FACTURES D' EAU, LA MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT RÉFLÉCHIT À MIEUX AIDER LES PERSONNES PRÉCARISÉES

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Mieux aider les personnes qui vivent dans la précarité. Céline Tellier (Écolo) vise, cette fois, les Wallon(ne)s qui n’arrivent plus à payer leur facture d’eau (environ 2.000 ménages vivent avec un limiteur d’eau). Et plus encore les familles qui ne demandent pas l’aide du CPAS, alors que le Fonds social n’est utilisé qu’à 88 %. La ministre wallonne de l’Environnement imagine différentes pistes pour une meilleure prise en charge de ces citoyens. L’une d’elles mène à un système qui préviendrait automatiquement les CPAS et permettrait de se soucier de ces citoyens vivant aujourd’hui « sous les radars ».
Le débat a rebondi en commission du Parlement wallon cette semaine. La ministre a subi une rude charge d’un député du PTB : Jori Dupont.
« Menacer de couper l’eau chez les gens est un moyen efficace pour les faire payer », dit-il. « C’est ce qu’on peut comprendre des propos au Parlement de la ministre Tellier. Je lui ai demandé son avis sur la pose des limiteurs d’eau et la proposition du médiateur d’au minimum les conditionner à une décision judiciaire. Sa réponse est inacceptable. Pour elle, la pose est plutôt une menace qu’une pose réelle qui permet de recouvrer de 50 à 70 % des montants dus (…) Manifestement, la ministre ne prend pas en considération la situation financière des gens et l’importance de l’accès à l’eau. Pour faire une telle déclaration, il faut être profondément antisocial ou complètement déconnecté de la réalité, ou les deux. »
Maîtriser les prix
Une réaction qui a heurté la ministre. « Les limiteurs d’eau existent depuis plusieurs années, mais la ministre ne s’en félicite pas du tout ! Leur pose a été encadrée lors de la précédente législature », explique son cabinet. « Par exemple, la circulaire prévoit que l’on ne peut poser des limiteurs que pour des arriérés de plus de 1.000 euros pendant 12 mois maximum. Les distributeurs d’eau estiment que les limiteurs sont un moyen de faire en sorte que tous les citoyens honorent leur facture (la menace permettrait, en effet, de récupérer entre 50 et 70 % des montants dus, NdlR) et il est vrai que l’on ne peut fermer les yeux sur ces impayés sous peine de voir le prix de l’eau grimper, également pour les familles précarisées. Mais la ministre est évidemment consciente des conséquences difficiles pour les personnes qui y sont confrontées. Elle veut d’abord essayer de comprendre ce qui coince : pourquoi des gens ne demandent pas d’aide, alors qu’ils sont en difficulté et que les moyens de les aider existent. »
400.000 € pas utilisés
D’où sa volonté de travailler sur les mécanismes d’aides existants. « Avec la ministre de l’Action sociale (Christie Morreale (PS), NdlR), les CPAS et le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, elle va voir comment faire en sorte de faciliter l’accès à cette aide, et plus largement, d’aider les personnes en situation de précarité en matière d’accès à l’eau pour tous. »
C’est le CPAS qui fixe le montant de l’intervention financière, limitée annuellement à 500 €, (majorée de 100 € par personne à partir de la quatrième personne à charge). « Il faut savoir que le Fonds social de l’eau a été utilisé à plus de 88 % l’an dernier, soit 3,6 millions d’euros d’aides », reprend le cabinet.
Soit, d’après nos calculs, 400.000 € environ qui n’ont pas été utilisés.
« L’intervention annuelle peut être supérieure aux maxima prévus dans le cas de fuites provoquant une surconsommation ou pour un usager qui a accumulé plusieurs années d’arriérés de paiement sans avoir sollicité l’intervention du fonds chaque année », explique encore le cabinet de la ministre Tellier.
Pour rappel, le Gouvernement s’est engagé à ce qu’il n’y ait pas, pendant cinq ans, d’augmentation du prix de l’eau au-delà de l’inflation.


Par Didier Swysen

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