, bien d’autres encore.


« Cette task force a ciblé les forces et les faiblesses de Huy. Nous affinons un projet de reconversion », explique M. Collignon. « Il y a un plan pour donner une autre vocation à la Ville qui, en mètres carrés, comporte le plus de patrimoine en Wallonie.

On peut mettre en avant le tourisme, développer notre image de carte postale. Mais ce ne sera pas suffisant. Nous avons identifié des zones autour de Huy qui peuvent accueillir des activités économiques. Il y a la piste des zones blanches (incitants fiscaux), d’autres aussi : on pense à la « silver économie » (les enjeux économiques liés aux seniors, NdlR), à l’économie circulaire… »


Pourquoi pas une filière professionnelle axée sur le démantèlement, activité inconnue chez nous mais qui se développe aux États-Unis, par exemple ? Cela donnerait du travail à des Hutois et des Wallons. Une expérience utile pour l’avenir (des fois que l’on démantèlerait dans les pays voisins).


On s’en voudrait d’oublier le développement des énergies renouvelables, « même s’il ne suffit pas de dire que cela donnera de l’emploi. Je veux savoir où et quand ? Bref, nous avons des atouts à Huy qui doit pouvoir grandir comme pôle intermédiaire entre Liège et Namur. Je fais ma part du boulot, mais on devra être soutenu. Cet enjeu doit être partagé ! »

 

Par Didier Swysen

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